| | Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon | |
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| Auteur | Message |
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Abbey J. Moongate

Age : 18 Inscrit le : 19 Juil 2008 Messages : 14 Age du perso : .>> SIXTEEN YEARS OLD. Côté coeur : Fragile as glass, Born into Emptiness. Humeur : Equal, as always. More of me. Citation: Relations:
 | Sujet: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 17:04 | |
| A B B E Y | J I L L | M O O N G A T E
I. En quelques mots. . .
_. Nom & Prénom(s) :: Moongate, Jill, Abbey. [prononcer : Abby
_. Surnom(s) :: les plus ridicules et les plus farfelus généralement associés à ces deux prénoms – ses amis l’appellent Bee, d’autres Bibi, certains se content parfois même de l’appeler Moon.
_. Âge :: seize printemps, et toutes ses dents...
_. Nationalité :: british, my dear !
_. Maison souhaitée :: pour rester cohérent avec son background, de préférence Serdaigle. L’idée que j’ai d’Abbey la rend trop peureuse, craintive et renfermée pour intégrer Gryffondor, trop égoïste, indifférente et je-m’en-foutiste pour atterrir à Serpentard ou à Poufsouffle.
_. Baguette :: longue de trente-cinq centimètres environ, l’instrument magique d’Abbey est fait d’un bois provenant d’un saule pleureur, et contient un nerf de cœur de dragon.
_. Signe particulier :: avec l'accord de l'équipe administrative, j'aimerai qu'Abbey puisse être Métamorphomage de naissance { je souhaiterai lui attribuer cette faculté par envie, ainsi que pour justifier les fréquents changements de couleur de cheveux du model deviantArt que j'ai choisi pour mon perso }. La provenance de ce don et la principale façon dont il est utilisé par Abbey sont mentionnées dans la fiche un peu plus bas. Pour le cas de sa grand-mère - dont elle a hérité du Don - je demande si vous avez le temps un petit examen de la question afin de solutionner son cas particulier (cf plus bas dans la fiche)
Dernière édition par Abbey J. Moongate le Mer 23 Juil - 2:50, édité 3 fois |
|  | | Abbey J. Moongate

Age : 18 Inscrit le : 19 Juil 2008 Messages : 14 Age du perso : .>> SIXTEEN YEARS OLD. Côté coeur : Fragile as glass, Born into Emptiness. Humeur : Equal, as always. More of me. Citation: Relations:
 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 17:37 | |
| II. RP.
Chapitre I : Basic Instinct.
"Humpty Dumpty est tombé du mur, Humpty Dumpty s'est cassé la figure, tous les chevaux et les soldats du roi, n'ont pu l'aider à se remettre droit... ♪
- Lewis Carroll.
Une voix. Un lointain écho dans l’air glacé de cette froide matinée de septembre. Il avait plu cette nuit-là, et le peu d’élèves courageux qui s’étaient aventurés au-dehors cet après-midi grelottaient en silence, s’efforçant d’inspirer quelques bouffées d’un air qui leur gelait lentement les poumons. Dans le vaste parc de l’école de sorcellerie de Poudlard, Angleterre, deux jeunes filles marchaient. Leurs pas sur l’herbe haute et humide de rosée ne faisaient aucun bruit, elles passaient telles deux fantômes entre les ombres des arbres, sans un regard pour leurs condisciples. On ne les fuyait pas à proprement parler, mais de fait, les pupilles de leurs camarades glissaient sur elles, s’écarquillaient un instant sous l’effet d’une vive surprise ou, parfois, d’une indicible crainte, puis se coulaient prestement dans une autre direction, pour finalement se perdre dans le brouillard typiquement anglais de cette matinée hostile. Pourtant, cette réaction de fuite ou d’étonnement face à leurs personnes ne semblait guère surprendre les deux promeneuses. Il fallait reconnaître à la décharge de ce comportement puéril que les vêtements de cuir de l’une et les cheveux tour à tour noirs ou roses vifs de l’autre attiraient passablement l’attention. Aperçues de loin, les deux adolescentes se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. La même chevelure mi-longue d’un profond noir d’encre, intense et uni ; la même poitrine discrète, la même silhouette fine et anguleuse, presque excessivement mince. Malgré cela, un coup d’œil attentif et un examen rapproché permettaient de déceler immédiatement leurs évidentes différences. Les cheveux de celle de droite, hérissés et désordonnés comme le pelage d’un hérisson, pendaient en mèches raides et pointues dans ses yeux verts, formant presque un casque. L’ensemble ne présentait aucun ordre apparent, comme si la jeune fille ne s’était aucunement coiffée entre-temps. Pourtant, l’ensemble sur son visage fin et délicat présentait une indubitable allure, étrange certes, mais néanmoins harmonieuse. Outre cette apparence pour le moins inhabituelle, la chevelure extraterrestre de la demoiselle ne cessait de clignoter au rythme de ses pas, passant d’une teinte obsidienne au rose fluo le plus clinquant. Les cheveux de sa compagne de gauche, quant à eux, semblaient plus élégamment agencés : descendant avec sensualité dans son cou et sur le côté de ses joues ivoirines, ils accentuaient son regard ténébreux et ses lèvres gourmandes.
