Hogwarts :: La Malédiction de Faust.
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 Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]

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Thybalt Peterson

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MessageSujet: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Dim 23 Nov - 23:49



"Perte d'argent, perte légère ; perte d'honneur, grosse perte ; perte de courage, perte irréparable."

Johann Wolfgang Von Goethe.


    Quel con. Mais quel foutu imbécile. Il n'avait jamais su tenir sa langue et s'était penché d'un air nettement intéressé lorsque le Gryffindor avait suggéré un pari. Leur relation était des plus étranges, basée sur la réciprocité d'avis, de goûts communs et Thybalt s'était alors surpris à apprécier ce jeune chien fou aux idées quelque peu pour le moins originales... C'est ainsi qu'ils avaient finis par chuchoter au fin fond d'une classe, les modalités du pari. Et l'héritier Peterson n'avait jamais perdu. Avant aujourd'hui. Rongeant son frein, la défaite avait un goût très amer qu'il n'avait pas réussi à faire passer avec du jus de citrouille mais le jeune homme avait donné sa parole et l'honneur était probablement tout ce qui lui restait dorénavant. Il s'était donc tout d'abord glissé dans le dortoir des filles de sixième année, cherchant de quoi s'épiler. Un Peterson jouait le jeu jusqu'au bout, jusqu'à se brûler ses parfaites jambes avec de la cire. Il avait bien sûr fauché le tout, retraversé la salle commune et s'était enfermé dans la salle de bain de son propre dortoir. Assis contre le sol, son rat Sammael l'observait avec curiosité tandis qu'il s'appliquait à la façon moldue, cette curieuse bande. Il n'eut pas le réflexe de serrer les dents lorsqu'il arracha une bande et laissa échapper un cri sonore de surprise. Une seconde plus tard, il avait insonorisé la pièce et jugeait d'un œil haineux l'objet diabolique. Bon sang mais elles étaient masochistes ces filles !
    Une chance que la porte était fermée à clef car il n'en menait pas large et rien qu'à l'idée de recommencer, une goutte de sueur roula le long de sa tempe. Il n'avait jamais aimé l'idée de souffrir volontairement, trouvant cela absurde et comprenait plus que jamais l'adage "il faut souffrir pour être belle". Se souvenant de l'air moqueur du blondinet, Thybalt appliqua rageusement une deuxième bande. Il avait certes perdu le pari mais il serait beau joueur, il serait magnifique en fille et Cassian pourrait ravaler son air railleur. Oh ça oui ! D'un geste rageur, il arracha la deuxième bande et cette fois-ci, ayant serré les dents, il ne laissa échapper qu'un petit gémissement. Décidément, il était heureux d'être un homme...

    Un bon petit quart d'heure et trois crises plus tard, Thybalt dont les gambettes étaient à présent plus que nickel, reprenait des forces sous la douche, grimaçant à l'idée qu'il avait dû s'épiler, s'épiler nom de Dieu pour ne pas perdre toute dignité. La partie la plus douloureuse était donc faite. Il ne lui restait plus qu'à s'habiller, à emporter la perruque qu'il avait commandée par hibou postal et de trouver LA robe. Malheureusement le jeune homme se savait très difficile et il n'avait conclu avec Cassian qu'à une garde robe envisageable : celle de son ancienne meilleure amie, Agathe. Se soustrayant au jet d'eau chaude, il enveloppa sa taille dans une serviette molletonneuse et envisagea purement et simplement de descendre ainsi, de traverser la salle commune puis les couloirs jusqu'à la tour des rouge et or mais dut renoncer à son plan, les embuscades de ses poules étaient trop dangereuses pour se laisser abuser ainsi et se mettre aussi facilement dans le pétrin. Il se sécha donc rapidement, enfila un boxer noir avant de passer ses habits de sorcier, ébouriffa ses cheveux dans le miroir puis quitta la salle de bain, son rat sur l'épaule et tomba nez à nez avec un Serdaigle grognon qui fut pourtant dissuadé de toute contestation en dévisageant le jeune homme.

    Un instant ce dernier se demanda s'il s'était bel et bien débarrassé des preuves de son vol de cire et puis finit par hausser les épaules, peu importe après tout. Il allait être digne jusqu'au bout, bon d'accord il avait enduit ses jambes de crème hydratante à la vanille mais les filles aussi trichaient ! Se drapant dans sa cape, son sac à l'épaule, le jeune homme quitta au pas de course la tour des Serdaigle, sachant qu'il allait accuser un léger retard s'il ne se bougeait pas et l'idée que le Gryffindor le prenne pour un lâche lui était insupportable. Il se faufila donc en catimini le long des couloirs, ne souhaitant être vu, préférant garder son escapade secrète.
    Il arriva pile à l'heure devant le tableau de la salle commune des rouge et or et se sentit un instant interdit et idiot. Que faire si le jeune homme s'était finalement payé sa tête ? Oh et après tout, qui le verrait ? Tous devaient être déjà dans la Grande salle, impatients comme toujours, un véritable troupeau de Panure. Mais il n'eut pas le temps de pousser plus avant ses questionnements que le tableau pivota et le jeune homme laissa échapper un râle, faussement boudeur à peine reconnut-il la frimousse du blond.


    "Il était temps ! Je peux savoir ce que tu faisais ? J'ai failli attendre !"

    [le prochain sera certainement plus long, désolé mais je déteste commencer (a)]


Dernière édition par Thybalt Peterson le Dim 30 Nov - 17:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Dim 30 Nov - 15:24

[C'est médiocre vraiment T_T. Je me rattrape ]

Un sourire malin s’étira sur les lèvres du jeune blond, tandis que ses yeux d’un vert éclatant papillonnaient guère intéressés entre les lignes de son livre d’Histoire de la Magie, l’alléchante pensée qu’il avait gagné son pari et surtout à l’allure que prendrait Thybalt dans quelques minutes, un garçon maquillé en escort-girl, vêtu de la robe de sa meilleure amie, en espérant qu’il ne fasse sauter aucune des coutures des robes qu’il essaierait, ravi Cassian. Le jeune homme devait avoué que derrière ce simple pari, il prenait un désireux plaisir pervers à infliger à l’Orgueilleux Thybalt Peterson une défaite amère, il avait vaguement entendu la conversation qu’il avait entretenu avec Agathe et de la façon ignoble dont il l’avait traitée, il méritait un joyeux châtiment, malgré le fait que l’esprit compétitif du jeune rouge et or ne pouvait s’empêcher de se lancer des défis des plus fous, du méandre de ses ailes, il lui restait quelques plumes qu’il voulait achever, malheureusement pour lui, il n’avait point perdu mais en comparaison le merveilleux spectacle qu’offrirait Thybalt , il ne regrettait rien. Il laissa ses yeux vagabonder encore sur son parchemin et les courbes de son écriture pompeuse, puis il abandonna ses devoirs pour monter se doucher et se changer.

En effet, Cassian redescendit quelques minutes plus tard vêtu d’une chemise blanche sur laquelle il avait ajouté un polo noir et un jean accompagnés de ses All Stars de même couleur que son polo. Il poussa le portrait de la grande dame après avoir vérifié qu’il restait des restes d’élèves ici et là rependus dans la salle commune. Il trouva un Thyablt faussement outré et de grise mine, un grand sourire s’étira sur les lèvres du jeune Gryffondor, il haussa les épaules et répondit du tac au tac :

    « J’en ai rien à foutre de ton attente Thybalt, soit vexé autant que tu veux, tu dois payer ta perte, après toi je t’en prie »

Dit-il en s’écartant de l’ouverture dans le mur pour le laisser pénétrer dans la salle commune de sa maison. Cassian jeta un vague regard dans le couloir pour vérifier qu’ils étaient bien seuls, c’était l’heure du repas, si on tendait l’oreille, un vague bruit du brouhaha pouvait se faire entendre. Ils montèrent rapidement les marches après avoir rendu statique les escaliers, grâce à un sort, et trouvèrent sans peine la chambre d’Agathe Sagot. Il n’existait presqu’aucune différence entre le dortoir des filles et des garçon, c’était simplement moins impersonnel et plus ordonné. Cassian s’adossa au mur le plus proche, croissant ses bras sur sa poitrine il lâcha :

    « Quel est ton plan maintenant ? Connais-tu au moins ses vêtements ?? »


Son regard parcourut les cinq valises à demies cachées sous les lits à baldaquin, laquelle pouvait appartenir à la Gryffondor de 5ème année ?! Il était impossible de savoir, même si en flairant les draps, Cassian pouvait retrouver le bon lit et la bonne valise néanmoins, il était hors de question qu’il expose son secret à Thybalt, ce dernier était trop instable, trop inconnu…Cassian reluqua les jambes de ce dernier et un fin sourire s’étira ses lèvres, il sentait l’odeur de crème mélangée à celle de la cire froide, il imaginait sans peine la douleur atroce et la torture que ce dernier avait subit avant de venir à sa rencontre. Il imaginait Thybalt, penché sur sa jambe, jurant devant Merlin et se tenant la jambe, cette dernière devenant rouge aux endroits où il avait appliqué la bande, puis plus le temps passait plus il apprenait à se retenir et s’empêcher de pousser de petits cris aigus, Cassian pouffa en imaginant la scène et se concentra de nouveau dans la réalité, il s’approcha de Thybalt et fit mine d’inspecter ses jambes avant de relever son pantalon pour s’assurer que ce dernier avait rempli les termes du contrat, une fine jambe imberbe l’attendait, on aurait dit une partie de peau de nourrisson tout propre, toute brillante, il approcha son nez à quelques centimètres de sa jambe et renifla l’odeur avant de s’écarter plié de rire.

    « En plus du soin capillaire, tu as eu droit à une hydratation de la peau … dis donc c’est un service complet que voilà »
dit-il taquin entre deux rires. Il vit Thybalt s’approcher d’un des lits et tirer une des valises pour la remettre sur le lit, il commença à retirer par piles des vêtements, jusqu’à tomber sur …

Cassian était déjà mort de rire.
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Thybalt Peterson

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Dim 30 Nov - 17:34

« Some kind of Poison Prince,
With your eyes in daze. »


Que faisait-il ici ? A quel escient pervers se vouait-il pour se montrer devant la Grosse Dame, le saint des saints des Gryffondor ? Venait-il d'une manière encore inconsciente salir la mémoire de sa meilleure amie ? Sa meilleure amie. Sa raison. Agathe. Ce prénom qu'il ne crierait plus, qu'il n'entacherait plus en riant aux éclats. Ce prénom qui ne surgirait plus par mégarde aux coins de ses lèvres, qui ne résonnerait plus à l'infini dans ses yeux. Agathe qui ne riait jamais aussi bien qu'avec ses yeux lorsqu'il la faisait tournoyer. Agathe qui s'offrait entièrement. Agathe et la roseur de ses joues alors qu'elle accourait après sa chute en Quidditch. Elle et ses sermons. Elle, lui, eux et leurs disputes sans fin, pour rien, pour finir par se regarder du coin de l'œil et soupirer leur bêtise commune. Agathe. Trois syllabes de rien, de ce rien du tout, de tout qui n'était plus rien dorénavant.
Le tableau tourna sur ses gonds, dévoilant l'entrée de la salle commune des rouge et or et un instant, le jeune homme eut le fol espoir d'y voir apparaitre la jeune femme qui l'attraperait par le col pour l'attirer à l'intérieur avec un sourire éclatant mais ce fut bel et bien Cassian qui vint lui ouvrir. Et Thybalt sentit qu'il allait devoir s'y habituer à ça, à ce que cela ne soit plus jamais elle qui vienne le sauver, de ses groupies mais surtout de lui. Le brun haussa un sourcil, faussement vexé. Le discours du jeune Gryffondor contredisait tant son sourire spontané.



    « J’en ai rien à foutre de ton attente Thybalt, soit vexé autant que tu veux, tu dois payer ta perte, après toi je t’en prie »
    « Pourquoi crois-tu que je suis ici Cassian ? Certainement pas pour tes beaux yeux... J'ai plus de goût que ça. »
Le jeune homme lui renvoya un sourire railleur avant d'entrer, profitant du mouvement de recul de son hôte pour quelques instants. Et il le suivit sans rien ajouter, le visage de nouveau froid et inexpressif. Intouchable. Pourtant ses yeux papillonnaient d'un lit à l'autre, d'une malle à la prochaine avec le plus vif intérêt, profitant qu'il tournait le dos au blondinet. Alors c'était ici. Il n'était jamais monté dans son dortoir bien qu'il se soit déjà rendu dans sa salle de commune mais plus d'une fois l'envie ne lui avait pas manqué. Il n'avait pas besoin de fermer les yeux ou d'un sort pour se figurer Agathe ici, dans un de ces lits, virevoltant de nuit comme de jour, assoupie ou en retard. Et la voix de Cassian vint mettre un terme à son doux rêve, lui replongeant la tête dans les cauchemars qui étaient devenus sa réalité alors qu'il lâchait son sac au sol.

    « Quel est ton plan maintenant ? Connais-tu au moins ses vêtements ?? »
    « Evidemment Dale. »


Il aurait pu s'abstenir de répondre au lieu de siffler avec agacement ces deux petits mots mais il avait de plus en plus de difficulté à supporter le regard du jeune homme dans son dos et sa curiosité sous-jacente. Cherchait-il à l'étudier comme un vulgaire cobaye ? Dans ce cas, Thybalt se savait à la hauteur. Que le spectacle commence... Un sourire en coin naquit sur le velours de ses lèvres et ne vacilla plus, il était temps. Le serdaigle se savait instable, excessif, exigeant, à la limite de la violence. Comment réagirait Cassian après s'être frotté à lui ? Il n'allait pas tarder à le savoir. Il n'était pas stupide au point de ne pas comprendre que l'amusement du Gryffondor était celle d'un lâche face à une humiliation et lui comptait bien la passer la tête haute, quitte à renverser les positions. C'est pourquoi il ne cilla pas le moins du monde lorsque Cassian s'approcha, souleva son pantalon avant d'approcher son nez. Chaque son émit ricocha dans sa boite crânienne et le jeune homme serra les dents, drapé dans une dignité hautaine. Rira bien qui rira le dernier.

    « En plus du soin capillaire, tu as eu droit à une hydratation de la peau … dis donc c’est un service complet que voilà »
    « Tu veux peut-être vérifier par toi-même si mon zèle n'a pas été à son comble ? » lança-t-il, soudainement suggestif après un long regard avant de se dérober vers le lit d'Agathe.


Sans grand peine, il tira la valise et la plaça sur le lit avant de l'ouvrir après quelques secondes de réflexion. Il ne s'était pas trompé. Cinq années à la fréquenter laissaient quelques séquelles et immédiatement était-il entré dans la pièce qu'il avait su où la jeune fille dormait mais or de question que le Gryffondor en sache quoi que ce soit à ce propos alors il avait fait mine d'hésiter. Il plaqua ses mains le long de la valise pour en dissimuler le tremblement, ravala un soupir et finit par déranger ses affaires si ordonnées. Il savait en retirant ses vêtements que lorsque ses yeux effleureraient la robe qu'il voulait, il la reconnaitrait et son choix serait sans appel. Derrière lui, le rire goguenard de Cassian, devant lui, son passé avec Agathe. Chaque vêtement, chaque accessoire avait un lien avec eux et à chaque fois qu'il en effleurait, sa mémoire était saturée de souvenirs. Il avait presque vidé la valise lorsqu'enfin il s'arrêta, muet, stupéfait. Ses doigts effleurèrent le paquet, l'en retirèrent délicatement comme par peur d'en abimer le précieux contenu. Sourd au ricanement du préfet de Gryffondor, Thybalt repoussa la valise pour déposer le paquet et l'ouvrir, le coeur battant. La voilà. La robe. La parfaite robe. Elle l'avait gardée... Ne pouvant, n'osant le croire, le jeune homme la déplia et la tint un instant devant lui, admiratif. Et ses doigts se refermèrent sur des souvenirs.


    Cinq ans plus tôt.

    « Je ne sais pas avec qui je vais y aller. »
    « Aller où ? » releva le jeune garçon, renversé dans un canapé dans la salle sur demande, sa tête sur les genoux de la jeune fille, les yeux plongés dans un fantastique bouquin de Potions.
    Les doigts de la jeune fille se rétractèrent de mécontentement sur les cheveux du garçon mais l'instant fut si bref que ce dernier ne le releva pas, continuant sa lecture mais attentif à la moindre prise de paroles. Un soupir lui fit tourner la tête, se relever en coinçant les pages intéressantes de son doigt et il considéra incrédule son amie.

    « Ben quoi ? » lâcha-t-il le plus innocemment du monde.
    « Ben quoi ?? Thybalt Peterson !! »
    Ouh. Mauvais... Quand elle utilisait son patronyme complet c'est qu'elle avait une dent contre lui. Le jeune garçon fit donc profil bas, baissant la tête, l'observant de biais.
    « Désolé ? » tenta-t-il maladroitement.
    « Désolé ? Tu ne m'écoutes pas ! » pesta-t-elle enfin avec un charmant air boudeur.

    Le jeune première année se tut, sachant que quoiqu'il dise, il risquait d'aggraver son cas. Alors non sans un regret, il posa son livre et se tourna vers sa nouvelle amie.

    « Mais qu'est-ce que tu racontes ! Tu parles bien du bal non ? »
    « Oui. »
    « Alors tu vois bien que j'écoutais. »
    « Et qu'est-ce que j'ai dis ensuite dans ce cas Monsieur Peterson ? »
    Lissant son polo, le jeune garçon finit par reprendre son livre, en observant la couverture avec un air des plus intéressés. Il laissa s'échapper quelques secondes avant de déclamer d'un ton pompeux.
    « Tu as dis ensuite que tu voulais que je t'accompagne au bal et en grand seigneur, j'ai accepté ta demande. Pas vrai ? »
    Sans lui laisser vraiment le temps de répliquer, il lui sourit, se pencha pour déposer un léger baiser sur sa joue, sauta du canapé et quitta la salle sur demande presque en courant.
    « Tu m'excuseras, grâce à toi il faut que je m'occupe de ta robe maintenant. »



« Some kind of Poison Prince,
Your life is like a maze. »



Et la voilà, là, maintenant, entre ses doigts, la fameuse robe qu'il lui avait offerte en première année et qu'elle avait gardée. Il se souvenait comme si c'était hier de sa surprise lorsqu'il lui avait en effet balancé un paquet après un déjeuner dans la Grande Salle avec un clin d'œil. Il se rappelait de sa gaucherie, de sa nervosité lorsqu'elle avait descendu les escaliers dans cette robe spécialement réalisée et enchantée pour elle, pour s'ajuster à son corps, année après année. Ainsi, elle l'avait gardée. L'air on ne peut plus triomphant, le jeune homme finit par la reposer et sans faire de manières, retira ses chaussures, ses chaussettes et ôta son haut, se moquant bien se faire reluquer par le blondinet, cela dit, il ne put s'empêcher de faire une remarque à ce propos.


    « Blondie, si tu pouvais éviter de trop me manger du regard, ça m'arrangerait... Tu n'es clairement pas mon type... Un peu trop poilu j'ai l'impression. »
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Lun 1 Déc - 15:44

Le soir tombait avec une rapidité incroyable sur le château, le vent au-dehors soufflait abondamment et les arbres nus et sans défenses tanguaient sous les forces des éléments, un froid contagieux s’insinuait dans les pores de chacun, malgré les vêtements, il entrait dans les chairs et faisait frissonner les cœurs, c’était par un de ses grands froids de Décembre que Cassian réfléchissait sur son avenir et à sa vie. On ne pouvait pas nier que le mal qui le guettait s’était estompé, grâce à Zaren sans aucun doute mais également par l’oubli. La mémoire humaine est de faible constitution, à peine les événements arrivaient ils étaient déjà effacés dans les tréfonds du conscient, le divertissement faisait oublié les mœurs, tandis que la mélancolie les ravivaient intensément, le jeune blond tentait de ne point laisser son esprit divagué de peur de tomber sur une de ses impasses qui ne provoquait que douleur, dans de diverses drogues il se plongeait, il était tellement plus simple de ne pas affronter les fantômes. Thybalt offrait à Cassian, sur un plateau d’argent, l’occasion en or de rire naturellement, d’être réellement frappé par le fou rire et encore une fois une belle échappatoire à son ténébreux passé, à son secret pesant. Cependant, aujourd’hui il n’était pas confronté à ses fantômes au contraire il assisterait à la rencontre de ceux de Thybalt, le regard fuyant qu’il prit lorsque Cassian lui avait annoncé qu’l devrait se vêtir d’une des robes d’Agathe en disait bien plus long que des mots lancés dans l’atmosphère, il ne doutait pas que cela soit douloureux, il avait vu Agathe pleurant en passant l’autre soir, il avait entendu les brides de sa conversation avec quelqu’un à qu’il s’intéressait d’un peu trop près, il ne connaissait pas personnellement la jeune femme, mais après ce qu’elle avait enduré l’an passé, il était difficile de croire qu’une simple dispute entre amis avait pu la mettre dans cet état. Néanmoins lorsqu’il passa l’ouverture dans le mur, il ne vit qu’un Thybalt railleur, fidèle à son habitude. La réplique ne lui fit aucun effet, il leva les yeux au ciel exaspéré et se contenta de laisser passer sa seigneurie, comment expliquer à un narcissique qu’il n’était pas la seule beauté sur Terre et qui bien d’autres avaient plus d’attraits que son insignifiante personne ? Il était impossible de faire comprendre à un tel borné que deux et deux font quatre et non pas cinq comme ils le prétendaient…dire que c’est un Serdaigle, on se demande où je Choixpeau avait la tête ce jour là, sans vouloir remettre en doute le potentiel du bout de chiffon … Le sourire railleur da la brunette fut invisible aux perles béryl du rouge et or, cependant pas le physique du jeune homme. Les yeux ont été crées pour voir, ceux de Cassian détaillaient Thybalt, il reconnaissait qu’il avait du charme, des traits attrayants, malgré tout, il ne ressentait rien, ni même un léger désir pour ce dernier, comme s’il avait été vacciné contre son charme, il avait la réputation d’être un tombeur cependant, Cassian s’attendait peut-être à ressentir quelque chose… mais rien ne venait, simplement cette sympathie étrange qu’il ressentait envers le jeune homme qu’il ne connaissait pas très bien et par les rares fois où ils avaient parlé.

La volée de marche terminée, c’est dans le dortoir qu’ils se retrouvèrent, la lumière des lampes de chevet éclairaient à peine correctement l’endroit, mais il valait mieux être discrets pour en pas attirer l’attention. A peine avaient-ils franchi le pas de la porte que l’attitude de Thybalt changea, ses yeux scrutateurs le remarquèrent sans peine, malgré la tentative du bleu et blanc, il semblait devenir lunatique, ses prunelles s’égaraient ici et là, contemplaient les moindres recoins de la pièce et en parallèle il devait être inondé de souvenirs, d’anciens souvenirs…. Cassian opta pour une autre stratégie, il voulait le ramener à la réalité et l’obliger à se concentrer il aurait fière allure de devoir sortir les mouchoirs blancs pour réconforter le pauvre bonhomme rongé par les remords et les plaies encore trop récentes pour n’être point douloureuses. Il commença à faire son manège, mais également faire semblant de vérifier que Thybalt avait rempli les termes du contrat car, ce dernier ne pouvait même pas se douter que par son simple orifice olfactif il avait discerné l’odeur de la crème hydratante il y a belle lurette. Le regard suggestif de Thyablt ne fit qu’étirer un fin sourire sur les lèvres du jeune homme, il soupira et répondit sans perdre le sourire :

    « Calme tes ardeurs chéri …ton horloge biologique est mal réglée, ce n’est pas la période des chaleurs. Et même si sa l’était… tu me fais autant d’effet qu’une douche écossaise. »


La fameuse valise sortit de sa sombre cachette pour doucement rencontrer le duveteux matelas du lit, telle une malle de souvenir, plus les tas de vêtements plus il en sortait des flashs et des images, qu’est-ce qui se serait passé si jamais Cassian avait été à sa place et devait retirer chaque pièce de tissu de la malle d’Elliot ? Qu’elle aurait été ses réactions ? Une moue de compassion s’afficha sur ses traits, rapidement effacées par un faux amusement, ses yeux s’égarèrent sur les motifs des rideaux, sur des petits tas de poussière, le moment auquel il assistait était réellement trop intime pour qu’il reste indifférent et contemple la scène sans aucune expression, il écoutait le rythme cardiaque de Thybalt s’accélérer légèrement puis ce fut l’apogée, l’atmosphère devint lourde de sentiments contradictoires, s’en fut trop, lui qui avait cherché à fuir son passé, il revenait au grand galop, il savait à cet instant précis le déchirement de Thybalt, ainsi que son ahurissement, son rire éclata cette bulle, l’anéantissant, il préférait passer pour un beau con que de se laisser bercer par les bras de la mélancolie qui paraissait si amicale aux cœurs brisés… Devant ses yeux s’étirait une longue robe noire, de soirée, des morceaux de soie virevoltait autour du vêtement, elle était fine et terriblement belle, la demoiselle qui la porterait ne pouvait être que resplendissante dans un tel vêtement. Néanmoins, Thybalt aurait été disproportionné là dedans, son corps n’était pas taillé pour une telle perfection de vêtement, comment pouvait-il oser s’infiltrer par l’ouverture de cet adorable fourreau. Il commença à ôter ses chaussures, ses chaussettes, son tee-shirt alla rejoindre les deux autres, Cassian le regardait indifférent, il reluquait sa musculature sans arrière pensées, mais ce ne fut point du goût de l’autre. Cet fois l’exaspération atteint son comble, le jeune homme avait tenté d’être sympathique avec ce drôle de personnage, ses efforts avaient été vains et maintenant il était fatigué de jouer aux mères Térèse, de son regard perçant il fixe froidement Thyablt et prit soin de prononcer chacune des paroles de ces dires pour leur donner plus d’importance, les souligner et, le blesser.

    « Ken, quand t’auras fini de faire ton cinéma de playboy du coin tu pourras enfin revêtir ta précieuse que tu as mis deux heures à déballer…C’est vrai que tu peux critiquer les autres, raser sous les aisselles n’est pas une habitude chez toi, tu préfères faire simplement un jaune d’œuf ? »


Se décollant du mur, il ouvrit légèrement la porte du dortoir pour jeter un rapide coup d’œil au dehors, en bas tout était d’un calme serein, aucune présence humaine, ils avaient le champ libre. Il se retourna vers Thybalt et le pressa :

    « Ta compagnie est fort agréable mais je préfère aller me battre contre un ogre que contre des filles en furie, alors fais moi plaisir d’enfiler cette robe de soirée et les escarpins qui vont avec, avant qu’elles ne reviennent. »


Il s’approcha de la valise et chercha les chaussures à talons qui devaient aller avec la robe de soirée, dans une boîte en carton, il fit l’inscription signée de la main de Thybalt, sans faire de commentaire il sortit une paire de chaussures de soirée aux talons vertigineux, Cassian se demanda comment Agathe avait pu les porter, n’était pas le genre du fashion victim et sûre d’elle, il se demandait combien de temps elle avait passé à s’habituer à ses nouvelles chaussures avant de rejoindre un quelconque bal. Il tendit la paire de chaussures à sa nouvelle escort girl qui faisait coulisser le long se sa peau blanche, le tissus en soie. Une fois arrangé sur lui, Cassian du l’aider avec la fermeture éclaire qui refusait de se fermer jusqu’au haut de son dos. Enfin quand la saleté céda, ils durent tirer ici et là sur le tissus pour qu’il soit bien placé dans un corps peu habitué à cela, alors que Thybalt enfilait son premier escarpin, il avait vraiment l’air de s’en sortir comme un chef, pour ne pas dire, se tenir au barreaux du lit pour ne pas être catapulté à terre, la porte du dortoir s’ouvrit et se fût avec horreur que l’ils virent qu’une silhouette se dessina dans le cadre de la porte.
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Dim 25 Jan - 19:42


    « A frotter, jour après jour, les barreaux de sa cage pour la rendre plus attrayante et à s'y cogner le nez le reste du temps, l'oiseau finit-il par en oublier sa chanson... »
    Paule Saint-Onge.




Faire des semblants de traits d'esprit était la seule manière de faire taire le trouble qui naissant en son âme laissée trop longtemps vacante par crainte de ce qu'il pourrait avoir à faire face. Et le voilà là, le dos arqué pour mieux se dévêtir comme s'essayant par ce même geste à laisser couler de ses épaules meurtries le poids des souvenirs et des regrets... Mais agglutiné à ses espoirs, le voile de ses faiblesses le faisait péniblement déglutir. Cependant, encore et toujours, le spectacle devait continuer et son masque était dorénavant presque comme une seconde peau, jusqu'à cet instant. Maudit soit ce fichu Gryffondor et ses défis tordus...
Thybalt aimait à croire que c'était son orgueil qui l'avait mené à franchir ces portes défendues, à se tenir si près de son lit, à fouiller dans ses affaires et à mettre les mains sur leurs souvenirs. Il se défendait fermement de songer à une toute autre raison, sans quoi d'autres souvenirs viendraient s'enrouler autour de ce tambour palpitant qui ne jouait plus qu'à contretemps...

    Flashback.

    " Tu l'aimes... n'est-ce pas ?"
    "Je ne vois pas de quoi tu parles..."
    "Ne me mens pas. Je te défends de me mentir !"

    Il avait tourné des yeux intrigués vers son beau visage pâle, constatant la douleur dans le timbre de sa voix. Ses doigts prudents s'étaient enroulés autour des draps dans lesquels ils s'étaient retrouvés, tandis que ses iris suivaient attentivement l'expédition qu'avait entrepris ses doigts. Mais la nature avait repris ses droits...

    "Ah. Tu veux parler de Denna ? Ou Khalan ? Ou encore..."

    Un frisson moqueur et ses bras l'avaient attrapés par la taille, collant son torse contre son dos. Un murmure et un baiser du bout des lèvres contre son cou, sentant la jugulaire palpitante mais n'y prenant pas garde.

    "Je suis désolé... Sincèrement désolé mais je n'aime que toi."

    Et sa réponse, comme un souffle qui lui aurait échappé s'il n'avait pas retenu le sien depuis si longtemps.

    "Menteur..."

    Ses doigts avaient courus sur sa pommette trop clairement affichée tandis qu'il retenait toutes ses dénégations. Qu'elle ne le croit pas, sa présence ici-même suffirait à démentir tout jugement. Elle s'était alors retournée à demi, ancrant ses yeux d'opales dans les siens, esquissant un sourire triste.

    "Ça ne fait rien. Le jour où nous nous sommes rencontrés, j'ai su qu'un jour je te perdrais... Mais je peux te partager... Tant que tu me reviens."
    "Tu ne me partages pas. Jamais."


    Fin du flashback.



Et Juliette, sans plus d'accusations, avait été mise à mort. Était-ce la main du destin qui lui avait assené le coup fatal ? Peu importait... Sa mort avait été l'équation parfaite d'une série de mauvais choix. S'ils ne s'étaient pas disputés, s'il l'avait retenue cette fameuse nuit d'été, et si, et si. Et pourtant, c'était ses mains à lui qui étaient gorgées de sang, de son sang. Les visions avaient cessés mais c'était un tout autre enfer qu'il avait à perpétuelle demeure. Et le voilà, inconscient funambule, à marcher sur la corde de ses amertumes, se retrouvant exactement dans la pièce où il n'aurait jamais dû se rendre, attristé par ce que la main de l'homme pouvait faire. Toutefois, les pitreries effrontées d'un rouge et or savaient l'arracher aux eaux troubles du ressentiment mais pas un mot n'avait regagné ses lèvres, pressentant l'agacement grandissant de son compagnon d'infortune face à ses piques, haussant simplement les épaules jusqu'à ce qu'une remarque toute particulière n'attire son intérêt.

    « Ta compagnie est fort agréable mais je préfère aller me battre contre un ogre que contre des filles en furie, alors fais moi plaisir d’enfiler cette robe de soirée et les escarpins qui vont avec, avant qu’elles ne reviennent. »
    « Tu n'es pas le seul. »


Quelques secondes de sincérité, prononcées sur un ton désabusé où pour une fois, le jeune homme laissait filtrer sa lassitude quant au ballet ridicule que ses auto proclamées prétendantes lui faisaient vivre chaque jour. Il prétendait s'être habitué à l'idée d'être l'objet de tous les regards, de leurs désirs inassouvis, d'être celui qui tard le soir, froissait dans leurs esprits hagards les draps de leur lit mais tout aussi flatteur que cela fut, il ne pouvait jamais être seul. Il lui fallait tout le temps équilibrer miel et fiel, fiel et miel, s'avérer caressant puis indifférent. Tout simplement pour conserver l'accès à leurs fantasmes, comme si en faisant battre leur coeur, le sien saurait se ranimer. Et puis ses songes s'enfuirent lorsque le dernier escarpin toucha le sol. Ne manquait plus que quelques touches et Cassian aurait ce qu'il voulait, mais le perfectionnisme de Thybalt fut contrarié alors qu'il se tenait au rebord du lit, suspicieux face aux talons vertigineux. Son sourire éclata en mille douleurs insoupçonnées tandis qu'il reconnaissait le visage dans l'entrebâillement de la porte. Et puis, le besoin impérieux d'y marquer l'horreur, s'avança, gommant tout autre compassion pour le grand mal qu'il était sur le point de causer. Alors il tourna prudemment sur lui-même, sourire railleur aux lèvres. Cette soudaine attitude ressemblait à celle qu'aurait eu l'ancien Serdaigle, à une exception près, il semblait tout croc dehors et quand son petit tour se termina, les yeux du travesti d'un soir étaient vides de toute affection.


    « Je suis jolie hein ? »


Bien vite, il se débarrassa des escarpins, effleurant de ses pieds nus le sol du dortoir et en quelques pas à peine, il fut près d'elle, levant une main indolente vers sa joue, qu'il effleura du bout des doigts, comme pour accentuer le tranchant des mots qui allaient suivre.


    « Ne t'inquiètes pas. On ne faisait que passer. C'est juste un chiffon que je tenais à récupérer. »
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mar 27 Jan - 1:06


    Malgré tous les efforts qu'elle déployait pour demeurer concentrée, Agathe ne parvenait pas à empêcher ses yeux de vagabonder loin de ses cours. Morphée, appliqué, s'évertuait à s'accrocher à ses cils tirant ses paupières vers le bas de manière à les faire docilement rejoindre les cernes qu'il avait creusé là, nuit après nuit. Il usait de sa force pour rien, le flou artistique qui s'était installé dans les pensées de la Gryffondor était déjà sur le point de mettre un terme à son infructueux travail. Elle repoussa ses livres loin d'elle dans un geste de dégoût, éreintée. Il avait fallu passer par l'astronomie, la botanique, la métamorphose et l'histoire de la magie mais elle avait finalement réussi à vaincre sa conscience. Pour preuve l'image de Thybalt ne revenait même plus, à peine la percevait-on en toile de fond. Même ses mots avaient atteint le stade de balbutiements inoffensifs se perdant dans le lointain. Les quelques heures de répit pour lesquelles elle se serait prosternée devant n'importe quelle idole semblaient avoir enfin été livrées. Quelque chose lui disait qu'elle allait enfin pouvoir dormir des heures et des heures sans être ramenée à la réalité par quelque étrange cauchemar. Son cerveau n'était plus en état de produire ces effrayantes chimères ; soulagement. Alors, elle rattrapa les livres qui s'étalaient devant elle, sortit prestement de la bibliothèque mobilisant ainsi les quelques forces qui lui restaient pour gravir les marches jusqu'au septième étage et échouer devant l'ouverture de la salle commune.

    Après avoir glissé le mot de passe à la Grosse Dame, traversé les quelques interminables mètres qui débouchaient sur la salle commune de sa maison, elle ne fit même pas attention aux élèves qui discutaient et s'amusaient là. Même, quand quelqu'un l'interpella, elle ne répondit pas, feignant une violente surdité et préférant gravir les quelques marches qui la séparait encore du lit tant promis. C'est là, devant la porte de ce qui devait être sa chambre, qu'elle crut vraiment être frappée de problèmes auditifs percevant des voix masculines s'échappant de son dortoir. Elle crut un moment avoir emprunté le mauvais escalier mais l'immobilité de celui sur lequel elle se trouvait lui démontrait que son sens de l'orientation n'était toujours pas perdu. A quoi donc jouaient les filles qui partageaient sa chambre ? Doucement, elle poussa le battant de la porte qui ne put cependant pas s'empêcher de grincer révélant ainsi sa présence à ceux qui, finalement, étaient les vrais intrus. On pourrait difficilement parier sur ce qui la frappa en premier. Cassian Dale dans le dortoir des filles, sa valise éventrée reposant sur son lit et non au-dessous ou Thybalt, ce même Thybalt qu'elle ne parvenait pas à abhorrer, vêtu de la robe qu'il lui avait offerte quelques années auparavant. Ses yeux passèrent lentement sur chacun des détails qui s'offrait à elle cherchant à comprendre, à déterminer si oui ou non la scène qu'elle voyait n'était qu'un montage réalisé par son imagination qui débordait dans la folie. Certes, les vêtements que portait le Serdaigle pouvaient expliqué l'état de cette valide. Il l'avait vidée, simplement vidée, entièrement vidée de fond en comple pour attraper l'objet de sa quête. Bien sûr, elle avait fait attention à enfouir le précieux cadeau au fond de ses secrets. Et tout cela n'expliquait pas pourquoi il était venu dans sa chambre et encore moins ce que l'autre préfet de Gryffondor faisait ici.

      « Je suis jolie hein ? »

    Pas un mot, même pas l'ombre d'un murmure ne lui vint aux lèvres. Bâillonnée par la stupeur, elle laissa filer. Sa question, son ton, son allure, ne demandaient d'ailleurs aucune réponse... Tout aussi inerte, elle regarda Thybalt retirer les chaussures qu'il portait. Ces mêmes chaussures qui lui avaient un jour brisé les pieds sans qu'elle ne dise mot. Et la robe qu'il portait, la même qu'elle s'était déjà promis de ne pas la remettre. Elle s'était rendue à l'évidence, elle n'avait jamais su la porter, elle se sentait mal à l'aise ainsi habillée et cherchait à se faire toute petite tout en essayant de ne pas tomber du haut des talons qui lui étaient assortis. Et cela ne tenait pas au fait que Thybalt en avait certainement fait craquer les coutures, la décision avait été prise quelques jours auparavant. Bizarrement, c'était ce même jour qu'elle avait pris la résolution de ne plus pleurer et d'ajouter son meilleur ami à la liste des persona non grata se demandant toute seule, dans une pensée emplie d'une ironie trempée dans l'acide sulfurique, combien de temps elle allait pouvoir tenir. Quelques heures ou minutes ? La rouge et or n'était même pas sûre d'avoir à un moment ou un autre rayé le prénom du bleu et bronze. Elle avait seulement eut besoin de cette promesse à la facticité annoncée pour arrêter la crise de larmes qui l'avait étreinte dans un accès aigüe de douleur remontant à la surface et s'affaissant dans une désordre aqueux sur les contractions de ses joues. Au détour d'un couloir, tapie dans l'ombre des secrets, elle avait eu bien de la peine à retenir les sanglots qui lui échappaient et finissaient d'achever le peu de dignité qui lui restait.

    Parcourue d'un long frisson, résidu de souffrance la transperçant sous la froideur de ses doigts, Agathe détourna ses yeux de Thybalt pour se rapprocher de Cassian. Elle avait préféré ignorer le « Ne t'inquiètes pas. On ne faisait que passer. C'est juste un chiffon que je tenais à récupérer. » à l'aide des dernières forces qu'elle avait pu rassembler et se diriger . Son aîné, ce préfet, comme elle, avec lequel elle n'avait jamais vraiment parlé mais dont elle connaissait la réputation. Elle en avait entendu des filles louer ses traits ou discourir de ses nombreux atouts et des garçons faire de même ou se plaignant de retrouver telle ou telle personne dans la liste de ses conquêtes... Bien sûr, elle ignorait encore et peut-être pour toujours qu'elle avait croisé sa plume sous un anonymat mal dissimulé et qu'il était loin d'ignorer chaque détail de sa torture.

      « Que faites-vous ici ? »

    Et surtout ne pas craquer, ne pas se retourner vers 'l'autre' en pleurant à moitié, le suppliant de ne pas brûler les restes de leur passé qui se dessinait peu à peu comme l'une des plus douces périodes qu'elle n'avait jamais vécue. Quel imbécile lui avait soufflé qu'une douce nuit l'attendait ?
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Lun 2 Fév - 16:53

« C'est aussi une façon de posséder les autres que de leur faire des cadeaux. »
Michel Conte.


Chiffon
. Le mot était sorti d'une traite, d'un sifflement, comme s'il s'agissait d'un cadeau méprisant, un regret abhorré qu'il préférait brûler que de lui laisser. Sa phrase incendiaire était spontanément méchante, vieux mécanisme d'autodéfense alors qu'il était surpris par son arrivée inattendue. Quel instinct masochiste avait pu le pousser à préférer ce vêtement chargé de souvenirs plutôt qu'un autre ? Vêtement qu'il avait si longtemps cherché parmi les tailleurs sorciers pour s'arrêter sur une vieille dame russe, très douce, qui avait su à l'aide d'un mécanisme bien particulier, déterminer les mesures d'Agathe ? A l'époque, il avait même servi de modèle, étant alors d'une taille plutôt moyenne et d'une corpulence négligeable. Mais sa difficulté à trouver la robe idéale, faite pour elle, avait été pacotille lorsqu'elle était descendue cette nuit-là des escaliers menant au dortoir...

    Avachi dans le canapé, Thybalt tambourinait impatiemment tout en fixant d'un œil critique le feu, ne pouvant cesser de jeter des coups d'oeil impatients en direction des escaliers. Agathe était la dernière, évidemment et le jeune homme commençait à craindre qu'elle ne lui fasse faux bond, malgré les tentatives rassurantes d'une jeune midinette pour lui insuffler de la patience, lui ayant dit un bon quart d'heures plus tôt "Elle arrive.". Quinze minutes plus tard, rien, toujours aucune cavalière et il commençait à envisager la montée pour aller la secouer en personne. Aurait-elle pu faire un malaise ?
    A cette idée, le Serdaigle bondit précipitamment sur ses pieds, paniqué. Malgré ses airs bravaches, il n'aimait pas spécialement les bals et autres fadaises mais s'y était malheureusement habitué grâce à sa merveilleuse famille... Bon, à la rigueur si Agathe avait fini par s'évanouir, il aurait au moins une raison d'échapper à cette fichue formalité. Et puis son regard inquiet effleura les marches et il la vit enfin. Tétanisé, le jeune homme ne put que suivre sa lente descente vers lui. La vieille peau n'avait pas été de main morte quand elle avait fini par le mettre dehors avec son paquet, en protestant en russe. Pendant un instant, il oublia tout. Où il était, qui il était, ce qu'il faisait ici, qui était la jeune femme qui lui faisait face.
    Le choc se marqua sur ses traits sans qu'il ne le veuille alors qu'il cherchait les mots, la regardant comme si c'était la première fois qu'ils se rencontraient.


    « Thybalt ? » lança anxieusement Agathe.

    C'est alors qu'il se rendit compte qu'elle devait probablement lui parler depuis plusieurs minutes sans qu'il ne s'aperçoive de rien. Ne répondant rien, ne sachant pas trop quoi dire, il l'avait attirée contre lui, la serrant dans ses bras, inspirant son odeur en murmurant la première chose qui lui passait par la tête. Magnifique n'était même pas à la portée de ses sentiments. Elle était tout bonnement... éblouissante. Oui, voilà, elle l'avait ébloui. C'est ainsi qu'il prononça d'une voix un peu trop rauque à son goût :

    « Tu m'éblouis... C'est scandaleux. »

    Puis il avait mis à l'étreinte, lui avait adressé un sourire éclatant en reculant de quelques pas, ne précisant pas dans quel sens elle devait prendre sa phrase, si c'était pour lui dire à quel point elle était ... elle ou seulement pour râler qu'elle soit le centre de l'attention. Peut-être qu'elle comprendrait d'elle-même. Quoiqu'il en soit, tout en lui proposant cérémonieusement son bras, il était secrètement ravi qu'elle soit sa cavalière, pressentant les regards jaloux. Quelle aurait été sa réaction s'il l'avait vue ainsi apprêtée pour un autre ? Il n'aurait pu le dire et il ne comptait pas le savoir un jour.