Contrairement au petit groupe de téméraires qui s’étaient risqués à affronter à l’extérieur du château les froides bourrasques de septembre, Abbey Jill Moongate n’était ni brave, ni courageuse : tout comme les autres, une fine chair de poule couvrait ses bras en dépit de son stoïcisme affiché. Mais il fallait reconnaître - en toute bonne foi - que la jeune femme était presque toujours stoïque et inexpressive. Du moins, c’était ainsi qu’elle apparaissait généralement à la grande majorité des étudiants de l’école. Calme et indifférente, réservant ses rares éclats de rire à une minorité de précieux élus, elle semblait passer dans les couloirs comme un spectre, s’élevant au-dessus de tout. Pour cet aspect, elle était réputée – et dépréciée – par certains élèves de Gryffondor et de Poufsouffle comme une fille froide, distante et hautaine. Les Serpentard eux s’en moquaient tout simplement : à leurs yeux, elle n’était qu’une Serdaigle et une Sang Mêlée parmi tant d’autres, qui la plupart du temps ne cherchait guère d'histoires. Elle pouvait bien paraître froide pour tous ceux qui ne la connaissaient guère, et ils étaient nombreux, même dans sa maison. Mais hautaine... certainement pas. Abbey ne se considérait pas, contrairement à certains de ses condisciples, comme supérieure à qui que ce soit. Que le sang de ses vis-à-vis soit pur ou d’origine moldue, elle n’y attachait pas la moindre importance. Distante, en revanche, elle l’était assurément. Mais comment faire comprendre à cette foule imbécile de gens, qui tous jugeaient un livre sur sa couverture, qu’elle se moquait tout simplement éperdument de tout ce qui ne la touchait pas de près ou de loin ?... Qu’elle n’aimait tout bonnement pas bavasser des heures durant avec tous ces idiots qui souhaitaient faire ami-ami avec tout le monde ? Comment leur faire voir tout le caractère insignifiant et grotesque que possédait à ses yeux tout ce troupeau de bienheureux béni-oui-oui ?... Dans un sens, elle était bel et bien égoïste ; mais, d’un autre, côté, elle attachait un prix rare à toutes les choses et tous les êtres auxquels elle était sincèrement attachée – ses rares amis le savaient mieux que quiconque.
Somme toute, si l’on se fiait aux apparences, l’unique chose qui distinguait Abbey du reste des étudiants et la rendait tout à la fois unique et originale, c’était son physique. Car il fallait bien reconnaître que la physionomie d’Abbey était inimitable et jamais vue. Pour faire simple, elle changeait de couleur de cheveux tous les mois, toutes les semaines selon son humeur – parfois, tous les jours ou toutes les heures.
Alice – Nom de Merlin, Abbey, arrêtes ça cinq minutes, veux-tu ? Tu me fais mal aux yeux avec ta boule disco sur le crâne !
Des mots, presque ouatés, flous et indistincts dans l’esprit de la jeune femme - et pour cause, ils ne lui disaient rien. Quelque peu refroidie, miss Moongate acquiesça vaguement et, le temps d’un haussement d’épaules fataliste, ses cheveux s’étaient arrêtés sur une audacieuse et flamboyante teinte rose clair, proche de la couleur d’un chewing-gum. Glissant un coup d’œil furtif dans une flaque, Jill inclina la tête d’un côté et de l’autre durant plusieurs minutes, examinant consciencieusement le résultat par pure formalité. Finalement, le coin de ses lèvres s’étira en un discret sourire félin et, satisfaite, la demoiselle s’assit mollement sur un banc de pierre tout proche. Lorsqu’enfin elle releva les yeux, sa meilleure amie se tenait devant elle, les bras croisés, lui jetant un regard mi-orageux, mi-consterné.