    « Mademoiselle... »


Leur tradition... Thybalt ne cilla pas en croisant son regard et il crut même, dans un éclair de lucidité transperçant, la voir frissonner. Mais pour quelle raison ? Elle ne le désirait pas... Il fut donc presque soulagé qu'elle s'éloigne. Sa peau le brûlait, ce n'était pas une sensation désagréable non, c'était presque agréable et ça en était troublant. Elle s'approcha de Cassian et Thybalt resta le dos tourné à elle, tentant de maîtriser ses émotions incendiaires. Et elle posa la question à laquelle il n'aurait pas voulu répondre, cette question si naturelle qu'elle avait dû la frapper dès son entrée.
    « Que faites-vous ici ? »
Le jeune homme, dans un pic anodin de réalisme, nota l'emploi du pluriel et s'en sentit malgré lui et sans comprendre pourquoi, attristé. Peut-être parce qu'autrefois, elle ne s'en serait prise qu'à lui ou aurait ri de le voir dans une telle tenue extravagante alors il aurait fait l'imbécile, l'imbécile heureux. Mais Agathe attendait une réponse et Thybalt sentait le regard de Cassian dans son dos, interrogateur. Que répondre ? La vérité ? Il ne le voulait pas. Évidemment, s'il venait à la croiser, il avait bien envisagé quoi lui répondre mais il n'en aurait plus ni la force, ni le courage. De lui infliger un sourire rayonnant tout en déclamant que c'était pour sa prochaine amante ? Être un salaud était si épuisant parfois... Ce soir, il n'avait pas envie de jouer ce rôle, il se contenta donc de se retourner pour jeter un long regard à Cassian avant de commencer à parler.
    « Cassian ? Tu veux bien m'aider à l'ôter et puis nous laisser ? »
Bien que parfaitement poli, son ton n'acceptait aucune contradiction. Il détestait devoir des faveurs mais il savait bien qu'après cette soirée, il lui serait redevable si le préfet décidait de lui demander des comptes. A demi nu devant sa ... sa quoi au juste ? meilleure amie ? son ancienne meilleure amie ?, Thybalt n'y songea pourtant pas une seule seconde, n'éprouvant pas la moindre gêne à ce qu'elle le voit aussi peu vêtu. Il attendit que Cassian eut refermé la porte derrière lui pour accorder toute son attention à Agathe et s'approcha d'elle d'un pas vif avant qu'elle ne puisse deviner ses intentions. Prenant son visage entre ses mains, dans un mimétisme librement arrangé d'une de leurs rencontres, ses lèvres effleurèrent un peu trop longtemps celles d'Agathe mais quand il se recula, son visage était de nouveau de marbre, bien que ses yeux brillaient de nouveau.

    « Maintenant, nous sommes quittes. »
Il ramassa ses affaires, profitant pour y dissimuler un mince paquet, s'éloigna de quelques pas, lui tournant délibérément le dos, tâchant de contrôler les battements saccadés de son coeur qu'il imputa immédiatement sur le manque d'oxygène sans se poser plus de questions. Il en était seulement à enfiler son pantalon lorsqu'il comprit qu'il ne pouvait pas continuer ainsi. Tourner le dos au monde était une chose, tourner le dos à Agathe, c'était un crève-coeur. A l'instant même où il l'accepta, il lâcha ses affaires, enjamba les quelques mètres qui les séparaient, l'attrapa par le poignet pour l'attirer à lui, enfouissant de nouveau son visage dans son cou, geste qu'il ne pensait plus jamais faire.
    « Pardon... », furent tout ce que ses lèvres purent articuler mais c'était déjà un début.
Demain. Demain était un autre jour et il choisirait s'il retournait à son mode de vie sans prétendues attaches, mais ce soir, ce soir, il avait besoin d'elle. La peur qu'elle le repousse lui tenailla les entrailles mais son parfum savait l'apaiser. Ce soir, elle était là et c'était tout ce qui comptait car à l'instant même où il l'avait touchée, il s'était perdu.




[Mes excuses, j'ai pris mes libertés, j'espère qu'aucun de vous deux ne se sent lesé xD *sors*]

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mar 3 Fév - 1:16

    If you wait for me then I'll come for you
    Although I've traveled far
    I always hold a place for you in my heart
    If you think of me, If you miss me once in awhile
    Then I'll return to you
    I'll return and fill that space in your heart

Chaque mot qu'avait prononçait Thybalt auparavant était venu la heurter un peu plus, l'assommant sous la dureté qui en découlait. Elle avait vacillé, s'appuyant sur le rebord du lit et serrant poings et dents. Ceux qui franchirent ses lèvres lorsqu'il s'adressa à Cassian ne dénotèrent pas assez de volonté pour avoir le même effet – cela paraissait somme toute normale, la phrase qu'il prononçait ne lui était pas adressée. C'était plus doux, comme une relique de l'époque bénie qui les avait vus insouciants et littéralement pliés en deux par un rire irrépressible. Agathe revit alors ces fantômes qui étaient les leurs mais, à côté des images qui défilaient, c'était paradoxalement eux, êtres profondément ancrés dans le présent, qui manquaient de couleur. Ils ne valaient rien face à eux. A eux : Thybalt et elle se rencontrant au détour d'un couloir, ayant tous deux fui la salle de classe. Thybalt et elle en train de compter leurs points à des jeux aussi enfantins que "Cap ou pas Cap". Thybalt et elle perdus dans les rues de Londres quelques jours avant la rentrée. Thybalt lui donnant de fausses explications sur un devoir 'particulièrement important' et riant en la voyant s'efforcer de retenir toutes les bêtises qu'il avait pu débité. Thybalt couché en haut de la tour d'astronomie et elle à moitié endormie contre lui dans le silence, ne voulant pas rentrer. Lui & Elle. Eux. Personne. Jeu des pronoms sans fin.

La Gryffondor observa la robe quitter les épaules de Thybalt, glisser et épouser le sol, repensant aux rares fois où elle l'avait portée. Elle se rappelait le temps qu'elle mettait nécessairement pour s'habiller - et se déshabiller - ne voulant pas risquer la moindre déchirure ou le plus petit accroc. Elle crut réentendre les grognements de Thybalt qui lui parvenaient presque toujours et lui arrachaient de grands sourires. Elle se souvenait de ses cheveux qui ne prenaient jamais la forme qu'elle voulait et de ce maquillage qu'elle ne parvenait pas à choisir tellement elle était peu habituée à ce genre de cérémonies. Et, bien sûr, dans l'ordre des souvenirs, venait s'ajouter ces moments où elle le voyait, lui, alors qu'elle avait contenu son désir d'abandonner tous ses efforts pour le rejoindre bien avant, pour la beauté du geste, et se sentait incroyablement petite, gauche et horrible. Toujours, elle esquissait des débuts d'excuses pour l'attente, l'apparence et tous ces détails qu'elle ne savait pas arranger mais il ne semblait pas l'entendre, lui lançait ce compliment qu'il devait prononcer à plusieurs reprises chaque jour et la prenait dans ses bras s'assurant qu'elle perde pied dans les creux de son étreinte, oubliant jusqu'à son propre nom. Le rituel s'était reproduit chaque année, imperturbablement. Agathe avait toujours pensé que c'était elle qu'il invitait au bal pour prouver à toutes ces filles ne l'aimant que trop que jamais il ne leur appartiendrait réellement. Qu'il n'était qu'à lui-même.

Et Thybalt décida qu'il ne pouvait en rester là des souvenirs rejouant en simulant un changement de rôle une scène qui leur était bien connue. Un épisode ayant pourtant était passé sous silence qu'on rejoua, fort mal, dans la rigueur de l'instant. Agathe étouffait à nouveau lorsque Thybalt recula, elle avait conservé son immobilisme et ne semblait plus pouvoir en sortir. A l'intérieur, elle agonisait. Son souffle se heurtait dans sa gorge semblant décidé à ne pas sortir, à l'asphyxier. Elle cherchait désespérément à comprendre ce que celui qu'elle aurait pu prétendre connaître tant et si bien était devenu et ce qui le poussait à la tourmenter ainsi. Elle ne savait quel rôle elle jouait dans cette pièce, éprouvant même l'impression d'avoir été bannie de quelques scènes voire de n'être pas apparues pendant des actes entiers. Invisible. Qu'avait-elle fait de mal, maintenant, pour être la cible de ses jeux sadiques ? Tout aurait été si facile s'il l'avait laissée pleurer en silence et jouer seule dans la pièce de l'inconsolable.

    « Maintenant, nous sommes quittes. »

De la porcelaine brisée. On entendit en Agathe, la céramique s'écraser sans ménagement sur le sol. Capharnaüm à peine contenu. Ainsi, il poussait la complaisance à salir jusqu'à ce dernier souvenir qu'elle était parvenue à préserver dans sa pureté juvénile. Elle l'avait conservé mieux que n'importe quel secret sans jamais avouer à quiconque ce qui en faisait la beauté. Cette dernière avait disparu. C'était fait et, par quelques paroles, il venait de prouver l'acte de préméditation arrachant les derniers lambeaux de son cœur au passage. Il ne restait plus qu'à prononcer l'heure du décès que le médecin s'apprêtait à dicter lorsqu'une ultime décharge vint réveiller le cœur assoupi. Encore une fois, c'est à peine si elle put esquisser un geste, mais les raisons de se plaindre semblaient s'évanouir. Les mois passés aussi. Ses mains vinrent s'agripper autour de son cou, dans un geste désespéré pour le retenir dans le cas où un autre coup de tête l'entraînerait loin d'elle. A peine avait-elle entrevu Cassian quitter la pièce peu avant mais, déjà, elle le remerciait. Thybalt s'excusait et elle n'était plus capable de lui pardonner quoique ce soit ne trouvant plus pourquoi il pouvait s'excuser. Seul une légère douleur l'habitait encore, tiraillant encore dans sa solitude les entrailles de la jeune fille.

    « Tu me manque tellement. Je n'en peux plus, la vie sans toi est bien plus invivable que tu ne parviens à l'être. »»


Elle n'osait plus se détacher du Serdaigle et, malgré les quelques larmes qui étaient venues perler au coin de ses yeux sans y avoir été invitées, ses mains ne déserrèrent pas de leur emprise. S'il avait voulu partir, elle n'aurait certainement pas eu la force de le retenir. C'était le geste qui comptait, son innocence momentanée. Son visage glissa lentement jusqu'à rejoindre celui qui se camouflait contre elle. Son corps tremblait sous l'affluence des sentiments aucun ne voulant léguer sa place pour tenter d'harmoniser le tout. Elle voulait le voir, que chacun de ses traits vienne se redessiner devant ses yeux dans leur perfection. Et même si aucun sourire n'osait encore se peindre entre ses lignes, il y avait bien quelque chose qu'elle venait de retrouver. Quelqu'un.

    « Si quelque chose ne va pas, je le changerai. Reste avec moi., maintenant »»

Et une petite grimace, une ombre de sourire, vint se glisser sur ses lèvres alors qu'elle le suppliait sans parvenir à retenir une once de pudeur mal feinte.

    Together again
    It would feel so good to be
    In your arms
    Where all my journeys end
    If you can make a promise If it's one that you can keep, I vow to come for you
    If you wait for me and say you'll hold
    A place for me in your heart.

_________________
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mar 3 Fév - 13:55

« Les vérités qui nous importent le plus ne sont jamais dites qu'à moitié. »
Baltasar Gracian Y Morales.


La douleur dans ses yeux n'avait jamais véritablement su se dissimuler. En se protégeant d'elle, d'un deuxième abandon, il l'avait blessée, avait entaillé rageusement dans sa chair, jusqu'à l'os, jusqu'au coeur. Et une fois presque exsangue, le jeune homme l'avait considéré avec peine, pire, nostalgie. Elle, qui n'avait jamais eu qu'à rouvrir l'espace de ses bras pour tout reconstruire lorsque les forces venaient à lui manquer, avait pourtant encaissé coup après coup, sans vraiment broncher alors qu'il pouvait lire à quel point elle souffrait de son comportement inacceptable. Ne pas faiblir. Comme s'il restait un soupçon d'amour propre à se détruire ainsi, au lieu d'admettre. Admettre l'inévitable. Admettre ce qu'il avait passé les mois derniers à fuir, à taire, à enterrer de ses mains nues et à ignorer l'écho encore tenu qui subsistait, envers et contre tout.

Mais il n'avait pas su, pas pu s'arrêter avant de lui avoir infligé le coup de grâce, le coup de trop, le coup qu'il n'aurait jamais dû porter si l'envie ne s'était pas faite impérieuse sous des motifs plus ou moins frauduleux. Sentant sa colère s'évanouir contre ses lèvres, le mal était pourtant déjà fait, il avait détruit le seul souvenir qu'il recherchait dans d'autres, l'innocence et l'insouciance de leur premier baiser. Ceux qui avaient suivis avaient épousés d'autres lèvres, d'autres bouches, cherchant à assouvir un besoin de possession, de domination dévorant, à combler le vide qui se creusait dans sa poitrine. Et puis soudainement, un bruit étrange s'était fait entendre, un bruit sourd, continu, répétitif, dérangeant. La mécanique du coeur s'était arrêtée sans en faire mais sa reprise exigeait la plus grande attention, comme insistante sur son retour, chose qu'il n'aurait pu ignorer.

A l'instant même où il avait hésité, le choix était déjà fait. Ne pas fuir, pas une fois encore, pas cette fois. Elle était là. C'était dorénavant lui qui lui tournait le dos et en un battement de coeur, il s'était condamné. Il avait été sans pitié, sans merci, bien plus horrible qu'elle ne l'avait été avec lui, cherchant à se venger de l'abandon malgré lui. Il n'avait jamais oublié cette période qu'il avait cru insurmontable mais il avait survécu, les genoux écorchés, le coeur affaibli et s'était jeté à corps perdu dans les bras de sa sauveuse, qui à son tour avait connu un départ plus définitif, sans retour. Quelque chose en lui avait dès lors déraillé sans ses points de repères mais elle, elle était de retour après une si longue absence et peut-être qu'eux aussi. La longue errance s'achevait ce soir, contre elle, dans le tressaillement de son corps qui n'en croyait mot...

Elle l'avait retenu par le cou et lui, il avait pressé gentiment mais fermement ses mains dans son dos, ressentant le besoin de la sentir au plus près de lui, comblant les vides que ces derniers mois avaient laissés. Conservant une main au bas de son dos, l'autre gagna la nuque, caressant ses cheveux alors qu'elle parlait, enfin.

    « Tu me manque tellement. Je n'en peux plus, la vie sans toi est bien plus invivable que tu ne parviens à l'être. »
Étourdi tant par son odeur que par ses mots, il sut qu'il était rentré, à la maison, à la juste place, là où il devait être, avec elle. La tension qu'il avait accumulé sans le savoir s'évanouit, les nuits succédant avec agonie aux jours n'eurent plus aucun sens. Et il oublia, oublia la douleur, ses mauvaises résolutions, ses jugements volontairement hâtifs, ses tentatives pour se convaincre qu'il était mieux ainsi, mieux sans elle. En dehors de cette chambre, le monde fut annihilé, cessa d'exister dans ses pensées. Il s'était égaré mais c'était fini, il avait compris, il n'était pas mieux sans elle, il ne faisait qu'aller de travers et se voiler la face.
    « J'ai besoin de toi, Agathe... »
L'admission. La soumission à ce qu'il n'avait jamais désiré et qui pourtant était bel et bien là, contre son gré. Des mots qu'il n'avait jamais dit sous cet angle. Certes, il les avait employé correctement lorsqu'il espérait d'elle un service ou quelques menues petites choses mais durant toute leur histoire, il ne lui avait jamais dit qu'il avait besoin d'elle dans sa vie, parce que cela avait été une telle évidence qu'il n'avait pas senti la nécessité de formuler ce qui l'emplissait si souvent lorsqu'il la rejoignait. Et à la seconde même où cette pensée avait été formulée, il avait été étonné par la justesse.
Bien qu'il ne parvienne toujours pas à dire certaines choses, il ne pouvait taire celle-ci. Il se tut soudainement en sentant ce qu'il pressentait être ses larmes finir leur course sur son épaule dénudée, se contentant de lui faire comprendre d'une simple pression qu'il ne bougeait pas, plus. Les mots ne suffisaient plus, après toutes les horreurs qu'il avait pu lui assener d'un ton si détaché, si infect alors, il préféra ne rien rajouter jusqu'à ce que son visage ne vienne rencontrer le sien. Il apposa son front contre le sien, rivant leurs regards comme ils le faisaient autrefois, sa main s'étant glissée jusqu'à sa joue, effaçant les sillons des larmes trop longuement versées puis elle s'immobilisa, épousant la forme de sa mâchoire.

    « Si quelque chose ne va pas, je le changerai. Reste avec moi., maintenant »
Sa supplique le paralysa et le doute plana un moment dans ses prunelles. Rester ? Prononcée par une autre, la phrase eut été propice à fuir aussitôt mais c'était Agathe, Agathe qui lui avait pardonné à l'instant même où il avait renoncé à la lutte. L'ennemi tapi sous sa peau ne sommeillait que seulement mais de toutes les jeunes femmes, elle était la seule qui parvenait dorénavant à le tenir en respect. Traitre et fourbe, son alter-égo se complaisait dans la séduction et fuyait aussitôt par peur de l'attachement, préférant ruiner une histoire de lui-même, que d'attendre d'être frappé par sa fin soudaine. La trêve serait de courte durée, à n'en pas douter et il y aurait probablement d'autres instants de doute, c'est pourquoi, plus que jamais, il devait manifester une volonté claire et nette. S'il désirait à tout prix sa protection, il lui fallait s'en aller, maintenant avant de ne plus en avoir le courage ou l'envie. Mais s'il restait, s'il restait, il allait devoir lui remettre une nouvelle fois son coeur, le peu qu'il en restait, entièrement. La reconstruction de leur relation, bien que les bases subsistaient, ne saurait souffrir un engagement tiède, mitigé. Ou il acceptait qu'elle puisse le blesser par un nouvel abandon, ou il retournait là d'où il venait. Mais sa réponse n'était-elle pas déjà donnée ? Lorsqu'il avait avoué son besoin d'elle, d'eux, n'avait-il pas sous-entendu qu'il ne partirait plus ? Mais son hésitation cessa d'être alors qu'il observait longuement son visage. Il ne pouvait pas. Il était désolé mais... il ne pouvait pas.
    « Je ne vais plus nulle part. Pas sans toi. »
Après tout ce qu'il lui avait fait, elle lui avait redonné encore une chance mais l'ayant lu dans ses yeux, bien qu'elle lui en aurait probablement donnée d'autres, malgré elle, il finirait par la détruire. Et si elle avait accepté de s'avancer vers lui, de mettre son âme à nue la première, la moindre des choses était de combattre ses penchants autodestructeurs ou tout du moins ceux qui lui insufflaient de s'en éloigner. Le Serdaigle pouvait supporter la douleur, il la connaissait mais lui en infliger une plus terrible encore à elle, c'était exactement ce qu'il s'était promis de ne jamais faire. Il avait failli dans son égoïsme et pourtant, elle lui pardonnait encore tout. Une vague de chaleur lui pointa le chemin du sourire et il en tenta un, maladroit, les yeux bien plus brillants soudainement, sous l'afflux d'émotions.
    « C'est tes copines qui vont être contentes. »
Il retira doucement ses mains de son cou, allant chercher les affaires un peu éparpillées, soupira en regardant la robe avant de la plier soigneusement, évitant du regard la jeune femme alors qu'il reposait toutes les affaires sur sa malle, avant de s'asseoir confortablement sur le lit, un brin songeur avant de placer sa tête entre ses mains, faussement affligé.
    « Eh bien. Je crois que je n'aurais plus qu'à t'offrir une nouvelle robe... »
Et son regard quitta le sol alors qu'il battait des pieds dans le vide, observant avec intérêt la réaction de la jeune femme. Il n'avait pu s'en empêcher, retrouvant avec une presque aisance ce qu'il aurait pu lui dire, s'ils ne s'étaient jamais quittés. Ils avaient passés l'hiver après tout et le printemps reviendrait, toujours.






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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mer 4 Fév - 0:00

Rien ne dure éternellement. Peut-être même pas l'amour mais ce n'était encore en rien un problème, alors. Ça ne le deviendrait peut-être même jamais, si la chance aidait et l'expérience chassait les doutes. Les sentiments mêlés, mixés et mélangés ne laissaient aucune place à l'interprétation. Tout n'était plus qu'une bouillis difforme se refusant à l'analyse. Et la pureté de l'instant interdisait toute réflexion. Ils lui interdisaient même une quelconque lucidité face à elle-même allant même jusqu'à lui faire oublier encore pour quelques heures la conversation qu'elle avait eu avec Zaren quelques nuits plus tôt. Pourquoi était-ce toujours la nuit que sa vie se retrouvait bouleversée, chamboulée par l'imprévu ? Un coup du destin dont elle avait toujours refusé l'existence ? On aurait dit que la lune changeante désirait assister à chacun de ses pas et de ses travers n'ayant pas spectacle plus divertissants que les aléas de la vie de cette enfant. Toujours, elle revenait. Les derniers rayons de son frère le soleil venaient de disparaître à l'horizon. Elle avait pu voir les étoiles à travers la folle vague de ses larmes lorsqu'elle s'était rendu compte que ses parents étaient réellement partis, qu'il ne l'appelleraient pas ce soir-là pour qu'elle rejoigne avec eux la table familiale où tronait une soupe brûlante. Elle était née à une heure du matin, par une froid nuit d'hiver. Il faisait nuit, la première fois où elle avait entendu parler de Thybalt.

    YEARS AGO.

    Cruche n°1 - « Et Peterson... Pourquoi pas ? »

    Agathe déposa sa plume et laissa un souffle exaspéré s'échapper d'entre ses dents serrées. Ces dernières grincèrent. Quand ces filles allaient-elle arrêter les réflexions existentielles ? Elle ramena bruyamment son livre de métamorphose à elle, espérant remémorer ainsi sa présence au trois filles qui ne pouvaient s'arrêter de glousser derrière elle. Signe qu'elles ignorèrent royalement. Et elles étaient en quatrième année. Q-U-A-T-R-I-E-M-E ! Qu'on les tue, elle s'occuperait de les achever si jamais elles ne voulaient pas non plus consentir à expirer. Elle ne pourrait pas être punie pour ce meurtre, ce serait injuste alors qu'elle aurait rendu service à l'humanité. Le plus embêtant n'était pas qu'elles jacassaient comme de vieilles pies n'ayant que les trains à regarder passer (quoi, c'est plutôt les vaches ? vous êtes méchants mais soit, ce ne sera pas moi qui l'aurais dit). Bon, la base de la métamorphose des...

    Cruche n°2 - « Je sais pas, encore un peu jeune. Et puis, à ce que m'a dit la copine de Sally qui a pour meilleure amie la fille qui sort avec James, ce dernier aurait laissé entendre qu'il est attiré par Lisa. »
    Cruche n°3 - « Mais elle n'est pas en sixième année ? Une fille pas trop moche avec de longs cheveux blonds - trop longs, je vous dis - et des yeux verts un peu trop ternes ? »
    Cruche n°1 - « Si, justement ! C'est l'ex de Romeo. »
    Cruche n°2 - « Ah oui, quand même... »

    Et en plus, elles respectaient l'ordre : chacune disait une idiotie à son tour. C'était à qui dirait la plus grosse ? Avec un peu d'entraînement, elles atteindraient rapidement les concours à dimension internationale. La fille dont elles parlaient, Agathe la connaissait. Pas personnellement, absolument pas. Seulement, deux filles de son dortoir avec qui elle avait depuis noué des liens d'amitié avaient un jour exprimé le vœu de lui ressembler. Autant en profiter pour signaler que ses yeux étaient d'un vert émeraude absolument fascinant et ses cheveux, s'ils devaient être "trop", n'étaient que trop bien entretenus. Pure parole emplie de jalousie.

    Mais le "Peterson", c'était qui ? Agathe avait une certaine culture poudlarienne mais jamais ce nom n'était encore venu frôler ses oreilles et déjà les jeunes filles avaient abordé un autre profil de possible prétendant, elle n'en saurait pas le prénom. Tant pis, ça ne la tuerait pas. Mais rester à cet endroit si alors elle ramassa rapidement ses affaires et monta travailler dans sa chambre où ses amies auraient au moins la gentillesse de ne pas parler trop fort ou, tout du moins, de l'inclure dans leurs délires.

    « Vous savez qui est un certain "Peterson" ? »
    « Un Thybalt, à Serdaigle. Pourquoi ? »
    « Comme ça, j'ai entendu ce nom et il m'était familier. Mais non... »

Son cœur chavira à deux reprises, la lune déchainait la marée qui ne savait plus où donner de la tête. Elle l'emportait dans sa valse aux relents de folie. A chaque fois qu'il prononçait un mot, elle tanguait comme bercée par les ondulations de sa voix. Euphorique. Mais comment être sûre ? Ces promesses étaient-elles justes jetées en l'air comme on le faisait avec le riz symbolique le jour d'un mariage trop consommé, rongé et vite oublié ? Il pouvait disparaître dès le lendemain comme il l'avait déjà fait, sans prévenir. Et là, elle serait détruite, désagrégée. Mais quel horrible moment choisi pour y penser...

    « Je t'autoriserai encore quelques instants de liberté, parfois. Il y a des lieux où je préfère encore ne pas te suivre... »

Et il se détacha, décidant de briser là une étreinte qui aurait pu paraître bien trop étrange à certains. Resterait sans réponse la question que l'on oublie toujours de se poser : "Et si quelqu'un était entré". Agathe n'aurait pas refusé de demeurer ainsi jusqu'à ce que cette interrogation traverse sa conscience. Elle n'avait pas eu son mot à dire. Mais, plus encore que le manque, ce fut l'interrogation qui se porta à l'esprit de la rouge et or. Ses amies ? Il choisissait bien son moment pour les mentionner, ses douces compagnes de fortune et d'infortune. Plutôt embarquées sur le bateau du malheur ces derniers temps, même. Elle ne voyait cependant absolument pas pourquoi elles pénétraient aussi brusquement dans la conversation. Il ne pouvait pas sérieusement penser qu'elles entraient de quelque façon que ce soit dans le calcul de cette envie de... de... possession qui la saisissait. Ou peut-être qu'il lui avouait là l'élément qui les séparait, celui qu'elle avait recherché sans jamais trouvé. Ca semblait bien improbable : ce n'était pas lui. Il n'avait laissé aucun indice derrière lui de la raison pour laquelle il avait disparu, même pas une poussière. Agathe s'obstinait à ne pas poser la question préférant continuer à grappiller les instants de sérénité qui s'offraient à eux et ayant l'impression que la douceur de l'instant pourrait se briser à la moindre syllabe mal prononcée.

    « Eh bien. Je crois que je n'aurais plus qu'à t'offrir une nouvelle robe... »

La jeune fille gravita jusqu'à lui, sautillant presque sur le parquet de la chambre et vint repousser ses coudes pour se coucher sur le lit tout en posant sa tête sur ses genoux. Elle reproduisait ainsi la scène durant laquelle il avait parlé pour la première fois d'un tel présent, inversant juste les positions. Mais de cette manière, il ne pourrait pas s'enfuir sans son consentement, cette fois. Avant de se mettre dans une telle position, elle pensa bien à déposer un léger baiser sur sa joue. « Merci... » Elle ne le voyait plus et avait d'ailleurs fermé les yeux mais, de là où elle était, elle pouvait sentir son odeur envahir ses poumons à chaque inspiration à la douceur non retenue et entendre sa respiration à lui : calme, apaisante. Une sourire empreint de tranquillité, figure qui avait presque était oubliée tant elle avait pourri dans ce vieux tiroir des émotions, éclairait alors son visage.

    « Tu sais, pour Lisa, tu ne m'as jamais vraiment dit »

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MessageSujet: a   Jeu 5 Fév - 12:26

« This is what I've learned so far
Everything is grey
Few things are forever
and it hurts when good things fade
you can't be my everything
And I am nog half you
but you can make it all worth while
and that's why I love you... »



    « - Tu es Thybalt Peterson ?
    - C'est bien possible... Qu'est-ce que tu lui veux ?
    - Tu comptes sortir avec Lisa Button ?
    »

    "Sortez l'attrapeur." était la première règle que Brutus Scrimgeour édictait dans la Bible du Batteur. Une considération que Thybalt comprenait parfaitement étant donné qu'à partir du moment où l'autre attrapeur était à terre, la victoire était plus ou moins assurée et le score s'annoncerait dévastateur. Il en était donc à tapoter de ses doigts cette évidence tout en imaginant la scène lorsqu'une jeune fille était venue s'immiscer dans ses rêveries éveillées. Les instants consacrés au Quidditch étaient des heures sacrées où il se montrait quelque peu virulent si on le dérangeait, ce qui expliquait aisément son ton désobligeant et le fait qu'il n'ait même pas détourné les yeux pour lui répondre, se contentant de tourner la page qu'il connaissait par coeur. A vrai dire, il connaissait déjà le livre par coeur mais ne pouvait s'empêcher de le relire, tant que cela le tenait éloigné d'un devoir de Métamorphose qui se refusait à lui dévoiler ses mystères, ce qui l'agaçait prodigieusement. Et le Quidditch s'avérait toujours être sa porte de sortie... Pourtant, sa seconde question le prit de court et il détourna brutalement le regard pour dévisager cette jeune fille qui se permettait de lui parler ainsi. Qui était-elle ? Pourquoi ne se jetait-elle pas à son cou sans même le connaître ? Pourquoi ne se pavanait-elle pas devant lui comme elles le faisaient toutes sans pouvoir même s'en empêcher ? Puis il détourna de nouveau le regard, replongeant dans sa lecture, semblant l'ignorer de nouveau pour susciter une réaction de sa part, cherchant à ce qu'enfin, elle agisse normalement. Sa réaction ne se fit pas attendre, elle grimpa sur la table, s'asseyant juste à côté de son livre et des restes de son petit déjeuner et lui enleva le livre des mains, le closant d'un coup sec avant de le pointer vers lui tout en l'agitant.

    « Thybalt Peterson, il me semble t'avoir posé une question. »

    Son ton insistant, son absence de trouble déstabilisèrent le jeune homme qui pourtant tenta de le dissimuler le mieux qu'il put. Curieusement, il n'était même pas furieux qu'elle agisse aussi familièrement avec lui mais il en était juste... stupéfait. Contraint donc de la regarder, il fut secrètement satisfait que la Grande Salle soit presque vide à une heure aussi matinale pour que ses condisciples ne voient pas qu'une seule jeune femme tenait vraiment à le mener par le bout du nez. Thybalt se releva d'un coup brusque et se pencha vers elle, souriant largement.

    « - Pourquoi ? Tu es intéressée ? Tu vas me dire de ne pas sortir avec elle mais avec toi plutôt ?
    - Je ne le suis pas. J'étais juste curieuse.
    - Vraiment... ?
    »

    Il était dubitatif mais bon... soit. Leurs visages si proches, il la dévisageait ouvertement avant de s'emparer sans la moindre douceur de son livre, le lui enlevant si aisément des mains que même l'arracher à un bébé aurait été une affaire un peu plus délicate. Il dissimula son livre contre lui, écarta une mèche de cheveux de la jeune femme, y déposa un léger baiser avant de se reculer, de nouveau de bonne humeur.

    « - Ce fut un plaisir, mademoiselle... ?
    - Agathe Sagot...
    - A bientôt dans ce cas Agathe.
    »

    Et sans plus perdre de temps, Thybalt s'éloigna et quitta la Grande Salle, pensif. Agathe Sagot... A surveiller de près. Mais jusqu'à quel point souhaitait-il la surveiller de près ?


Avait-il jamais regretté leur première rencontre ? Le jeune homme avait certes des regrets mais pouvait-il en trouver un seul qui soit relié à Agathe d'une manière ou d'une autre ? Certes, s'il avait eu à recommencer, peut-être aurait-il été tenté de changer quelques menus détails mais au final, se serait-il retrouvé avec elle dans ce dortoir où il n'était supposé être du fait de sa condition et de son sexe ? Aurait-il pris le risque qu'elle ne lui revienne pas finalement ? Le Serdaigle songeait bien qu'il n'aurait rien changé, de peur de ne pas avoir la même fin à cette errance et de se retrouver plutôt au crépuscule de leur histoire si... compliquée parfois. Bien sûr, dès que l'astre solaire recommencerait sa course, il pourrait de nouveau fuir, la fuir mais pour aller où ? D'être avec elle, lui avait insufflé une fois de plus l'entêtant espoir et de son parfum capiteux, à peine fut-il légèrement éloigné qu'il en ressentit le manque. Agathe, six lettres pour une même signification finalement... L'Espoir.

    « - Je t'autoriserai encore quelques instants de liberté, parfois. Il y a des lieux où je préfère encore ne pas te suivre...
    - Encore heureux. Je te vois mal me suivre dans les quartiers privés des garçons par exemple... Quoique. »
Un sourire amusé glissa sur ses lèvres closes, imaginant délibérément la scène et semblant se délecter de ce qu'il voyait, réprimant un éclat de rire en la voyant faire face à ses condisciples. Ses souvenirs témoignaient que face à une provocation délibérée, la jeune femme pouvait être capable de beaucoup de choses, beaucoup de bêtises, uniquement pour lui. Que n'aurait-elle pas fait qui n'eut été pour lui ? Cette pensée le troubla mais il n'eut pas la décence de la formuler, sachant que cette nuit, instant de retrouvailles ne devait être gâché par des questions sans fin qui mèneraient éventuellement à une nouvelle discorde. La réaction de joie d'Agathe fut un tel émerveillement pour ses yeux si longtemps habitués à la pénombre qu'il ne put cacher son sourire. Peut-être finirait-il par en avoir des crampes, se réhabituant à sourire presque continuellement mais c'était... enivrant. Sans mot dire, inclinant simplement la tête à son remerciement comme pour lui dire qu'il n'y avait pas de quoi le remercier, il la laissa ensuite prendre place, rappelant avec douceur sa première invitation ou plutôt obligation à l'accompagner au bal. A l'époque, il ne s'était pas vraiment préoccupé de son avis, considérant par habitude son accord comme acquis mais... et si elle avait préféré y aller avec un autre ? Et si de leur tradition, il ne restait que des lambeaux ? Il préféra se rappeler de son remerciement plutôt que de se trainer sur des chemins si sombres, ressentant encore la brûlure de ses lèvres sur sa joue. Sa famille ne manquait certes pas d'argent pour qu'il puisse envisager de dépenser impunément dans des cadeaux de manière continuelle. A bien des égards, il avait eu plus le comportement d'un amoureux que d'un meilleur ami mais jamais, jamais l'un des deux n'avait osé formuler cette évidence. Aux yeux des autres, leur relation n'était pas purement amicale, mais à leurs yeux à eux ?
Presque aussitôt, sa main glissa dans les cheveux de la jeune femme, comme si cette dernière était dotée d'une volonté propre, bien que celle-ci fut inhérente aux désirs du jeune homme alors qu'il contemplait avec un sourire en coin son sourire à elle, se sentant apaisé.
    « - Tu sais, pour Lisa, tu ne m'as jamais vraiment dit
    - Qu'est-ce que tu veux savoir ?
    »
Faisant l'innocent, il n'avait pu retenir la douceur de percer dans sa voix alors que sa main s'arrêtait, comme pris en faute bien qu'il ne ressente aucune culpabilité puisque après tout, c'était son intérêt pour Lisa qui l'avait un jour, mené jusqu'à lui...



« I have tasted happiness
Thie innocence of joy
do we pay a price for every moment we enjoy
I could make you promises
But even I can't say if everything I feel for you
will never go away... »

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Ven 6 Fév - 23:10

    C'était autre chose. Un ralentissement, en fait. Dans cette course effrénée et vaine, qu'était devenue mon existence, cet homme m'a donné envie de ralentir, de reprendre mon souffle, de prendre le temps. C'était déconcertant, tout à coup, ce désir de lenteur, l'envie que le moment ne se perde pas trop vite, l'envie de le retenir. Tout à coup, il n'était plus vital de courir, je pouvais m'arrêter sans chuter, je n'étais plus ce cercle fou entraîné par son mouvement, j'étais capable d'une certaine immobilité, ou au moins d'une moindre vitesse. Comme si mon centre de gravité venait de se déplacer.

Il y a de ces raisons que même la raison ignore, qui échappent même aux dieux à ce qu'il paraît. Mais ça, Dieu seul le sait. Il y a de ces actes qui sont fait sans réfléchir, par instinct. Même pas pour la beauté d'un geste gravé dans l'éternité d'une plaque marbrée. Juste comme ça. Et on pose des questions comme on respire, comme ça, prétextant un brut accès de curiosité dévorante. De l'incontrôlable en petite bouteille. Il faut dire que dame Curiosité a bon dos et, telle une feuille de vigne, vient cacher la nudité de la vérité aux yeux de tous. Celui qui sait, à défaut d'être aveugle, voile son regard et fait silence. On parle ici de convention. Parler, ça dérange ; 'tabous de rigueur, merci' murmure-t-on dans la pénombre des non-dits. Alors on brasse de l'air, on évite les tempêtes la peur au ventre.
    De ses cheveux dégoulinaient de fines gouttelettes venant se perdre dans la chaleur de son cou alors qu'on distinguait sur son visage une tranquillité vaporeuse prédisant un sommeil profond. Ce n'était rien, Agathe sortait juste de la salle de bain attrapant un livre et se laissant tomber sur son lit sans un mot. Il n'y avait personne à qui parler, elles étaient toutes en bas et l'idée de descendre les marches ne lui plaisait pas. Elle feuilleta les pages sans reprendre sa lecture. De toute façon, elle avait oublié – délibérément -de marquer la page ne serait-ce que pour avoir le plaisir de relire certains passages. Il fallait des prétextes à la deuxième année et cela même dans le calme de son intimité, il lui fallait des raisons pour se lever le matin avec la conscience tranquille.

    M. - « Trouvée. » la voix provenait de la porte qui, sans ménagement, été allée s'échouer contre le mur.
    Agathe - « Bravo, t'auras ta médaille... Et même qu'elle sera en chocolat. »
    M. - « On t'a vue avec Thybalt Peterson aujourd'hui. On est venu m'en parler. »
    Agathe - « 'On' aurait plus de mérite à se mêler de ses affaires. Tu sais quoi ? Je t'ai vue dans la Grande Salle, pile quand je sortais. Sur ton plateau, on aurait cru voir deux plats – une entrée et un plat principale - et trois desserts. Pile trois, ça donne une impression d'infini ce nombre-là. Du chocolat, des tonnes de chocolat. De quoi tuer un diabétique, crois-moi. J'étais là, j'ai tout vu et je n'ai rien dit malgré ton régime – celui dont tu m'as parlé il y a quelques jours, j'ai même pas eu le temps de commencer à compter. Tu te rends compte de ce que tu me dois ? De la culpabilité qui aurait pu t'assaillir face aux calories ? Et si j'étais venue, m'était assise, t'avais regardée avec un air faussement étonné et un ton scandalisé "Et ton régime" ? ... Oui, tu me dois une fière chandelle. »
    M. - « Tu divagues encore, Agathe. »
    Agathe - « Ouaip. »

    Elle tourna presque machinalement les pages du bouquin qui était venu se poser sur ses genoux. Ses yeux se perdaient entre les lignes. Il n'y avait pas d'image, même pas une esquisse. Il faut avouer qu'il n'y en a plus à partir d'un certain âge, comme pour bien rappeler "tu es grand maintenant". Et pourtant, quel plaisir elle aurait éprouvé à croiser une belle illustration au détour d'une page. Elle en avait vu une dans le livre de Thybalt, le matin-même, à ce fameux moment, mais il ne s'agissait certainement que d'un livre de cours. Ca ne comptait pas. Quelle facilité il avait eue à lui retirer l'ouvrage... Elle détestait être aussi frêle.

    M. - « Alors, tu lui as parlé ?
    Agathe - « Non, on s'est contenté de se regarder en chiens de faïences. C'était à qui déclencherait les hostilités en premier... »
    M. - « Et alors ? »
    Agathe - « Tu crois vraiment tout ce que je dis ? C'était simplement un accès de curiosité. Banal et soudain. »
    M. - « Qu'est-ce que tu lui as dit ? »
    Agathe - « T'as fait tes devoirs de potion ? Il est tard, je suis fatiguée et n'ai aucune envie de m'y mettre. »

Lisa aussi c'était de la curiosité en conserve, de la mauvaise sorte. Depuis qu'elle était partie de Poudlard, on ne l'avait plus revue, on n'avait même pas entendu parler d'elle. Peu se souvenaient peut-être de la blondinette pour laquelle Agathe avait si peu d'estime. A l'écouter, Thybalt n'avait jamais bien choisi ces filles dont il s'entourait à l'occasion. Cette règle souffrait peu d'exceptions si on ne prenait pas en compte les humeurs de la rouge et or. Physiquement, il y avait bien peu à reprocher mais sur les autres plans... Du désagréable à la limite de l'insupportable. La gryffondor, à la suite d'une mauvaise journée, s'était souvent montrée peste n'étant plus d'humeur à les ignorer. On aurait dit une mère ne trouvant jamais prétendante assez digne pour son enfant. Thybalt supportait : plus ou moins bien, elle n'en avait pas réellement idée, ne sachant jamais où les plaisanteries s'arrêtaient. Sans s'en douter, elle avait peut-être déjà frôler ces frontières qui se déchirent de manière définitive lorsqu'on s'amuse à les franchir.

    « Je ne sais pas, simple curiosité. Il s'est passé quelque chose avec elle au final ? »


Elle parlait aujourd'hui avec lenteur, usant des vieux tics défensifs mais pesant chacun de ses mots comme une épicière soucieuse de ses gains. Même les virgules passaient par l'analyse pour que pas un détail ne soit laissé aux vautours. C'était fatiguant, éreintant d'autant plus qu'elle se sentait si proche du sommeil le rejetant chaque seconde un peu plus pour profiter de sa présence. Epuisant pour elle et ça le deviendrait bientôt pour Thybalt, elle le sentait. Peut-être déjà les premières gouttes de gêne s'étaient immiscées et faisaient leur chemin se jouant des précautions qu'elles étaient censées apporter pour commencer à rayer tout ce qu'elles trouvaient. Définitivement. C'était comme ça. Tout cette histoire n'était que confiance et ce personnage s'était absenté depuis quelques temps. A vrai dire, Agathe attendait juste qu'elle revienne comme certains attendent encore leur prophète. Elle ne voulait que ça, croire aveuglément et le suivre sans plus ouvrir les paupières.

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Sam 7 Fév - 0:41

« Le bonheur n'est pas le fruit de la paix, le bonheur c'est la paix même. »
Alain.



    « - Eh Peterson ! C'était qui cette Gryffondor ?
    - Laquelle ? Au cas où tu n'aies pas remarqué, je suis très demandé...
    »

    Menteur. Foutu fieffé menteur. A la seconde même où il avait prononcé Gryffondor, tes souvenirs ne t'avaient ramenés que vers une seule. Et pourtant encore, tu mentais, un large sourire aux lèvres comme si de rien n'était, balayant sa demande du plat de la main comme une insignifiance, comme un nuisible. Ton regard prévenait alors qu'il ne fallait pas continuer, que la pente était trop dangereuse mais il avait continué et tu t'étais abimé dans les lices du mensonge.

    « - Brunette, plutôt grande, ...
    - Écoutes, je suis plutôt pressé là. C'était personne... »


    « Agathe Sagot... »
    , bien loin d'être personne mais sans te l'expliquer, tu voulais pas que son condisciple s'y intéresse, cherchant toujours à couper l'herbe sous ton pied. Celle-ci, sans que tu n'y comprennes grand chose, serait l'Intouchable et dusse-tu contracter ses poings pour éviter de le reprendre sur des termes insignifiants, tu y veillerais. Elle avait piquée ta curiosité après tout. Et la curiosité, dans un monde où tout t'était déjà acquis, c'était une bouffée d'air pur. Il n'avait pas insisté et tu t'étais dégagé d'un coup sec mais après une tape amicale sur l'épaule et tu avais fuis, sans trop savoir ce que tu fuyais.



Une fustigation personnelle tandis qu'il déroulait consciencieusement le fil de ses pensées, les liant l'un à l'autre. Le fil d'or, bien que tenu, brillait toujours autant à la lumière de leurs sentiments. Mais voilà que déjà le fil se distendait... Lisa, triste Lisa. Pourquoi donc Agathe insistait-elle ainsi ? Ce n'était pas une pure et innocente curiosité, quels motifs cachés pouvaient-ils bien y avoir pour qu'elle s'enorgueillisse ainsi à lui arracher la vérité ? Il avait toujours répugné à lui raconter ses mésaventures, voyant la satisfaction poindre un instant dans ses yeux, la mettant sur le compte du "Je ne vais pas le dire mais... je te l'avais bien dis."
    « Je ne sais pas, simple curiosité. Il s'est passé quelque chose avec elle au final ?
    - Tu me connais... Une fois qu'elles me disent oui, je leur trouve tous les défauts du monde... »
Une manière comme une autre de dévier le sujet, de ne pas s'attacher à celui-ci en particulier, de lui signifier qu'elle ne lui extorquait les détails que de force, comme elle savait si bien le faire. Une façon également de lui rappeler que si elles n'étaient que de passage, elle, elle était intemporelle et survivrait à toutes ses histoires. Non pas que les garçons ne s'intéressaient pas à Agathe mais la présence de Thybalt en avait dissuadé plus d'un. Briser le coeur de la jeune femme, c'était se le mettre à dos et plus d'un avait subi la colère froide du Serdaigle après une seule petite blague salace sur son dos. Aujourd'hui encore, il sentait la fièvre alanguir ses membres d'une douce caresse à l'idée de violenter le premier garçon qui oserait d'une manière ou d'une autre la malmener, lui manquer de respect. Avec quel plaisir sadique, ne lui rendrait-il pas la pareille, sous le prétexte fallacieux de laver son honneur. Il savait bien qu'il y aurait d'autres raisons, des raisons moins... avouables que celle-ci mais sa seule crainte tenait en sa capacité à se contrôler, saurait-il s'arrêter dans les limites de l'acceptable s'il en venait un pour clamer à qui de droit des insanités sur la douce et frêle jeune fille qui se tenait là, presque assoupie ?
La tendresse de son sourire brisa les envies meurtrières qui l'assaillirent brutalement et sa main quitta ses cheveux pour venir retracer les traits de sa joue offerte. Il n'osait bouger, assailli par les crampes, de peur de briser un instant si précieux et puis il finit par avoir une idée et esquissa un subtil sourire en coin.