Il y a des instants dans une vie où le temps semble s’arrêter, et où le sentiment de l’existence intensément augmente. Des instants où une âme rencontre sa jumelle. On ne le savait pas jusqu’à ce que cela se produise, on ne sait ni comment ni pourquoi cela est arrivé, mais cela s’est bel et bien produit. L’on plonge simplement dans les yeux de la personne, et l’on sait - d’instinct - que l’on vient de découvrir son compagnon d’âme. Un être qui nous ressemble comme aucun autre, plus proche qu’un frère, et qui nous suivrait au bout du monde. Un esprit qui sait et qui comprend, deux cœurs qui n’ont pas besoin de mots pour se parler. Une relation au plus intime du soi, entre fusion spirituelle et complicité ; une alchimie, un coup de foudre, appelez-le comme cela vous chante. La rencontre d’Abbey Jill Moongate et d’Alice Dita Blake avait été l’un de ces instants magiques, envoûtants et enchanteurs où dans un éclair de lucidité, elles s’étaient reconnues. Nulle parole n’avait été échangée entre elles dans un premier temps, un seul regard avait suffi là où mille phrases vaines auraient échouées.
Une rencontre que le flegme de l’une et de l’autre aurait pu faire tourner court. Discrète et réservée, vivant dans un univers clos entre cours et repas dans la Grande Salle - où elle se montrait timide et effacée - claquemurée entre la bibliothèque et la pièce commune durant ses rares moments de loisirs, la petite Abbey Jill alors âgée de onze ans aurait eu peu, si peu de chances de croiser la royale Alice Dita. Allez savoir comment, cette dernière à peine âgée de onze printemps était déjà la reine des élèves de son année : vénérée et adulée de toutes parts, la première année jetait sur les gens et les choses un regard hautain et assuré. Ambitieuse et déterminée, Alice ne traînait pas avec n’importe qui. Si jeune, elle savait parfaitement qui et ce qu’elle voulait. En vérité, c’était sa maturité ainsi que son caractère autoritaire, impérieux et extrêmement décidé qui avait déterminé le Choixpeau à l’envoyer dans la maison des verts et argent. Et, aucun doute, Alice était une star parmi les reptiles. Sûre d’elle comme personne à cet âge-là, elle disposait des gens et des opinions selon son bon vouloir : modèle de ruse, de patience et de prévoyance, elle calculait à l’avance les moindres coups portés à sa réputation. Fine psychologue, elle savait également déceler à la perfection les forces et faiblesses de chacun, et connaissait mieux encore toutes les façons de manipuler ces éléments à son avantage. Séductrice rimait chez elle avec destructrice, deux traits de caractère qu’elle possédait à un niveau jamais atteint chez une personne aussi jeune. Charmante et manipulatrice, elle s’entendait à faire croire ce qu’elle voulait à quiconque.
Assurément si Alice n’avait pas été un serpent, elle aurait été lionne, prédatrice mortelle et formidable. Intense et incendiaire, son Patronus était d’ailleurs une panthère ; noire comme la nuit, indomptable et sauvage, telle était Dita : fascinante, et si terriblement dangereuse. En somme qu’est-ce qu’Alice Blake, princesse des Serpentards, aurait bien pu avoir à faire avec la timide, l’effacée Abbey Moongate ?... Pour la plupart des gens la réponse était évidente : rien du tout. Même aujourd’hui, après cinq ans d’une profonde amitié, peu de gens dans leurs maisons respectives arrivaient à se faire à la perspective d’un lien aussi sincère et profond entre les deux jeunes femmes que tout semblait opposer. Mais, s’il était une chose que l’Abbey de onze ans avait alors nettement remarqué chez Alice, c’était son effroyable solitude. Telle une charmeuse de serpents, elle parvenait sans peine – par son seul charisme – à réunir autour d’elle toute une petite cour de vipères, mais elle ne semblait jamais y prêter la moindre attention, ne condescendait jamais à leur accorder le plus infime signe d’intérêt – ce qui, d’ailleurs, désespérait ses nombreux soupirants.