« Agathe... Tu veux bien te relever ? Je ne peux pas rester ainsi des heures entières et puis... tu vas finir par t'endormir. »

Il attendit qu'elle finisse par accéder à ses prières, non sans faire mine de protester. Une fois sa volonté comblée, le jeune homme s'approcha du bord du matelas, tira fermement les rideaux, avant de la bousculer légèrement en s'affaisant de nouveau sur le matelas, afin de l'allonger d'autorité. Il la dévisagea un instant, planta un léger baiser sur sa joue, souffla un vague bonne nuit puis la lâcha et bascula sur le côté, lui tournant le dos dans la soudaine pénombre, laissant échapper un soupir de lassitude, les yeux clos, le sourire figé, lui laissant volontairement suffisamment de place pour la laisser choisir si elle souhaitait se blottir contre lui ou au contraire dormir à distance. Il n'avait pu non plus s'empêcher d'être taquin et de la provoquer ouvertement en se contentant de lui dire aussi légèrement bonne nuit et les sens tendus, il attendait la première attaque pour aussitôt démarrer la bagarre. Comme au bon vieux temps...
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Dim 8 Fév - 17:13

    « Tu me connais... Une fois qu'elles me disent oui, je leur trouve tous les défauts du monde... »

Ce n'était pas là sa question, il éludait plus ou moins consciemment. C'était tant mieux, Agathe s'en voulait déjà d'avoir osé formuler pareille interrogation, aussi dérangeante pour elle. Presque déroutante à la vue de la frayeur qui se glissait en elle. Peut-être même pour lui. Elle s'était encore une fois jetée droit dans le mur poussée par elle ne savait pas vraiment quoi. Le 'pourquoi' restait la grande question, devant laquelle on fermait les yeux. A l'aveuglette dans le dédale des sentiments. A certains moments, elle aurait préféré qu'il lui demande de quoi elle et sa curiosité masochiste se mêlaient, qu'il trace correctement les limites de leur amitié. Sauf qu'il n'aurait jamais pensé à la douleur. Quelle stupidité de sentir ses entrailles se tordre pour des bêtises, quelle folie d'être aussi possessive...

    « Alors rappelle-moi de toujours répondre non à tes questions. »
    Des années auparavant.

    L. - « Ce gars n'est que trop parfait. »

    Thybalt venait juste de partir et déjà la jeune femme faisait ses commentaires. Intarissable, son meilleur ami était un sujet intarissable sur lequel la gente féminine adorait débattre. Agathe leva les yeux au ciel, il avait envahi sa vie par tous les chemins possibles, se rappelant sans cesse à elle. Quand il n'était pas là, il y avait toujours quelque chose qui lui faisait penser à lui - un objet sur lequel ils partageaient un souvenir commun ou de simples mots qu'il avait prononcés - et, si jamais il n'y avait rien de tel autour d'elle, une de ses amies prenait le relai. Parfois même une inconnue venue pour trouver des informations et vérifier que les rumeurs selon lesquelles lui et elle entretiendraient plus qu'une amitié étaient fausses. Souvent, elles partaient satisfaites. Elles parlaient beaucoup de lui, beaucoup trop. La rouge et or en était irritée sans savoir si c'était par l'agacement ou une certaine forme de jalousie. Elle avait bien le droit d'avoir peur de perdre un ami comme lui... non ?

    Agathe - « Mouais... »
    L. - « Je ne te comprends pas. »
    Agathe - « C'est lui que tu ne connais pas. Pire : tu feins de ne pas le connaître. Tu fermes les yeux alors qu'il a déjà jeté toutes ces filles qui rivalisaient de perfection. C'est ça que tu veux ? »
    L. - « Tu es toujours si agressive quand on parle de Thybalt. »
    Agathe - « Peut-être que c'est dans ma nature de l'être. Comment pourriez-vous savoir comment je suis en d'autres circonstances alors que vous parlez toujours de lui ? »
    L. - « Oh, c'est bon ! Zen ! »

    La gryffondor soupira, attrapa son sac et s'éloigna. Vers où était-il allé déjà ?

Encore une fois, il semblait se dérober. Ca ne faisait même aucun doute : elle le sentait partir, glisser loin d'elle et de son corps à demi-endormi qui ne désirait que passer les heures suivantes soudé à lui. Il lui en demandait même la permission. Elle pensa un instant à s'accrocher au matelas pour l'empêcher de bouger mais savait déjà que la dégager ne serait qu'une simple formalité, tout comme cette question pour laquelle il n'attendait même pas de réponse. Boudeuse, elle se retira de sur ses genoux sans mot dire. Et la peur venait remplacer la quiétude qui avait bien voulu dominer son être pendant quelques minutes. Tout se déroulait si vite, elle avait déjà bien du mal à se rappeler que moins d'une heure avant elle avait ouvert la porte sur un Thybalt vêtu de sa robe, la robe qu'il lui avait offert, et DEJA !!!, alors qu'elle n'avait pas encore pensé à lui demander d'où venait l'idée de cette mascarade ainsi que le préfet qui se trouvait alors avec lui, il parlait de se coucher. Il voulait la quitter alors même qu'elle ne savait pas si c'était bien lui qu'elle retrouverait le lendemain ou cet autre dur et fuyant qui venait hanter ses cauchemars.

Il eut au moins la délicatesse de stopper ici ses doutes, refermant sur eux les morceaux de velours rouge. Elle tomba doucement et demeura quelques instants abasourdie devant la rapidité des évènements. Elle aurait encore aujourd'hui du mal à les retracer s'étant une seconde demandé si.... Et puis non. Sa joue qui brûlait encore à la suite du passage de la main du serdaigle l'avait relancée sous le passage de ses lèvres. Et... plus rien. Elle s'attendait pourtant à ce qu'il la prenne d'autorité dans ses bras pour qu'elle puisse dormir "sans éprouver la rigueur du froid", comme avant. C'était plus qu'un oubli, elle le savait. Elle assistait là à un acte de provocation délibérée.

    « Mais tu te fous de moi ? C'est pas parce que je ne suis qu'une amie que tu as le droit de me traiter ainsi ! Tu ne t'arrangeras donc jamais ? »

Rapidement relevée, à genoux sur le lit, elle apposa ses mains sur le dos du jeune homme et poussa comme pour le faire tomber du lit. En vain. La force qui l'habitait était telle qu'elle n'arrivait pas vraiment à le faire bouger, elle n'avait même pas eu l'avantage de la surprise. Abandonnant là ses efforts pathétiques, elle planta ses mains sur ses hanches et, retenant tout rire qui serait venu troubler la mise en scène, elle le regarda d'un air vexé.

    « Tsss... Tu as grossi. »

C'était alors le passé qui fondait sur elle : chacune de ces soirées qui avaient pour seule fin l'aube et ce ton qu'elle avait déjà employé toutes ces fois. Elle avait perdu le sens du sommeil réparateur dans la gaieté. C'était seulement après la mort de ses parents que la fatigue avait déferlé sur elle, en une unique et énorme vague. Et chaque cauchemar l'avait épuisée un peu plus l'emportant dans la spirale de l'asthénie. Elle n'était plus la Agathe d'avant et ne savait si c'était bien ou mal, ignorait même si elle se retrouverait un jour. A l'instant, c'est Thybalt qui lui semblait avoir attrapé et c'était déjà un beau début.

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mar 10 Fév - 0:31

« En matière d'amour, rien n'oblige à tenir ;
Et les meilleurs amis, lorsque son feu les presse,
Font bientôt vanité d'oublier leur promesse. »
Pierre Corneille.


Il n'avait pas voulu gâcher l'instant, il n'avait pas voulu accorder une seule seconde de leurs retrouvailles à une intruse, à une quelconque autre jeune femme qu'Agathe. Alors l'univers entier avait dû se taire car cette nuit, ce n'était qu'eux. Il ne lui avait jamais demandé pourquoi elle lui posait toujours des questions sur ses conquêtes, bien que l'évidence lui échappait clairement mais il se contentait de se dire que c'était Agathe et d'Agathe, il avait toujours accepté tout, sans conditions, sans se poser de questions. Qu'elle se jette à son cou pour l'embrasser, que leurs peaux soient toujours en contact dès qu'ils se retrouvaient à côté, que leurs regards se cherchent aussitôt dans une pièce, qu'il ait pris l'habitude de la prendre dans ses bras pour s'endormir, qu'il la protège de tous et de toutes, que ses lèvres effleurent bien trop longuement sa joue, que leurs mains se retrouvent à travers le pont de Morphée, aucun de leur geste, aucun de leur acte ne le faisait remettre en question leur relation. Elle existait, elle était ainsi et rien ne changerait tant qu'ils en étaient tous les deux satisfaits.
Une fois de plus, il n'avait pu s'empêcher de chercher à la protéger d'une réponse qu'elle n'aurait, il le pressentait, pas aimé alors il avait évité, purement et simplement et cette fois-ci, elle n'insista pas. Il en fut véritablement soulagé et ne put retenir un tendre sourire lorsqu'elle lui répondit.


    « Alors rappelle-moi de toujours répondre non à tes questions.
    - Tu as peur que je te trouve des défauts ?
    »

    « - C'est elle, l'orpheline Sagot. Ses parents sont morts dans un accident, il paraît. Tu parles, à mon avis c'est plutôt un suicide, c'est juste que....
    - Que quoi hein ? Meghan ? QUE QUOI ? C'est pathétique... Tu n'as donc que ça à faire de ta vie ? Cracher des conneries sur une fille que tu jalouses ? Arrêtes de rêver. Toi t'as peut-être encore tes parents mais c'est pas parce qu'ils en ont rien à foutre de toi que tu peux te permettre de telles suppositions. Me regardes pas comme ça, tout le monde le sait. C'est un secret pour personne. Pas étonnant que quand les pires atrocités courent sur toi, personne ne vienne prendre ta défense. Mais c'est pas le cas d'Agathe, tu vois, elle a un prénom Meghan, ton orpheline Sagot, s'appelle Agathe. Et Agathe, si tu veux rester dans mes bonnes grâces Meghan, tu ne parles pas d'elle, tu ne la touches pas, tu ne lui parles pas, et tu n'as pas intérêt à ne serait-ce que la regarder. Tu m'as compris ? TU M'AS COMPRIS ?
    - Ouais, ça va Thybalt j'ai compris. Lâches-moi...
    - Non, j'ai pas l'impression que t'aies compris Meghan... Si j'entends parler de quoi que ce soit, ne serait-ce que la moindre rumeur selon laquelle tu as, toi ou une de tes amies, seulement osé murmurer son prénom, je vais faire de ta vie un enfer Meghan... Je te le promets. Et tu sais quoi Meghan ? Ton avis, tout le monde s'en contrefout.
    »

    Il s'était éloigné sans un mot de plus d'un pas leste, les genoux tremblants encore d'une rage qu'il méconnaissait et avait fini sa course dans les toilettes des garçons, appuyé contre le rebord d'un lavabo, regardant avec stupeur sa main qui avait serré presque à l'en briser le frêle poignet de la jeune femme. Cela ne lui ressemblait pas une telle perte de contrôle, où étaient donc passés ses manières charmantes et prévenantes ? Repoussant une mèche de cheveux de son front, ses iris se plantèrent dans celles de son reflet, ne connaissant que trop bien la réponse. Quant il s'agissait d'Agathe, la rationalité n'avait plus de sens, plus de prise sur lui. Alors il l'avait plaquée violemment contre le mur en entendant leur conversation, se moquant des larmes qu'il voyait naitre dans ses yeux, s'en délectant presque. Il voulait qu'elle ait mal, autant physiquement que mentalement et cette envie, cette pulsion de colère, le dégoutait dorénavant. Et pourtant, rien qu'en y songeant de nouveau, il sentait la haine poindre de nouveau. De quel droit avait-elle osé proférer de tels mots sur Agathe ? Agathe... Agathe qui ne lui parlait plus, qu'il ne voyait plus mais qui restait malgré tout... Agathe.



Thybalt ne pouvait clamer l'innocence, ayant un don tout particulier pour la mise en scène et pour la taquiner, ayant tout fait pour qu'elle croit qu'il allait la laisser cette nuit, la laisser sans indications du lendemain qui l'attendait. Et puis il avait fini par dévoiler la supercherie et dissimulait l'ombre de son sourire lorsqu'elle réagit, réprimant un éclat de rire, puis une grimace vint parachever le tout alors qu'il ne bougeait toujours pas, les yeux clos, attendant patiemment la suite, suite qui serait haute en couleurs en sachant qu'elle détestait cordialement qu'il l'ignore, ce qu'il s'amusait bien évidemment de temps à autres à faire. Alors bien sûr, elle dut faire la première chose qui lui passait à l'esprit comme le supposait le Serdaigle, tenter de le pousser, de le bouger d'elle-même mais c'était peine perdue. Et puis un hoquet de stupeur alors qu'il se retournait vivement vers elle, les yeux écarquillés.
    « - Tu trouves ? »
Puis il laissa échapper un sourire rayonnant, l'attira contre lui, repositionnant son visage contre son cou pour l'embêter un peu avec son souffle, jouant distraitement avec ses cheveux. Il se sentait... étrange. Était-ce donc cela la sérénité qu'il avait tant recherché depuis sa fuite ? En tout cas, une chose était sûre, c'était drôlement agréable... En la retrouvant, s'était-il donc retrouvé ? Certes, le chemin serait encore long et semé d'embûches mais déjà l'avenir ne lui paraissait pas si horrible que ça...
    « - J'aime toujours autant t'embêter... Et tu crois vraiment que tu n'es qu'une simple amie ? » la taquina-t-il en retirant son visage de son cou pour apposer son front contre le sien, ses bras noués autour de sa taille. « Et puis non, je n'ai pas envie de m'arranger si cela revient à abandonner qui nous étions, qui nous sommes. Ça, je ne peux juste pas... Demandes moi autre chose, n'importe quoi d'autre et je le ferais... »
Dans quelques secondes, il allait briser le contact visuel, mettant fin à la conversation muette que se livraient leurs regards. Il éloignerait son visage du sien, légèrement troublé mais mettant cela sur une quelconque pensée ou son soudain rapprochement, refusant d'envisager que cela pouvait être le prémisse d'une pensée plus sournoise, d'une envie moins avouable, celle de l'embrasser, de regoûter à ses lèvres un peu plus longtemps. Et puis ils s'allongeraient, il la prendrait dans ses bras et l'observerait dormir un instant, tâchant de taire ses pensées dérangeantes. Mais il n'en était pas encore là et le trouble commençait seulement à s'esquisser, tandis qu'il attendait une réponse.

Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Peut-être qu'un autre Thybalt, qu'une autre Agathe se trouvant au même endroit, au même instant, à celui où l'envie se dessinait, peut-être que cet Autre aurait choisi différemment... Qu'il aurait saisi entre ses mains le visage de sa moitié, aurait pressé ses lèvres contre les siennes sans la moindre hésitation, pudeur ou gêne. Il l'aurait allongé sous lui et aurait continué à l'embrasser, sans toutefois oser aller plus loin, la respectant trop pour sauter directement le pas comme il le faisait avec toutes les autres... Mais lui, lui n'osait pas. Que cela soit affronter la réalité, poser une limite clairement définie à leur relation ou même agir, agir et laisser Agathe choisir à sa place. Il l'avait retrouvée, il n'était pas assez fou pour prendre le risque de la perdre déjà, de la perdre tout court. Et puis, il ne s'estimerait jamais assez bien pour elle, il était trop... instable. Et même s'il était intimement convaincu que jamais, jamais, au grand jamais, il ne se lasserait d'elle, qu'arriverait-il s'il se trompait ?
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mar 10 Fév - 14:24

Quoi qu'elle fasse, quoi qu'il dise et même s'il cherchait à l'embêter, à la pousser dans des retranchements qu'elle ne connaissait pas, elle ne pouvait se départir de son sourire. Et si jamais il disparaissait de ses lèvres en la présence du serdaigle, il n'était que retenu pour feindre une toute autre émotion que celle qui l'habitait et il en restait toujours une trace, très proche. Quant à la lueur dans ses yeux, elle, elle ne s'éteignait jamais du moment qu'il était là, même si elle n'avait parfois été que le résidu d'un espoir fou. On avait pu en penser ce qu'on voulait, la folie avait finalement pris le pas sur la réalité. Agathe avait l'impression qu'enfin on lui livrait un peu de repos. On lui offrait le plus onctueux bonheur qu'elle connaissait : Thybalt. Thybalt, elle le répétait encore. Ce prénom même déclenchait en elle des troubles qu'elle n'osait pas avouer. C'était bien trop, tout comme l'était cette idée de lire du Shakespeare. De se prendre à le relire même s'il manquait un 'h' et même si cela ne signifiait rien. Thybalt, sans le savoir, démultipliait tout. Il lui fallait sans cesse un moyen de se le rappeler, de le ramener à elle alors qu'il passait tout ce temps auprès d'autres filles. Des filles plus belles, plus gracieuses et simplement plus attirantes. Des filles qui étaient à ses yeux de vraies filles. Elle, ce n'était pas pareil, elle était juste la meilleure amie, une poupée bien docile à protéger à l'occasion. Et dans aucune page de l'ouvrage qui trônait encore à côté de sa lampe de chevet n'était mentionné un personnage de ce genre-là. Il était si facile de voir que, si jamais une telle personne existait, elle n'était pas assez importante pour y figurer...

    Thybalt - « Agathe, c'est l'aube. »
    Agathe - « Je suis morte, ça ne se voit pas ? »

    Elle garda les yeux clos, encore emprisonnée dans l'une de ces phases de sommeil éveillé qui avait fait sa nuit et les précédentes. Chaque matin elle priait pour revenir là le soir, pour entrer dans la seule routine qui lui paraissait acceptable. L'aube, encore une fois, elle la sentait à travers les premiers rayons du soleil qui venaient la réchauffer, annonçant les prémisses du jour et redonnant naissance à ces envies qui l'éloignaient tant des cours. C'était la fin de l'année scolaire, l'été approchait à grands pas et la température tout comme l'humeur de tout le château s'en ressentait grandement. Mais ce n'était pas les autres qu'elle voulait voir. Devait-elle vraiment y aller ? De toute façon, on ne faisait plus grand-chose en classe. Mais elle y irait quand même dusse t-elle ronchonner et, quelques minutes après avoir repris les cours, la bonne humeur la rattraperait et elle discuterait avec son voisin toujours empreinte de l'entrain qui lui était caractéristique à l'époque. Du haut de la tour d'astronomie, la règle avait été édictée, personne ne se plaignait : les deux amis avaient enfin pu reprendre leurs soirées passées sous les cieux cléments dans la plus grande ambigüité.

    Thybalt - « Je n'avais jamais entendu parler de mortes aussi bavardes, ça m'a fait douter. »
    Agathe - « Tu vas avoir du temps pour reposer ta pauvre ouïe. Moi, par contre, je n'aurais pas à le faire... »
    Thybalt - « Je réfléchissais simplement. Tu me le permets ? »
    Agathe- « Tu as bien d'autres moments pour t'adonner à de pareilles occupations. Ne me fais quand même pas croire que tu suis en cours...
    Moi aussi, j'ai bien pensé.
    »
    Thybalt - « Tiens... Donc tout est possible. Et à quoi mademoiselle a t-elle pensé ? »
    Agathe- « A nos vacances. »

    Elle daigna enfin ouvrir les yeux, s'assit soudain animée et conta ses projets à peine naissants. Elle parla de ces vacances que ses parents prévoyaient et qui ne l'enchantaient que peu. Les pays scandinaves, ce n'était pas pour elle qui ne jurait que contre le froid de l'Angleterre. A défaut de pays chaud, elle resterait chez elle. Excuse de plus, c'était leur vingtième anniversaire de mariage et ils avaient donc droit à un peu de temps passé seuls - comme si la période scolaire ne leur suffisait pas. Et surtout, mais cela elle ne le souligna que légèrement, Thybalt serait invité à venir pendant cette période-là. Elle ne pouvait quand même pas demeurer seule chez elle...

    Ses parents, une lettre plus tard, lorsqu'elle leur avait exposé ses projets avaient accepté. L'enthousiasme de leur fille se sentait jusque dans les courbes de ses mots et jamais ils ne se seraient sentis bien à l'idée de refuser sous prétexte de passer une semaine en plus avec leur fille. Des semaines, ils en auraient encore bien d'autres et cela même s'il la sentait s'éloignait. Elle grandissait et ils le voyaient au temps qu'elle passait à écrire des lettres à ses amis. Heureusement, ils aimaient bien Thybalt et ne se faisaient aucun soucis en sachant qu'il ferait attention pour deux.

    Ces vacances finalement tronquées par deux semaines de séparation, c'était les dernières qu'ils passaient ensemble. Mais cela, personne ne le savait.

    « N'importe quoi, hein ? »

Avait-elle droit à tout ? Vraiment tout ? Il le ferait si elle lui demandait de courir de tour en tour, par les airs, sur une simple corde tendue entre les sommets se jouant des Parques en parfait funambule ? Et si, au contraire, elle le priait de rester pour toujours enfermé là, entre ces rideaux au risque de ne plus sentir le vent caresser ses si doux traits ? Et si elle lui demander de renier son nom comme au beau milieu d'une histoire tragique, douce rose aux senteurs envoûtantes ? Les idées folles se succédaient dans son esprit dans une célérité prodigieuse, à peine elles émergeaient qu'elles disparaissaient devant la propre absurdité de leur existence. Cependant, malgré ses errances, elle n'aurait jamais osé lui demander un quelconque sacrifice mais, au delà de sa confiance, elle voulait savoir si lui l'aurait arrêtée. Et si jamais je saute, me retiendrais-tu malgré mon interdiction ? Oh, bien sûr qu'elle le voulait, qu'elle ne désirait que le moment où il l'attraperait par le poignet pour la ramener dans ses bras. Il ne restait plus qu'à savoir s'il le ferait, s'il accepterait cette forme d'amitié qu'elle construisait dans le silence de ses réflexions. D'amitié, c'est ainsi qu'elle la désignait. Elle-même ne savait où elle partait ainsi, quel chemin elle avait emprunté parmi l'infinité de ceux qu'il lui proposait. C'était si anodin qu'elle se sentait comme obligée d'y donner.

    « Et si, pour une fois, j'étais plus qu'une simple amie, plus même qu'une meilleure amie ? Et si, mais juste pour quelques instants, tu voulais bien me trouver tous les défauts du monde ? »

Elle retint un hoquet de stupeur en se demandant d'où elle sortait cet enchevêtrement de désirs et là où d'autres auraient planté un regard submergé par l'assurance, elle recula. D'un geste, elle se replia sur elle-même fixant les draps blancs pour éviter une quelconque rencontre. Elle refusait soudain tout contact avec Thybalt et, au comble de la gêne, ses joues hésitaient entre la rougeur et la lividité face à ses propres mots. Ca ne pouvait venir d'elle, elle s'obstinait à ne pas le croire. Elle avait laissé s'échapper le premier "n'importe quoi" imaginable qui lui était passé par l'esprit, voilà tout. Venant d'elle ça ne pouvait être que non prémédité ou seul son subconscient pouvait être accusé d'avoir voulu lui jouer des tours. Oui, il avait dû vouloir se venger d'une sottise. Encore fallait-il définir les si floues limites de l'imaginable qu'elle avait tout à coup l'impression d'avoir franchies. Qu'était-elle allée penser au point de s'en prendre les pieds dans ses propres chimères ? C'était impossible et, dans son esprit, cette idée prenait des airs semblables à l'inceste. Vu de l'extérieur, c'était pourtant si envisageable que certains en avaient esquissé la pensée. Lui et elle était devenu eux ; pendant des années, on avait même quasiment oublié de les différencier dans leur proximité.

Même devant la vérité toute entière, nue tout comme Adam et Lilith, Agathe s'entêtait à voir dans son attitude un défi. Elle se réfugiait dans cette pensée, comme une enfant. Attitude toute en contradiction car alors pourquoi n'avait-elle pas pris cet air digne d'un "cap ou pas cap" ? Que faisaient sa contenance égarée dans un tiroir ? Sa gorge, nouée, se refusait même à déclarer qu'elle retirait tout ce qu'elle avait bien pu laisser passer, à crier à la crise passagère de folie.


[16h10 - modifications terminées. Bosse bien ! ]

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mer 11 Fév - 14:50



« L'univers est suspendu à un baiser, l'univers tient dans un baiser. »

Zalman Chneour.



La paix. Tant désirée et si désirable. La paix, la quiétude qu'il n'espérait plus qu'à demi mots, tandis que d'autres s'égrenaient sur le fil de sa noirceur. La paix sans bruit, sans éclat, le silence après une Guerre effroyable, horrifiante. Thybalt en goûtait chaque goutte volée au Temps qui hors de la chambre continuait à s'avancer à pas pressés. Chaque inspiration était d'une douceur exquise et fondait sous la langue comme la plus délicieuse des sucreries. L'instant était divin parce qu'il était éphémère, parce qu'il était voué à mourir entre ses bras cette nuit mais le jeune homme n'en avait que faire. Des nuits, il y en aurait d'autres, bordées de journées tout aussi enchanteresses... Les promesses non-dites étaient les merveilles d'un monde qui ne savait plus que trébucher dans les mensonges et les yeux d'Agathe, ces yeux où enfin, il parvenait à se (re)voir, lui contaient des histoires sans fin, sucrées à la félicité et nappées d'éclats de rire.
Agathe était une succession de pensées heureuses, de souvenirs intarissables et quand bien même n'était-elle pas auprès de lui, elle était partout. Elle était dans l'air lorsque la brise portait jusqu'à lui son entêtant parfum, fruit de son imagination impérieuse, elle était dans l'eau lorsque la caresse se faisait tendre, léchant sa peau, elle était dans les flammes lorsque ses yeux se faisaient amusés, elle était dans ces couloirs où il avait si longuement chancelé, suivant leurs fantômes, portant son odeur comme un veuf aurait porté le deuil.

Il avait cru, si longtemps cru que son deuil était celui qu'il faisait de Romane, sa bien-aimée mais avait-elle eu raison de lire le trouble dans ses regards lorsque sa bouche se taisait ? Ne s'était-il pas égaré ? N'avait-il pas rejeté la vie en y courant tête baissée lorsque Agathe l'avait repoussé ? Pouvait-il seulement y songer, l'envisager sans ressentir une honte incommensurable ? Sans se sentir fléchir sous le poids de ce qui pourrait revêtir les aspects de l'inceste s'il osait seulement en formuler la pensée ?
N'était-ce pourtant pas elle qu'il avait tant cherché sans oser se l'avouer dans d'autres étreintes, courant de lits en lits avec effroi en constatant que jamais, jamais un autre corps que le sien ne l'épousait parfaitement ? N'avait-il pas vouées toutes ses relations à l'échec en plaçant Agathe en tant qu'idéal, sur son haut piédestal ? Agathe... Eut-il été seul, le jeune homme aurait poussé un gémissement plaintif, saisissant sa tête à deux mains comme frappé d'horreur par une chose qu'il aurait préféré ne jamais voir, ne jamais comprendre. Il désirait Agathe. Mais n'était-ce pas évident ? Aux yeux des autres ne passaient-ils pas déjà pour un couple ? Depuis combien de temps, le monde voyait-il à quel point il se sentait... misérable, incomplet sans elle mais nul dégoût n'atteignit jamais ce qu'il ressentait pour lui-même, comme s'il salissait sa précieuse Agathe de pensées trop... impures. Oserait-il la regarder encore dans les yeux tout en lui cachant ce qui pesait dorénavant sur sa cage thoracique et assombrissait ses yeux ?

    « N'importe quoi, hein ? »
Il déglutit péniblement. Quel fou, quel insensé ! Quelle pensée avait donc pu traverser son esprit endolori pour qu'il lui verse ce miel à l'oreille ? Mais ses yeux, ses yeux l'affrontèrent une nouvelle fois, peut-être la dernière. Lui eut-elle demandé de jouer sa vie et jamais une seconde n'aurait été plus courte que celle séparant son accord de sa demande. Qu'elle lui demande d'expier les honteuses pensées qui flagellaient son être, qu'elle lui inflige un tourment à la hauteur du châtiment qu'il avait enfreint en considérant sa meilleure amie comme une femme, non pas comme celles avec qui il se livrait à ses ébats insignifiants mais comme à une femme dont l'essence même ne suffirait probablement jamais à l'étreindre complètement, à tarir le feu dont il avait si longtemps détourné les yeux mais qui dorénavant lui brûlait les pupilles. Tout. Tout et n'importe quoi pourvu qu'elle lui pardonne. S'il s'était seulement douté que le pardon le plus difficile à quémander serait celui de l'éprouver comme une femme, peut-être aurait-il plus mesuré ceux que sa langue perfide avaient pu distiller au cours des années... Mais il était tard, trop tard pour oser le formuler alors il se contenta de souffler son accord, dans une expiration alors qu'il attendait, attendait la sentence, courbant presque l'échine devant le bourreau qui lui laminerait l'être, déposant son destin et les armes à ses pieds.
    « Et si, pour une fois, j'étais plus qu'une simple amie, plus même qu'une meilleure amie ? Et si, mais juste pour quelques instants, tu voulais bien me trouver tous les défauts du monde ? »
Nul condamné n'eut été plus interloqué devant le jugement prononcé. Ses phrases, cloches intronnisant la fin d'un monde, sonnèrent longtemps avant qu'il n'en perçoive enfin le sens. La vague de ses mots brûlants effaça les pas du Regret lancinant, et les grains de la Honte. Hésitant à l'extatique sourire qui voulait s'annoncer, il vit le recul de la jeune femme et cela lui fit tant l'effet d'une giffle qu'aux prémisses de l'euphorie succèda la marche silencieuse du cortège funéraire. Et contre sa cage thoracique, le tambour battant d'un coeur étreint d'une douleur si vive que chaque battement était un affront au gouffre qui menaçait se s'étendre sous lui, le happant à jamais. Dans un roman, il aurait saisi sa main derechef, l'aurait rassurée d'un sourire et de mots doux, tous plus tendres les uns que les autres et aurait fait cessé toutes ses craintes, toutes leurs craintes, en les faisant mourir sur leurs lèvres. Mais son recul, il l'interpréta faussement. Comme un geste de crainte, de peur, non vis-à-vis de la malignité de ses propres sentiments mais vis-à-vis du jeune homme qui se tenait si près d'elle.
    « Je te dégoûte tant que ça pour qu'une fois prononcés, ces mots te paraissaient si... déplacés pour que tu réagisses ainsi ? Pour que tu éprouves une telle réaction de rejet, si impérieuse que tu ne puisses me la dissimuler ? »
Il eut une réaction bien différente qu'il aurait eu face à une autre pour la simple et bonne raison qu'avec Agathe, ça comptait. Elle l'avait touché, blessé par sa rebuffade et au lieu de chercher à comprendre, la déception déversa tout son saoul dans ses veines, inspirée par la peur, la peur idiote et galopante de la perdre. Il ferma les yeux quelques instants, entoura ses genoux de ses bras, retenant les frissons d'agonie qui commençaient déjà à apparaître, fixant obstinément un point des rideaux.

    « J'aurais beau essayer, je ne pourrais te trouver tous les défauts du monde Agathe... Et quand bien même en trouverais-je, qu'ils ne feraient que confirmer ce que j'ai mis longtemps à comprendre... C'est certainement idiot, déplacé de te l'avouer aussi, sans enrobage ou transition mais... Agathe... Tu m'as sauvé comme personne ne l'avait jamais fait... A l'époque, je ne voyais pas ce qui est devenu une évidence... Aujourd'hui oui et même si ta réaction me hurlerait de me taire, je me rends compte que j'ai trop longtemps tu cette vérité que tous pouvaient voir... Tu vois, à l'instant même où tu m'as dis ça, j'avais envie de sourire, de te souffler que j'avais longtemps attendu ces mots là sans même le savoir et que j'aurais tant souffert d'une honte sans bornes si tu ne les avais dis. Et j'ai eu envie, envie de t'embrasser de nouveau, envie d'être avec toi et tous les éloigner de toi, sachant que je ne supporterais pas la présence d'un seul trop près. Mais tu as reculé Agathe... Et j'en ai conçu une douleur infinie, innommable, me pressant de quitter au plus vite cet endroit, de te fuir encore. Mais fuir vers quoi, vers où ? Tu m'as permis de réaliser que... Je t'aimais, de toutes les manières que ces simples trois petits mots pourraient prendre. C'est pour ça que je tenais à te le dire, c'est pour ça que si ce que je dis, si ma réalité te dérange, demandes-moi de partir, demandes-moi de partir à l'instant et de ne pas revenir parce que moi, je n'y arrive pas... »
Il avait pris son temps, hachant les mots, ne cherchant nullement à les retenir, prenant le parti que si elle lui demandait de s'en aller, il ne parlerait plus. Pour quoi faire ? Pour qui ? Elle était la seule personne à qui il avait envie de s'adresser, la seule personne à le faire se sentir entier. Alors il avait tout déballé, lentement, sans même chercher à cacher le trouble et la peine dans sa voix devenue trop rauque pour être neutre mais pas un instant il ne l'avait regardé, sachant qu'il ne tiendrait pas, que la violence dans son être ne chercherait qu'à l'atteindre de plein fouet et de la plus mauvaise des manières... Alors il s'était livré, une dernière fois, à celle qui avait toujours eu sa préférence, lui laissant une fois n'est pas coutume, le dernier mot, d'autant si cela devait être le dernier mot de leur histoire.

[flemme de relire, désolée pour les fautes/erreurs/etc --"]
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mer 11 Fév - 18:50

[ Mais même les fautes de Thybalt sont adorables || quatre heures =D ]

Ils ne pouvaient reprendre leurs vies là où ils les avait abandonnées comme les amants récupéraient les vêtements égarés l'espace d'une étreinte. Chacun de ces pas qu'ils avaient esquissés en solitaire, chacune de ces fois où ils avaient trébuché sans bras tendu à leur côté et prêt à les rattraper, chacune des marques laissées par leurs mains venues s'appuyer sur le sol pour retenir leurs corps amenés à s'échouer - seuls - et chacune des meurtrissures qui creusaient à présent des sillons dans leurs pieds couverts d'écorchures s'étaient incrustés dans leur peau plus profondément que n'importe quel tatouage. Alors, ils auraient beau les laver, les frotter et les noyer sous toutes sortes d'onguents mêlés aux mots doux, il y aurait toujours ce bout de chemin qu'ils avaient fait l'un sans l'autre. Un de plus gravé dans la profondeur d'un voyage long d'une vie. Un jour, seulement le moment venu, ils pourraient décider. Soit les arborer, les lever à bout de bras comme un pirate fait étalage de ses distances à travers maintes balafres - en trophée - soit les masquer derrière des couches poudreuses comme ces femmes qui cherchent à se défaire de la moindre imperfection, comme si le monde ne pouvait supporter le souvenir de leurs faux pas - en actes inavouables.

Pour l'instant, seuls leurs sens se cherchant et s'éprouvant pouvaient décider de ce qu'était leur passé et de ce qu'ils n'allaient pas jeter. Ils se retrouvaient, tâtonnaient, essayaient de se redécouvrir en mimant un autrefois encore tangible mais déjà épuisé dans leurs souvenirs. De plus en plus, Agathe se découvrait sous des élans d'une surprise renforcée par l'effroi. Elle s'apprenait, elle et son ego écoulé qui parvenait à revenir par à-coups. De là naissait sa peur ; par brusques et fortes doses et seulement en la présence de celui avec lequel elle ne pensait et ne pouvait se protéger. Thybalt... Thybalt pour ces rires qui surprenaient et entraînaient irrémédiablement dans un océan d'onctuosité, Thybalt pour ces yeux qui revenaient toujours vers elle avec tout leur éclat malgré ces instants où ils s'égaraient, Thybalt pour ces élans moqueurs suivis, Thybalt pour ces bras qui s'emparaient d'elle de manière à l'empêcher de bouder, Thybalt pour cette manière de lui souhaiter une bonne nuit alors qu'il était tout ce qui la retenait loin du pays des songes, Thybalt pour ces illusions qu'il savait entretenir pour ne pas la blesser, Thybalt pour ce qu'il avait toujours été et pour ce qu'il avait conservé en lui comme une relique qu'il tenait maintenant à lui offrir. Lui, toujours lui à quelques nuances empreintes de vérité près. Elle, plus vraiment la même. Elle percevait enfin l'étendue des changements, mais c'était à travers tous ces croquis de sentiments quasi ineffables qui prenaient possession d'elle qu'elle comprenait enfin. A vrai dire, elle n'était pas celle qu'elle avait voulu donner l'illusion d'être – même pas celle qu'elle s'était représentée. Et c'était tous ces mots dissimulant mal les poignards qu'ils renfermaient à l'insu de leur propriétaire et venant s'égarer dans sa douleur qui déchiraient le voile d'une prétendue amitié. Ce qu'elle s'en voulait alors d'avoir ne serait-ce que pensé à pousser Thybalt sur un fil. Comme c'est elle qu'elle aurait voulu alors voir glisser et s'épancher, teindre le sol d'un rouge sanguinolent pour laver ses immondes pensées. Elle se serait jeté la première pierre dans un puissant mépris.

Osant au final relever la tête sous l'impact de l'étonnement - pouvait-il réellement le prendre si mal ? - , elle le voyait se recroqueviller, devenir de plus en plus petit sous un poids qu'elle ignorait et ne pouvait comprendre. Le voir ainsi lui faisait bien plus mal que d'avoir l'impression d'être rejetée, elle ne s'était attendue à rien d'autre dans son stupide aveuglement. Mais quelle langue étrangère avait-elle soudain empruntée pour laisser place à des aveux mal dissimulés tellement mal formulés qu'ils donnaient lieu à de tels retournements ? Jamais, sans les mots qui suivirent, elle n'aurait perçu ce quiproquo, enfant illégitime de sa propre frayeur. Elle avait tellement souffert à la seule idée qu'il ne puisse supporter ses mots et lui dise de disparaître de sa vie. Elle, traîtresse ayant voulu salir des liens qui tenaient presque du sang. Et s'il l'avait rejetée, sèchement ou avec toute la tendresse qu'on pouvait éprouver par pitié, tout se serait certainement effondré l'enfouissant sous les décombres. Elle avait à peine retrouvé l'air libre et évacué l'eau de ses poumons et déjà elle cherchait à se couler à nouveau. Alors qu'elle sentait encore distinctement chaque bouffée d'air l'envahir jusqu'à l'enivrement... Mais au moins, s'il l'avait simplement repoussée, elle aurait compris quelque chose au cheminement de ses pensées. La logique aurait pu prétendre panser son être.

Mais avant même d'avoir à nouveau disparu sous la surface des eaux calmes, elle se sentit remonter comme si un miracle lui était soudainement accordé. Un dieu se serait tout à coup mêlé de son destin. Elle ne savait plus où elle était, ne se sentait que vivre et être emportée par des tempêtes sans nom. Son cœur papillonnait dans sa poitrine, plus légèrement, ne demandant rien de plus pour comprendre pendant que son cerveau hésitait à se déclarer en état d'hallucination auditive. Larmes et rires tentaient de se mêler en elle et lui faisait tourner la tête. Non, elle ne savait plus. Tout s'était envolé et elle avait l'impression d'être un de ces personnages de roman ayant eu l'impression de perdre un être cher - une fiancée apprenant le décès de son chevalier à la guerre, une mère n'apercevant plus son enfant dans l'eau... - le voyait soudain franchir à nouveau le pas de la porte un air désinvolte sur le visage. Et lui, il proposait dans un grand élan de sortir à nouveau et de retourner dans la tombe bien trop rapidement creusée. La peur ne pouvait plus que le traiter d'idiot.

    « Tu n'es qu'un idiot, Peterson ! Un simple idiot. Je t'interdis à présent de chercher à interpréter ne serait-ce qu'un de mes bâillements même si c'est pour le traduire en fatigue. Tu as compris ? Ça t'est dorénavant interdit ! »


Elle se déplaça sur les quelques centimètres de draps qui les séparait, moins assurée qu'elle avait pu le paraître. Les yeux emplis d'une douceur extrême et indescriptible, elle rétablit le contact entre leurs deux corps. Et, n'obligeant en rien Thybalt à bouger de peur d'être à nouveau confrontée à un malentendu, de le gêner plus encore, elle posa lentement sa tête sur son épaule après s'être installée à côté de lui et parla, lorsqu'elle le put, avec calme et lenteur. Cette fois-ci, chacun des mots qui franchissaient ses lèvres avaient été réfléchis, choisis et approuvés.

    « Alors maintenant, si tu voulais bien te fier à mes mots et ne pas croire à une pensée différente et sous-jacente... , elle attendit un signe lui indiquant qu'il était prêt à tout prendre dans le sens qu'elle lui demandait avant de continuer Si tu pars, claquant la porte ou pas, tu m'arraches à moi. Et ce n'est pas seulement une partie de moi qui te suivrait mais tout ce que j'ai à donner. Enfin, pas besoin de restriction, tout s'évanouirait dans l'ombre de tes pas. Je ne sais pas depuis quand c'est ainsi, je ne suis pas de ceux qui parlent , sa voix trembla un peu assortie d'un doux sourire qui venait quelque peu briser le sérieux ambiant, de coup de foudre mais je peux te parler d'aujourd'hui. Et si à cet instant je reculais encore, ce serait, comme avant, pour que tu me prennes dans tes bras et me dise de ne pas trembler ainsi de peur. Parce que j'ai peur, sombre crétin, et que tu ne facilites pas les choses à mon pauvre cœur en t'obstinant à comprendre le contraire de ce que je te dis. »

Elle demeura dans l'expectative complète, immobile. Elle savait la différence qui existait entre celui qu'elle venait de désigner maladroitement comme celui qu'elle aimait et la jeune fille qu'elle était. Étrangement, ce qui la faisait alors trembler n'était autre que son inexpéience. Son esprit semblait se concentrer sur les détails pour oublier ces doutes qui ne demandaient qu'a être balayés d'un revers de main. Se demandant tout de même si elle n'avait pas rêvé ou, à son tours, mal compris.

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Ven 13 Fév - 2:21

« Ne pas se pencher au dehors. Cela est en effet si dangereux, pour
ceux qui se sont assis dans la vie et dans leur tête, qu'un fauteuil a
poussé à l'intérieur de leur corps, auquel il sert de structure et de
squelette. »

Tristan Tzara.


Trop tard.
Aurait-il un jour cru qu'il aurait pu apposer ces deux petits mots à la relation qu'il entretenait avec Agathe ? Mais les mots fuyaient déjà le carcan chaleureux de sa bouche, entrechoqués sur ses dents et déjà la langue claquait furieusement des sentiments qu'il aurait cru ne jamais avoir à dévoiler, à dénuder aussi vite après en avoir découvert l'existence... Mais c'était trop tard, une fois qu'il avait commencé à parler, il n'avait pu s'arrêter, expirant ses maux tout en en exposant d'autres. Il ne pouvait la voir et pourtant ses traits étaient gravés au fer rouge sur ses paupières. Sans la toucher, il sentait la soie de sa peau sur la sienne et son odeur, son odeur... il se serait damné pour trois fois rien, trois fois rien d'elle.
Alors il avait fallu tout dire, tout avouer, sentant sa petitesse, sentant son mépris le jauger d'un œil torve et puis, lui laisser le choix, la supplier dans ses tournures de le mettre dehors, de le traiter sans pitié si elle ne partageait pas ses aveux. Qu'elle ne le ménage pas, qu'elle l'achève, lui inflige le coup de grâce sans bruit, sans éclats, d'un mot, d'un geste mais par pitié qu'elle le fasse vite ! Car le voile du désespoir avait rattrapé le jeune homme, l'enveloppant de son linceul, y cueillant tout ses possibles...

    « Tu n'es qu'un idiot, Peterson ! Un simple idiot. Je t'interdis à présent de chercher à interpréter ne serait-ce qu'un de mes bâillements même si c'est pour le traduire en fatigue. Tu as compris ? Ça t'est dorénavant interdit ! »
Un simple idiot. C'était vrai. Le jeune homme courba la tête sous l'insulte. La lassitude figeait ses membres, gelait son sang dans ses veines mais ne pouvait empêcher le torrent de ses pensées de s'écouler, lascivement, indifférent à la douleur qui lui étreignait le coeur. Un simple idiot. C'était vrai. L'idiotie par plaquettes, l'idiotie par globules, l'idiotie par oxygène, l'idiotie dans chaque parcelle de sa peau, l'idiotie résumait son Être. Peut-être n'était-ce qu'idiotie de croire qu'un seul instant, elle, son ange de perfection, aurait pu répondre un seul instant à ses sentiments si haïssables. Un simple idiot. C'était vrai. Qui d'autre qu'un simple idiot aurait mis des années à comprendre l'évidence ? A prendre pour de l'amour fraternel ce qui n'était qu'une passion dévorante dont il plaçait l'esthète comme une épée de Damoclès au dessus des têtes de chacune qui espérait obtenir son coeur, sans même se douter qu'il était à laisser et non à prendre...

Il détendit ses jambes en la sentant bouger avant même de l'entendre, de la voir et un instant il craignit qu'elle ne s'éloigne de lui, s'apprêtant presque inconsciemment à la retenir à lui, malgré ses belles paroles mais non, elle venait là, auprès de lui, appuyer sa tête sur son épaule et le jeune homme put commencer à se détendre, recommencer à respirer normalement et non par hoquets difficiles. Il se tut mais ne resta pas sans réaction lorsqu'elle commença à parler, sa main chercha simplement celle d'Agathe pour s'y lier, déposant leurs destins liés sur la cuisse de la jeune femme.

    « Alors maintenant, si tu voulais bien te fier à mes mots et ne pas croire à une pensée différente et sous-jacente... ,elle attendit un signe lui indiquant qu'il était prêt à tout prendre dans le sens qu'elle lui demandait avant de continuer Si tu pars, claquant la porte ou pas, tu m'arraches à moi. Et ce n'est pas seulement une partie de moi qui te suivrait mais tout ce que j'ai à donner. Enfin, pas besoin de restriction, tout s'évanouirait dans l'ombre de tes pas. Je ne sais pas depuis quand c'est ainsi, je ne suis pas de ceux qui parlent ,sa voix trembla un peu assortie d'un doux sourire qui venait quelque peu briser le sérieux ambiant,de coup de foudre mais je peux te parler d'aujourd'hui. Et si à cet instant je reculais encore, ce serait, comme avant, pour que tu me prennes dans tes bras et me dise de ne pas trembler ainsi de peur. Parce que j'ai peur, sombre crétin, et que tu ne facilites pas les choses à mon pauvre cœur en t'obstinant à comprendre le contraire de ce que je te dis. »
Thybalt en resta muet, ne sachant que dire, que faire, sentant son coeur battre si violemment qu'il semblait vouloir s'extirper de sa cage thoracique pour venir s'offrir littéralement à la jeune femme qui venait de lui confier, certes d'une manière aussi alambiquée que possible mais qui lui ressemblait après tout en tout point, ses doutes et ses peurs les plus intimes et puis la douceur envahit ses yeux alors qu'il tentait de cacher son sourire naissant en tournant légèrement la tête vers elle, sa main quitta la sienne pour que son bras puisse l'entourer et il déposa un léger baiser dans ses cheveux.

« Tu as fini de m'insulter ? Sinon je vais devoir... te faire taire. » souffla-t-il, amusé d'avance.

Mais la patience n'avait jamais compté parmi ses vertus et à peine entrouvrit-elle les lèvres que le jeune homme pencha la tête et joignit leurs lèvres, scellant leur promesse dans cette chambre. Sa main libre glissa sur sa joue, caressante tandis qu'il tentait de ne pas trop peser sur elle, ne voulant pas qu'elle se sente oppresser. Et lorsque le baiser prit fin, laissant un feu d'artifices aux allures de bouquet final prendre possession dans son bas-ventre, à demi en suspension au dessus d'elle grâce à son autre main qui était venue derrière Agathe s'appuyer contre le matelas, il apposa leurs fronts et sourit simplement.

« Tu ne recules plus maintenant ? »
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Ven 13 Fév - 4:11

Dans une étrange alchimie dont la formule lui était encore inconnue, le plomb qui emplissait l'estomac d'Agathe se transforma en bulles de légèreté qui, remontant, figeaient un impérissable sourire sur ses lèvres. Le soulagement s'abattant sur l'atmosphère fut tel qu'elle faillit en pleurer ; ce qu'elle aurait fait si elle n'avait pas eu autant peur de donner lieu à un autre malheureux malentendu qui aurait à nouveau souligné leurs sombres hésitations. Qui plus est, devoir préciser que les larmes s'échappant étaient dues au bonheur aurait fait fuir ce dernier. Devait-elle vraiment lui dire ? Lui dire qu'elle éprouvait alors la liberté d'un condamné égaré par erreur dans le couloir de la mort que l'on venait soudain de gracier. Et c'était comme si les lèvres de Thybalt voluptueusement déposées sur sa chevelure venaient de confirmer sa liberté, de littéralement lui sauver la vie. Enfin. Que serait-elle devenue, elle qui se retrouvait à peine, si elle l'avait à nouveau vu disparaître dans les ombrages de leurs aveux retenus ? Aurait-elle reprit cette chute qui la transformait de jour en jour en fantôme incolore arpentant les salles du château ou aurait-elle, comme une jeune fille de Serpentard peu de temps avant, chuté des tours dans une inadvertance toute préméditée ? Elle n'en avait pas la moindre idée et, sans qu'elle ne trouve rien à redire, le chapitre semblait se clore dans l'ignorance. Elle n'aurait pas à affronter la question de plus près.

    « Tu as fini de m'insulter ? Sinon je vais devoir... te faire taire. »

Des protestations. Des protestations pour trois petits idiots et un léger crétin semés dans son discours par la Peur et ses petites Frayeurs ? Si c'était là tout ce qu'il voulait bien retenir d'un discours qui avait demandé le rassemblement des derniers grains de courage qui l'habitaient, c'était du joli. Elle s'était tout de même attendue à mieux de sa part, elle allait le lui souligner comme il se devait. Et même s'il ne s'agissait que d'un acte de provocation édulcoré et parfaitement identifié par les deux partis, il ne fallait pas compter sur le silence de la jeune fille. Elle parlerait certes sans croire ses paroles, avec une légèreté non maîtrisée mais elle parlerait. Un déferlement de mots doux ne suffisait pas à la faire taire, encore moins suivi d'une invitation présentant des éclats si attrayants. Qu'il y trouve son compte ou qu'il le regrette, l'ancienne Agathe venait craqueler l'enveloppe de la nouvelle qui l'avait si longtemps étouffée dans une rétention de sentiments, mots et autres actions savamment élaborée. Elle allait lui dire qu'il allait devoir en arriver à de telle extrémité n'étant en aucun cas prête à refuser un de ces contacts qui affolaient ses sens. Elle allait...

Adieu tendres répliques avortées, vous n'aurez pas eu le temps d'être évoquées. En l'espace d'un souffle, Agathe oublia l'ensemble de ses résolutions jugées tout à coup bien trop hâtives. Elle en convenait : elles étaient bien trop inutiles pour occuper même la plus petite place en elle à ce moment-là. Ainsi, si des syllabes alignées même dans un ordre des plus plaisants avaient échoué à la faire taire, les actes savaient se montrer bien plus convaincants. Vraiment plus convaincants. Leurs lèvres ainsi réunies effacèrent avec négligence tout signe d'une rébellion d'avance contenue. Quant aux doigts qui enflammaient alors sa joue, ils venaient apposer leur sceau sur cette soudaine docilité. C'est à peine si un murmure de protestation ne naquit pas de ses lèvres lorsque l'instant s'acheva. Elle était alors trop occupée à remarquer qu'elle avait bougé - en fait, été bougée - sans presque s'en rendre compte. Mais même là, même plus proches et même si elle n'allait pas l'avouer par des mots clairement prononcés, elle le trouvait encore bien trop éloigné.

    « Tu ne recules plus maintenant ? »

Il parlait de reculer alors que son cœur à elle, loin d'avoir adopté la marche arrière, se délectait dans ses brusques accélérations. Le compteur lui-même n'arrivait plus à suivre ces emballements. Et même s'il pouvait deviner les sensations qui l'envahissaient et mobilisaient tout son être, Thybalt ne pourrait jamais estimer réellement toute l'absurdité de sa réflexion. Dans les tympans d'Agathe venaient se perdre les échos de ces milliers de ratés qu'elle frôlait et jamais il ne les entendrait. A moins peut-être de venir déposer sa tête sur la poitrine affolée de la gryffondor ce qui aurait sans nul doute déclenché une autre des salves du palpitant menaçant de l'achever. Elle, elle n'en était pas tellement perturbée, anesthésiée par la surcharge en sensations. Alors il lui fallut quelques secondes passées à laisser son regard glisser sur Thybalt. Thybalt qui était devenu le centre d'un monde soudain marqué par le vide ; la vie qui suivait son court derrière les rideaux qui les entouraient n'avaient plus rien d'intéressant pour elle, elle en avait oublié jusqu'à son existence. Quelques secondes et elle reprit un contrôle suffisant, soufflant à son cœur de calmer ses ardeurs. Elle composa la mine la plus hésitante et naïve dont elle était capable mais ses yeux rieurs venaient perturber le tableau pour enfin répondre.

    « Sincèrement, je devrais ? ... Est-ce que je dois avoir peur de toi ? »

Elle s'allongea finalement, interdisant alors tout autre recul, avant même d'avoir entendu la réponse sachant qu'elle ne s'éloignerait plus en aucun cas. Maintenant, il pourrait même la rejeter de toutes ses forces, ses frêles bras chercheraient à s'accrocher même si une telle résistance n'aurait aucun sens tant elle serait vaine. Cependant elle ne pourrait encore supporter l'éloignement, de n'importe quelle distance qu'il soit. Ainsi, sa main libérée put aller jouer avec les cheveux du bleu et bronze, rapprochant à nouveau leurs deux visages et faisant de même avec leurs corps. Ses lèvres retrouvèrent alors seules ce chemin qu'elles ne se lasseraient jamais de parcourir. Hésitantes, elles donnèrent à nouveau naissance à l'une de ces explosions qui avait bouleversé tout son organisme alors que sa deuxième main rejoignait sa jumelle. Le plus doux cataclysme qu'elle connaissait.

[je suis morte, t'auras même pas les couleurs pour l'instant]

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Ven 13 Fév - 23:56

« Combien de fois abandonnons-nous notre chemin, attirés par l'éclat trompeur du chemin d'à côté ? »
Paul Coelho.


Qu'aurait-il fait si elle ne l'avait pas retenu, renvoyé aussi brutalement à la vie, à une vie dont il ne pensait plus jamais entrevoir ni les couleurs ni la chaleur dévorante ? Le sauverait-elle si patiemment de lui-même ? Lui, qui sous son regard, éprouvait de si violents tourments qu'il avait si longuement tus, ne voulant ni les voir, ni les entendre. Une fois la digue libérée, ne prendrait-il pas peur devant des émotions qui malmenaient son être comme aucune ne l'avait fait ? Il était si facile de douter quand ses yeux n'étaient pas rivés dans les siens, quand leurs peaux ne s'étaient encore trouvées pour réclamer leur dû. Depuis combien de temps s'appartenaient-ils sans même en avoir conscience ?

Frappé par un maelström d'envies qui lui étaient majoritairement inconnues, en dévisageant son beau visage, son visage si harmonieux, qu'il ne pouvait se lasser d'effleurer, redécouvrant avec émerveillement une infinité de troubles et de sensations quelque soit le nombre de fois qu'il eut déjà effectué ce geste, Thybalt se sentit curieusement perdre pied. Terre demeurée inconnue en dépit de ses efforts, ce simple état de fait aurait suffi à le rassurer s'il avait été en pleine possession de ses moyens mais comme à chaque fois qu'il la touchait, il ne savait plus comment penser, il n'aurait su répondre à la plus simple question, sonné par leur proximité qui n'était pourtant jamais assez. Son exigence, vis-à-vis d'elle, le terrifia l'espace d'une seconde. Saurait-il jamais se satisfaire de ce qui paraissait si peu lorsqu'ils étaient ensemble et revêtirait un tout autre aspect lorsqu'il ne pouvait que se raccrocher à des souvenirs aux embaumes capiteuses ? Tout à leur propos était excessif, elle était l'Excès qui ne connaissait nulle exception, que cela soit sur le fil envenimé de leurs disputes futiles ou sur le tranchant de leur paresseux bonheur.


« Sincèrement, je devrais ? ... Est-ce que je dois avoir peur de toi ? »

Son coeur manqua un battement et ses doigts se figèrent sur sa joue. Elle plaisantait, bien sûr qu'elle plaisantait mais dans sa tête, les mots prenaient une toute autre tournure. Devait-elle avoir peur de lui ? La question si innocente aurait dû accueillir un refus véhément mais le jeune homme n'aurait été sûr de sa conviction quant à sa réponse alors il ne sut quoi répondre puisque la deuxième réponse, la plus insidieuse aurait été affirmative. Bien sûr qu'elle ferait mieux d'avoir peur de lui, bien sûr qu'elle aurait mieux fait de le fuir à l'instant même où il lui avait avoué ses sentiments au lieu d'y répondre, au lieu de se condamner à une sentence plus doucereuse. Il en était fou mais saurait-il être l'homme d'une seule, lui si habitué à en avoir plusieurs à son bras, si joueur au point de préférer brûler tout plutôt que de se coucher à temps ? N'y avait-il pas quelque chose de brisé en lui qui, bien que désirant avec force le bonheur, ne le poussait pas à prendre la fuite dès qu'il devenait trop présent par peur que ce bonheur même ne s'effondre ? Une manière de garder le contrôle en somme... Mais était-ce là tout ce qui lui posait véritablement problème ? Le fait d'être avec elle, allongé sur elle, dans une chambre vide alors qu'il était déjà si peu vêtu n'était-ce pas en lui-même une preuve de son masochisme ? Son sadisme n'était certes plus à prouver comme pouvaient en témoigner bon nombre de demoiselles aux yeux rougis par sa faute, mais était-il suffisamment fort pour freiner la tentation que lui imposait sans le savoir la rouge et or ?

Ses hésitations, ses erreurs, ses jugements quant à son être méprisable, tout s'envola lorsqu'elle lia de nouveau leurs lèvres, étouffant toute protestation illusoire, les emportant de nouveau dans leur tourbillon sans la moindre merci pour le coeur affolé du jeune homme, rendant sa torture encore plus délicieuse. Son corps n'était que Désir, bise brûlante sur un désert blanc tandis qu'il approfondissait le baiser, portant ses mains à son cou. Ses pensées se pressèrent dans son esprit et puis finir par ne devenir qu'un flot entraînant dont il se moquait éperdument, ne sentant qu'elle, elle, ses mains, sa peau, sa bouche. La Folie l'étreignait furieusement, suivant de sa course l'impétueux Désir, laissant au bord de la route la curieuse Raison qui ne savait dorénavant plus où donner de la tête.

Puis il s'arracha au baiser, y mettant fin, le souffle court avant d'enfouir son visage au creux de son cou, les yeux clos, se perdant dans l'odeur de la jeune femme, tandis qu'une de ses mains jouait avec ses cheveux, avant d'étouffer un soupir plaintif tandis qu'il se retenait tant bien que mal d'agir en gentleman.

« Je ne me fais pas confiance quand il s'agit de toi... »

Son murmure semblait répondre en écho à la question qu'elle lui avait posé quelques minutes plus tôt avant de faire taire ses résistances. Thybalt sentait que la nuit serait longue s'il avait à rester sage mais presser Agathe lui semblait innommable tant l'idée l'horrifiait. Si seulement... si seulement, elle pouvait éviter de se presser contre lui de cette manière, de l'assommer presque à chaque baiser, lui faisant tout oublier. Peu importait s'il oubliait son nom, le sien, leur passé, le lieu où ils se trouvaient. Il y avait une chose, une seule qu'il ne se permettait pas d'oublier. Agathe n'était pas n'importe quelle fille. Alors il attendrait, dusse-t-il compter son attente en mois ou en années, il n'avait qu'une certitude. Il attendrait. Agathe était de celles qui comptent, qui marquent tant l'âme que les draps alors oui, ses désirs, ses désirs à elle seraient des ordres mais pas les siens, jamais les siens.
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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Dim 15 Fév - 17:00

    [FLASHBACK]

    Thybalt - « Tada ! »
    Agathe - « C'est un balai Thybalt. Tu m'as amenée ici pour voir un balai. »

    Agathe était stupéfaite. Il l'avait vraiment traînée jusqu'ici pour observer un stupide ramassis de brindilles au prix bien trop élevé ? Vraiment, alors qu'elle s'était moquée à tant de reprises de ces idiots qui s'amusaient à virevolter dans les airs en se jetant de balles dessus ? En rentrant à Poudlard, elle avait découvert pire que le football et le rugby dont elle pensait être débarrassée et il semblait si heureux à son tour de tomber dans ce stupide jeu...

    Thybalt - « Erreur. Ce n'est pas un simple balai, c'est... »

    Elle l'entendit à peine, préférant rejoindre la sortie tellement cette blague l'irritait. Qu'attendait-il ? Des applaudissements ? Qu'elle dirige son fan club durant chaque match ? Ca commençait déjà mal. Le Quidditch et le fan club ne l'aimait pas et il ne s'agissait là que d'une haine qui était partagée. A coup sûr, Thybalt avait dû tomber de son balai et se faire une bonne bosse à la tête. Agathe savait à quel point ce sport était dangereux. Oui, elle savait bien. Et voilà qu'il venait maintenant lui barrer le chemin chevauchant sa nouvelle acquisition ; Agathe en leva les yeux au ciel manquant de s'étouffer lorsqu'il lui confirma ce qu'elle redoutait : il voulait vraiment rentrer dans l'équipe des Serdaigle. Et pourquoi ne pas en être le capitaine aussi ?!

    Thybalt - « C'est avec ce balai que je vais rentrer dans l'équipe et un jour gagner la Coupe. »
    Agathe - « Bah voyons. Tu n'es même pas supposé avoir un balai. »
    Thybalt - « J'y arriverais. Tu verras ! »
    Agathe - « ... »
    Thybalt - « Monte ! »
    Agathe - « ... Non je n'ai pas envie. »
    Thybalt - « Rho allez, mademoiselle chochotte. Pour me faire plaisir ? »

    Penser que la qualifier de chochotte allait la décider à monter sur son truc, c'était se fourrer le doigt dans l'œil jusqu'au coude et chercher à aller plus loin. Depuis qu'Agathe savait qu'elle ne pouvait que tomber une fois qu'elle avait dépassé les un mètre d'altitude, elle fuyait les balais comme la peste. Pas question de monter sur un balai et de déclencher un accident impliquant en plus une tierce personne. Pas question d'en parler au garçon aux yeux rieurs non plus. Et, bien sûr, pas question de se laisser avoir et de renoncer à ses "convictions".

    Agathe - « Thybalt, tu sais très bien ce que je pense de ce genre de sport. C'est stupide et ennuyeux. »
    Thybalt - « C'est impossible de ne pas aimer le Quidditch ou de ne pas s'y intéresser un tant soit peu ! Allez, monte ! »
    Agathe - « Thybalt... »
    Thybalt - « Arrête de soupirer mon prénom. J'vais pas te laisser tomber, tu serais invivable après ça. Tu as confiance en moi oui ou non ? »

    Voilà qu'il en venait aux sentiments. Évidemment qu'elle avait confiance en lui, il s'agissait certainement d'une des rares personnes sur lesquelles elle comptait réellement mais de là à le suivre dans les airs... Néanmoins, à bien y réfléchir, si elle ne se laissait pas emporter par lui, qui est-ce qu'elle suivrait ? Là s'arrêtèrent ses questions et elle se résigna dans un soupir qui l'amena bien plus haut qu'elle ne l'aurait cru. Voler n'était pas si désagréable avec Thybalt. Oui, ça lui plaisait bien. Mais bon, cela, ce n'est pas d'Agathe qu'on le tirerait.

    [/FLASHBACK]

    « Je ne me fais pas confiance quand il s'agit de toi... »


Le sourire de Thybalt ne résonnait plus dans sa voix alors qu'il venait soupirer contre sa nuque ; et le sombre écho vint frapper Agathe au cœur. Un instant, elle vacilla. toujours Ses peurs de le voir disparaître le lendemain n'avaient cessé de la hanter portant à ses côtés la crainte d'être si proche, de le toucher pour se rendre finalement compte qu'il ne s'agit que d'un mirage voué à s'enfuir sans considération aucune. Oui, elle avait toujours cette frayeur collée à elle mais elle ne pourrait plus jamais reculer tant Thybalt comptait. Elle aurait alors voulu chercher dans les yeux de ce dernier une promesse frappée du sceau de l'éternité mais la folie d'une telle idée se dessinait sans aide lui promettant une compagnie sous les traits de la souffrance. Il n'y a de tels moments que dans des contes perdus qu'on oublie peu à peu de raconter aux enfants. Qui plus est, elle n'osait s'autoriser à douter sous la profondeur troublante de son regard sentant que le martyr ne serait peut-être finalement celle qu'on croit, craignant pour deux. Pour elle, au final, si on minimisait les dommages collatéraux, il n'y aurait pas de problème. Elle, elle en traverserait des contrées étranges, inconnues et dévorantes tant qu'il lui tiendrait la main. Seulement, elle pensait qu'il serait tellement plus agréable de savoir ce qui viendrait ainsi les faire trébucher. Le doute ne pouvait pas s'évaporer, simplement être dissimulé.

    « Explique-toi, Thybalt. Dis-moi, s'il te plaît. »


Elle aurait aimé lui murmurer qu'elle pouvait donc faire confiance pour deux mais, malgré tout l'amour que l'on pouvait mobiliser en elle, il y avait des mensonges qu'elle ne pouvait lâcher avec autant d'aisance. Elle n'était pas de ce genre là, elle n'avait jamais été une menteuse avertie n'en éprouvant jamais le besoin et si elle avait réussi à nier en bloc quelque chose d'aussi net que son indubitable attirance pour Thybalt c'est que, pour elle-même, cela n'avait jusqu'alors existé comme une vérité certifiée et acceptée. Elle ne le découvrait qu'à peine et, encore, elle ignorait comment elle l'annoncerait à ses amis et ne pouvait que prévoir leurs "Ah ouais, c'est vrai ?! On l'aurait pas cru, dis donc... "et autre moqueries à l'odeur de victoire. Elle répugnait déjà à cette idée qu'elle chassa vite notant au passage de demander au serdaigle de les laisser comprendre seuls. Voilà, ça irait comme ça mais le moment n'était alors pas approprié.

Elle attrapa gentiment la main qui jouait avec ses cheveux pour la ramener contre sa joue où elle ne la lâcha pas. Elle appréciait plus que tout la multiplication de ces contacts se produisant au gré des envies. C'était étourdissant et elle avait l'impression qu'elle avait l'impression que plus jamais elle ne pourrait se passer. Ainsi, lorsqu'il avait rompu le baiser, ses lèvres avaient cherché encore pendant quelques secondes leurs homologues avant de se résigner sans pour autant se désigner comme étant rassasiées. Et la peau qui recouvrait sa nuque, particulièrement sensible, avait réagit de manière à faire frissonner l'ensemble de son corps lorsqu'elle avait ressenti le souffle sous les paroles du bleu et bronze. La jeune fille découvrait peu à peu. Il s'agissait là de l'apparition de toute une ribambelle de pensées et d'instincts nouveaux qui naissaient de ses entrailles. Étonnant et presque dérangeant, assez pour faire monter le rouge aux joues d'Agathe lorsque c'était à Thybalt qu'elle pensait, lorsqu'elle se demandait ce que cette soyeuse brûlure deviendrait une fois tout obstacle de tissu retiré.

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Sam 28 Fév - 23:26

« C'est nous inspirer presque un désir de pécher,
Que montrer tant de soins de nous en empêcher. »
Molière.



    « Explique-toi, Thybalt. Dis-moi, s'il te plaît. »

Combien de fois n'avait-il pas déjà entendu ces mots par le passé ? Tantôt sur un ton las, presque désabusé, tantôt sur un ton frôlant l'hystérie et parfois, parfois simplement plaintif comme l'était le sien cette nuit... Des mots qu'il ne connaissait que trop bien et où il se sortait soit d'une parade, soit en tirant sa révérence un peu vite mais toujours de manière cruelle, cherchant à rappeler de cette manière, qu'il n'avait de compte à rendre à personne et surtout pas à la personne qui lui en demandait.
Tout aussi préparé qu'il l'était à ces mots, à leur apparition furtive un jour où l'autre aux bouts des lèvres qu'il savait si bien faire taire, le Serdaigle fut surpris d'éprouver une culpabilité mordante, comme un enfant pris sur le fait. Comme si d'avouer sa faute, ne l'en rendrait que plus coupable et donc impardonnable...

Et pourtant... S’expliquer. Lui dire. Ses demandes étaient donc si simples ? Apposées l’une à l’autre ainsi, sur le papier, Thybalt aurait pu les déchiffrer pensivement puis esquisser un sourire tenant lieu de grimace en mesurant la difficulté à traduire par des mots simples ce que lui-même redécouvrait à chaque frôlement. Par où commencer ? Par où finir ? Quels mots définiraient le plus exactement la peur intangible qui le liait plus à son matelas qu’à elle, qui rendait le moindre de ses mouvements précautionneux ? S’il avait voulu mentir par omission, il aurait dit ne pas vouloir la brusquer, connaissant son inexpérience dans le domaine. Mais il ne s’agissait pas que de cela et bien qu’il taise l’effarement indicible qui comprimait sa poitrine à chaque fois qu’une émotion prenait le pas sur une autre, il ne savait plus lui mentir, n’étant que trop conscient de la situation. Sous ses airs candides, en s’appuyant ainsi sur lui, elle le torturait. Délicieusement, innocemment, horriblement. Pour quels autres yeux mordorés aurait-il retenu ainsi l’envie qui courait dans ses veines ? La réponse était aussi aisée que la question facile, aucun puisqu’aucune ne le soumettait à des pulsions aussi terrifiantes. Devoir toujours se contrôler en sa présence pouvait s’apparenter à du masochisme mais devoir être sans elle était inimaginable, pire une aberration.

Elle saisit sa main pour la plaquer contre sa joue et les yeux du jeune homme suivirent alors que leurs mains se liaient encore une fois, le souffle coupé par l’intensité toujours renouvelée au moindre de leurs contacts. Pourrait-il jamais s’habituer aux inclinaisons erratiques de son cœur rien qu’en effleurant sa peau ? A chaque seconde que leurs peaux passaient l’une sans l’autre, serait-il une fois de plus estourbi par la puissance de son attirance pour elle ? Viendrait-il un jour où la soif qu’il avait d’elle se tarirait ? Serait-ce l’ennui qui viendrait s’immiscer petit à petit ou bien se réveillerait-il un matin soudainement vide, brutalement lassé, sans trop savoir pourquoi ? Les inquiétudes couvaient sous les paumes fiévreuses du jeune homme sans qu’il en ait conscience, oubliant tout à l’instant où leurs corps se trouvaient, comme si l’avenir ne pouvait exister en dehors de ce lit.

Un huit-clos. L’intensité de leurs désirs exacerbés dans des allures de boudoir. Si la raison avait encore eu son mot à dire, peut-être aurait-elle hurlée qu’il ferait mieux de fuir, mieux de prendre ses jambes à son cou, ses affaires dans une main, son cœur dans l’autre et ne s’arrêter que lorsque son corps ne le lâcherait enfin lui aussi, au bord du chemin. Cependant fuir imposait la fuir et tout son être considérait comme une abomination l’idée d’être séparée d’elle si cela n’était pas nécessaire. Mais il était là, il était là, sourd à la raison qui n'avait de lui qu'une maitrise imparfaite de son désir et plus important, plus vital, elle l’était aussi et attendait une réponse qui ne venait pas, qu’il ne savait ni débuter, ni finir. Alors il entrouvrit les lèvres, perdant son regard dans leurs doigts entrelacées, s’amusant à faire mine de quitter sa main pour mieux la retrouver.


    « Ta peau me brûle. Mais ce n’est pas quelque chose… de désagréable. Au contraire, c’est très agréable, peut-être un peu trop. A chaque inspiration, je sens ton parfum et ça déclenche en moi… des émotions que je méconnais. Je me perds en toi et c’est… délicieux. Mais tu n’imagines pas en contrepartie quel supplice c’est d’être là, avec toi, de te sentir mouvoir contre moi et de me contrôler pour qu’aucun de mes gestes ne soit déplacé… » murmura-t-il tout en posant sa main libre au creux des reins de la jeune femme pour l’empêcher de se relever. « C’est étourdissant tant et si bien qu’un simple geste, un simple frôlement malencontreux, de ta part comme de la mienne, une simple seconde d’inattention suffirait. Et c’est… terrifiant mais aussi… fascinant à quel point mes envies s’accordent aussi rapidement et aussi violemment. Alors oui, je ne me fais pas confiance parce qu’en cet instant et comme jamais auparavant… J’ai envie de toi. »

Un léger soupir quitta ses lèvres alors qu’il demeurait immobile, préférant une douloureuse rigidité plutôt que de constater avec émerveillement à quel point même vêtus, leurs corps s’épousaient parfaitement. Etait-ce une question de temps avant qu’il ne perde le contrôle de son corps mû par une volonté qui l’asservissait sans qu’il puisse la repousser complètement ? Avec le temps, il apprendrait à mesurer, canaliser son envie d’elle, c’était une certitude mais cela n’apaiserait pas la douleur qu’il ressentait à l’idée de se priver de la caresse de sa peau nue contre la sienne. Toutefois, c’était une pénitence qu’il estimait justifiée, purifiant son corps des souillures dans lesquelles il avait cru tant de fois accueillir la jouissance alors qu’Agathe, de ses doigts courants sur sa peau, de ses mains le retenant à elle, de son souffle chaud perdu, bouleversait furieusement son corps et son esprit dans des gestes tout en retenue. Alors quelle importance s’il se perdait en elle, tant qu’ils se retrouvaient ? Mais chaque moment le rapprochait de son animalité alors qu'il n'aspirait qu'à devenir un meilleur homme en sa présence et bien que dorénavant muets, ses derniers mots lui demandaient une assurance que lui ne possédait plus.

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MessageSujet: Re: Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? [Loulou (L)]   Mar 3 Mar - 23:57

Sans qu'aucun froid ne vienne perturber ses sens, Agathe frissonna sous un mélange aux nouveaux délices qui venait claquer sous son palais. Chaque seconde, chaque inspiration, semblait être une découverte renouvelée ; étourdissante. Sur le sommier, à l'horizontale et avant même que quelque chose ne se soit passé, elle perdait pied. Son cerveau avait déposé les armes a ses pieds depuis de bien courtes minutes, ces voix qui s'insinuaient parfois dans les méandres de ses pensées se retrouvaient bloquées dans un mutisme à la légèreté insoupçonné, ne trouvant même plus des mots justifiant leurs intervention, et Dame Conscience, quant à elle, menaçait de déposer les clés sous la porte ce qui était bien la seule chose que la rouge et or pouvait redouter. Et dans ce magnifique capharnaüm intérieur, Agathe se sentait flotter à la manière de celle-ci qui, s'étant précipitée dans un terrier chimérique, explora les airs dans une douce descente vers les Merveilles. Merveilles ; le mot-même ne semblait pas en dire assez. Voilà que le bleu allait l'obliger à effectuer un changement radical de vocabulaire.

    « Ta peau me brûle. Mais ce n’est pas quelque chose… de désagréable. Au contraire, c’est très agréable, peut-être un peu trop. A chaque inspiration, je sens ton parfum et ça déclenche en moi… des émotions que je méconnais. Je me perds en toi et c’est… délicieux. Mais tu n’imagines pas en contrepartie quel supplice c’est d’être là, avec toi, de te sentir mouvoir contre moi et de me contrôler pour qu’aucun de mes gestes ne soit déplacé… » murmura-t-il tout en posant sa main libre au creux des reins de la jeune femme pour l’empêcher de se relever. « C’est étourdissant tant et si bien qu’un simple geste, un simple frôlement malencontreux, de ta part comme de la mienne, une simple seconde d’inattention suffirait. Et c’est… terrifiant mais aussi… fascinant à quel point mes envies s’accordent aussi rapidement et aussi violemment. Alors oui, je ne me fais pas confiance parce qu’en cet instant et comme jamais auparavant… J’ai envie de toi. »


Peut-être était-ce le contact sans cesse renouvelé de leurs doigts qui lui donnait le tournis, ou peut-être était-ce la symphonie de sa voix qui la distrayait du message qu'elle tentait de faire passer, peut-être encore tout n'était qu'histoire de parfum, de ce savant mélange qui avait sur elle effet d'enivrement. Quoi qu'il en soit, les mots se perdirent en chemin, partirent dans tous les sens empruntant des chemins bien trop tortueux et ne gardèrent tout au plus qu'une partie de tout ce qu'ils transportaient pourtant avec tant de précaution. Où était passé tous ces efforts déployés par Thybalt pour emballer cette "déclaration" dans des couches et des couches d'un papier bulle si tendrement déclamé ? Il se pouvait que toutes ces attentions n'aient au final que troublé encore plus la jeune fille. Le manque de confiance sagement accumulé venait de se mêler de ce qu'on aurait encore pas su désigner. Histoire d'amour ? Amitié en dérive ? Vague écart ? Elle avait osé un instant ne plus se demander un désespéré "et si demain n'était finalement qu'une réplique d'hier ?". Les si peuvent enfermer bien plus qu'une tour dans un rond de verre...

D'un geste auquel il n'opposa aucune réelle résistance, elle le repoussa et s'assit. Elle n'osait plus le regarder bien que ces yeux la suppliaient de ne plus le quitter. Tout comme son corps qui ne voulait que se rapprocher de lui et envisageait dans des écarts jugés bien entreprenants bien d'autres possibilités c'était éloigné de l'objet de ses désirs, elle agissait en toute contradiction doutant bien qu'elle ne survivrait pas longtemps ainsi. Un seul mouvement de sa part, une parole, un souffle, et elle retomberait irrémédiablement dans ses bras ou devrait y laisser une partie de sa volonté. Elle haïssait alors presque autant qu'elle pouvait aimer cette dépendance, cet état de poupée de chiffon. Peut-être devait-il même la dégoûter dès cet instant pour que tout finisse. Mais même habitée de toute la folie qui lui était donnée, Agathe ne pouvait se résoudre à une telle idée.

    « Bien sûr, je ne suis pas comme toutes ces filles. Je n'appartiens pas à ces chevelures blondes ou brunes toujours bien arrangées qui virevoltent et font tant rêver. C'est ça, ça doit être la coiffure ; ou peut-être ces heures que je passe en moins à me peinturlurer. Je ne saurais sur qu'elle partie rejeter la faute mais sur un moi entier ça sonne plutôt bien. Equitable... Il y a ce quelque chose qui fait que je ne suis pas comme elles, hein ? Moins jolie, moins parfaite. Moins désirable. Est-ce qu'il y a un bocal dans laquelle on enferme celles qui portent l'étiquette "amour platonique" ? Si c'est le cas, je veux qu'on m'y enferme. »


Elle parlait avec un visage qui la situait dans un ailleurs complètement déconnecté, un sourire triste et perdu accroché aux lèvres et le regard toujours aussi fuyant aux ombres repentantes. Elle divaguait un peu préférant combler un vide gêné plutôt que de penser plus loin, ne pensant même pas à rejouer ces mots une dernière fois. Pour être sûre. L'eau salée n'osait monter, déborder et impudiquement effleurer ses joues. Non pas qu'elle en était incapable ; elle s'était laissait allée à de tels épanchements devant Zaren alors Thybalt pourrait bien supporter le même spectacle, représentation saupoudrée d'un pathétisme suranné. Mais à quoi bon pleurer pour un crime commis en toute conscience de cause ? Certainement qu'elle aurait pu s'autoriser à se plonger dans des torrents de larmes tellement il semblait tellement évident qu'elle n'aurait jamais pu passer un tel moment qu'avec Thybalt et qu'il ne pouvait pas être trop tôt après avoir attendu tant de temps. Mais ce n'était pas le moment d'y penser.

Et pourtant, il n'y avait rien. Et pourtant, elle aurait été la mieux placée à l'instant pour comprendre ces brûlures qu'il disait ressentir ; brûlures qu'elle avait remplacées par des déchirures bien douloureuses, elles, comme pour s'adonner à une diversité masochiste. Et pourtant, bien qu'elle n'aurait pas pu prétendre à son tour redécouvrir des contrées qu'elle aurait pourtant cent fois explorées, elle pouvait tout aussi bien parler de son côté de ces surprises sucrées et nouvelles qui s'offraient à elle. Oh, et n'en venons pas à parler de ces lèvres qu'elle ne désirait que retrouver au plus vite quitte à s'infliger elle-même un sort d'amnésie.

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MessageSujet: at   Mer 4 Mar - 1:18

« Une femme pardonne tout, excepté qu'on ne veuille pas d'elle. »
Alfred de Musset.



J'ai envie de toi. Ces quelques mots résonnèrent, ricochèrent, brisèrent violemment le peu d'insouciance qu'il manifestait dès lors quant à leur avenir. Lui qui n'avait jamais su conjuguer qu'au présent, lui qui n'était pas "dans les relations", se retrouvait maintenant à tenter de conjuguer un pronom qu'il n'utilisait plus depuis bien longtemps. Elle et lui, eux, un "nous". Un "nous" de rien de tout, qui aurait pu ne jamais exister mais qui se devinait déjà bien avant qu'ils n'en soient conscients. Ses envies, ses émotions, quand il s'agissait d'elle, il savait qu'il pouvait les décliner au passé, au présent et surtout au futur, sans que cela ne devienne vide de sens. Et lui, qui avait un temps songé à dissocier leurs futurs sans trop y croire, se retrouvait là, son bassin rivé au sien lorsque de sa main, elle l'avait repoussé. Il s'était laissé faire, jeune garçon fautif dans la bataille des Sexes où la défaite avait un goût cuisant.

Il passa ses mains sous sa nuque, contemplant le pourpre, tentant de calmer son corps qui brûlait d'un feu qu'il ne saurait plus jamais apaiser sans la douce brise de ses doigts sur sa peau. Il ne dit mot, cherchant son souffle, sachant pertinemment que si elle choisissait de se lever à toute vitesse du lit et de courir vers la porte, trouvant son comportement répugnant, il ne la retiendrait probablement pas, ne l'attraperait pas par le bras pour l'attirer brutalement à lui et presser ses lèvres contre les siennes, exigeant la satisfaction d'un manque qui ne se comblait pas. Et la porte claquant derrière ses pas serait une gifle, monumentale, sonore, comme on en voit qu'au cinéma mais au lieu de briser un miroir par la violence du choc, pas un bruit ne retentirait alors que son coeur volerait en éclats car les plus grandes violences agissent sans bruit. Et puis... Et puis, elle commença à parler et Thybalt crispa ses doigts sur sa peau alors qu'il croisait les bras, peut-être cherchant encore une fois à retenir son coeur qui voulait s'extirper de sa cage thoracique pour venir se déposer à ses pieds, comme des armes seraient rendues pour signer la trêve. Mais ces paroles, bien que nullement réconfortantes, l'interpelèrent si bien qu'il se releva à demi, appuyé sur un coude, l'observant fixement.


    « Bien sûr, je ne suis pas comme toutes ces filles. Je n'appartiens pas à ces chevelures blondes ou brunes toujours bien arrangées qui virevoltent et font tant rêver. C'est ça, ça doit être la coiffure ; ou peut-être ces heures que je passe en moins à me peinturlurer. Je ne saurais sur qu'elle partie rejeter la faute mais sur un moi entier ça sonne plutôt bien. Equitable... Il y a ce quelque chose qui fait que je ne suis pas comme elles, hein ? Moins jolie, moins parfaite. Moins désirable. Est-ce qu'il y a un bocal dans laquelle on enferme celles qui portent l'étiquette "amour platonique" ? Si c'est le cas, je veux qu'on m'y enferme. »

Un ange passa puis une cohorte d'angelots, avant que le jeune homme n'entrouvre enfin les lèvres pour laisser échapper un rire sonore en se laissant retomber sur le dos. Le grondement de son rire allait et venait comme la mer viendrait mourir contre les rochers et quand il prit fin, il se contenta de se laisser quelques secondes de répit, passant sa main sur son visage avant de le tourner vers elle, grimaçant légèrement.


    « Je suis désolé Agathe. Je n'aurais pas dû rire mais si tu te rendais compte du... ridicule de ce que tu viens de dire. Ah tu en dis des bêtises... Hormis une. Tu n'es effectivement pas comme toutes les autres... »

Il se releva, s'adossa aux montants du lit, ne pouvant dissimuler le sourire tendre qui s'épanouissait sur ses lèvres, ayant parachevé la descente de nervosité du Serdaigle.
Elle était si près de lui et il devait se retenir de la prendre dans ses bras, sachant qu'elle ne pourrait voir son visage si elle y tenait. Elle qui avait toujours su lire dans ses yeux, sur ses traits finement ciselés comme dans un livre ouvert, elle y lirait l'absurdité de son discours. Il détestait avoir à se contrôler et cette délicieuse torture ne venait que de commencer mais il attendrait, attendrait qu'elle veuille de lui comme lui voulait d'elle. Un corps à corps transcendantal, une fusion, n'être enfin plus qu'un, le feu d'artifices dans son bas-ventre qui le tournait en dérision depuis que leurs peaux s'étaient trouvées. Il passa sa main dans ses cheveux, affichant un air penaud alors qu'il s'expliquait enfin.

    « C'est vrai Agathe... Tu passes moins de temps dans la salle de bain que les trois quarts d'entre elles mais qu'est-ce que ça peut faire ? Maquillée ou au naturel, souriante ou triste, drôle ou sérieuse, énervée ou calme, coiffée par tes couvertures ou après des heures de mises en pli, je te trouve belle Agathe... Non, belle, ce n'est pas assez... Tu es... magnifique et c'est même encore un euphémisme... Je te quitte des yeux ne serait-ce qu'une seconde, l'espace d'un clignement de paupières et tu m'éblouis de nouveau. Tu ne cesses de m'éblouir. Que je vienne de te quitter ou que je cours vers toi le lendemain... Tu ne peux pas te dire moins jolie, moins parfaite, moins désirable. Tu les surpasses en tout point, tu les as toujours surpassées...
    Tu n'as donc pas compris ? Tu n'as pas senti ? Ma peau, mon corps... Tout mon être te reconnaît et dépose mon destin à tes pieds sans même me demander mon avis. Je... Je n'avais jamais connu ça, cette dépendance, tant physique que mentale, vis-à-vis de quiconque. Je ne peux pas me passer de toi, tu sais... Certes, tu ne comprends pas toujours, tu es butée, tu me fais tourner parfois en bourrique simplement pour avoir ce que tu veux, tu aurais fais confiance à n'importe qui mais à mes yeux, tes défauts, même les pires, je les aime. Peut-être même plus que tes qualités. J'aime ton humanité Agathe. Tes erreurs, nos erreurs. Alors oui, si on prend des critères extérieurs, tu n'es pas LA jeune femme parfaite. Mais la jeune femme parfaite me lasserait parce que c'est tes imperfections que je préfère et pour moi, cela te rend parfaite... Tu n'es pas non plus moins désirable qu'elles, tu es juste... incomparable. Je n'ai jamais eu autant envie de quelqu'un avant toi. Et je sais qu'il ne s'agit pas de quelque chose de purement physique. Tout, tout ce qui nous relie est excessif mais pas d'une manière péjorative tu vois et puis... et puis...
    »

Il bascula en avant, appuyant ses mains de chaque côté des cuisses de la jeune femme et l'embrassa, longuement. Parfois, les mots ne suffisaient pas, parfois, il valait mieux laisser des gestes parler à sa place. Et lorsque le baiser prit fin, il saisit vivement sa main et la porta à son torse. Posées sur son coeur, leurs deux mains taisaient l'écho retentissant des élancées. Alors il sourit, simplement, penchant la tête sur le côté, s'empêchant de précipiter encore sa bouche à la recherche de la sienne, de céder à la frénésie qui agitait son corps. Ses doigts serrèrent les siens tandis qu'il déclarait le plus naturellement du monde, comme si c'eut été une évidence et pure hérésie que de ne le nier.


    « Tu vois... Il est à toi. Il se fait une telle joie de te retrouver. Il est à toi, Agathe. Ecoutes comme il se débat dans sa cage, comme il meurt de ne pouvoir courir vers toi, comme il rejette violemment toutes tes protestations. Sens comme il frémit. Je suis à toi Agathe. Je l'ai toujours été et je le serais toujours. Comment peux-tu ne pas t'en rendre compte ? Le seul endroit où j'accepterais que l'on t'enferme, c'est avec moi. Pour une éternité, au moins. Jusqu'à ce que te prenne l'envie de me mettre à la porte. »


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