Pourtant, allez savoir comment, la jeune Abbey avait dompté Alice : sans même le vouloir, elle avait transformé le serpent vicieux et acerbe en une fragile vipère amoureuse, contrainte de révéler son aspect le plus fragile et vulnérable. Bien malgré elle, Jill avait limé les crocs de Dita, enchaîné la panthère avec le lien le plus indéfectible qui fut : l’affection. Pourtant Merlin savait que dès le départ, ça n’avait pas été une tâche facile, et Abbey n’ignorait pas que personne, absolument personne n’aurait parié sur elle ne serait-ce qu’une noise. Il fallait avouer qu’à l’époque, la reine des serpents l’effrayait, voire même la terrorisait à mort. Jill n’avait jamais vue Dita, mais sa réputation lui était parvenue aux oreilles et chaque jour que Merlin faisait, elle priait pour ne pas la croiser dans un couloir. Il fallait avouer qu’Alice Blake avait tout de la parfaite gothique qui terrifie les gens dits « normaux » : une peau de porcelaine, des cheveux d’un intense noir corbeau, des iris changeantes aux reflets turquoise mystérieusement bordées de traits charbonneux qui semblaient naturels, tels étaient les atouts qui fascinaient chez Alice. Mais tous ces détails n’étaient qu’une infime partie de cet ensemble qui créait dans l’âme toute la fascination de Dita : c’était ses manies, ses façons autant que son caractère qui hypnotisaient les hommes. Arborant régulièrement entre deux cours d’affolants vêtements de cuir et soulignant de rouge ses délicates lèvres charnues, elle attirait et repoussait à la fois, inexplicablement. En vérité, elle était pour Jill un lointain mystère à elle seule. Les hommes la dénigraient et la désiraient indifféremment, ils prenaient des paris sur celui qui la mettrait dans son lit le plus facilement mais salissaient son nom dès qu’ils en avaient l’occasion. Cela se produisait surtout lorsque - rembarrés pour la plupart comme le devinait Abbey - ils retournaient auprès de leurs amis, la queue entre les jambes et leurs pulsions sexuelles frustrées. |
|  | | Abbey J. Moongate

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 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 17:41 | |
| C’était en partie cela que la jeune fille redoutait de la princesse des verts et argent : sa facilité déconcertante et sa prodigieuse capacité à humilier les autres. Abbey craignait de finir un jour par en être la victime ; à ses yeux Alice était d’un autre monde, un univers fait de fantasmes et de désirs inavoués – où régnait une culture différente de la sienne. Qu’il devait être fantastique d’en détenir les clés... Mais c’était un monde auquel elle-même n’aurait jamais accès, et la fillette s’empressait alors d’en oublier jusqu’au souvenir, pour effacer ce sentiment pernicieux d’insatisfaction et de médiocrité qui la hantait, et ce goût amer que le seul nom d’Alice Blake provoquait en elle. Ces quelques impressions futiles s’étaient brutalement retrouvées confrontées à la réalité lorsqu’un beau matin, un jour de novembre comme les autres, Abbey Moongate avait brutalement percutée Alice Blake dans un couloir. Les souvenirs qu’Abbey conservait de cette matinée hors du commun demeuraient aujourd’hui encore comme détachés, basés sur des détails si évidemment insignifiants qu’ils en devenaient comiques. Elle se rappelait avoir regardé le ciel – extraordinairement clair et bleu pour une journée aux portes de l’hiver. Elle courait, elle était en retard à son cours de métamorphose, quelle ironie pour qui connaissait son don... Puis ç’avait été l’impact, la collision brutale et inattendue au coin du corridor, et la chute sur le tapis. Oh, la chute, Jill ne s’en était pas souciée : possédant un sens de l’équilibre particulièrement désastreux depuis l’âge de trois ans, elle tombait fréquemment et avait autant de réflexes qu’un nourrisson. Ce qui l’avait en revanche davantage préoccupée, ç’avait été ses livres : paniquée, l’œil rivée sur sa vieille montre, elle s’était ruée sur les vieux bouquins – au moment même où Alice avait fait de même, tout en pestant à haute voix :
Alice – Tu ne peux pas regarder où tu marches, espèce de Scroutt à Pétard ?!...
Abbey avait tressailli en reconnaissant la voix de son pire cauchemar, et avait tiré comme une folle sur le livre dont elle venait de s’emparer. Problème, Alice eut la même réaction, et toutes deux se retrouvèrent à se dévisager pour la possession de l’ouvrage. Leurs deux regards se croisèrent en plein l’un dans l’autre : celui de Blake, colérique et autoritaire exprimait toute sa fureur ; celui de Moongate, toute son angoisse. C’était là que le déclic s’était produit, dans les iris vertes des deux jeunes filles : toutes deux étaient demeurées ainsi quelques minutes, abasourdies et comme frappées par la foudre. Puis les pupilles de la verte et argent s’étaient écarquillées toutes grandes, et lentement, sa main fine bordée d’ongles noirs et longs - soigneusement entretenus - s’était détachée du vieux livre. Sa vis-à-vis, qui ne tenait droite que par la traction qu’exerçait la Serpentard sur l’objet, était tombée en arrière, mollement.
Pour le reste, les deux filles elles-mêmes ne savaient plus trop comment cela s’était produit : elles n’en conservaient que des mémoires floues, imprécises. Le plus surprenant pour la jeune femme restait encore aujourd’hui qu’elle avait, elle aussi, su se faire remarquer d’Alice à onze ans seulement. Car, comme le lui avait révélé miss Blake deux ans après cette percutante rencontre, elle avait déjà repérée – avant même la collision - la fille unique des Moongate, cette espèce d’alien étrange et intriguant au teint blafard, qui était finalement devenu sa meilleure amie. Et l’était restée cinq ans après. D’Alice, Abbey avait appris et glané nombre de choses. Les deux chaînes qu’elle portait présentement au cou et l’anneau fiché dans sa narine droite étaient tous des cadeaux de miss Blake ; quelques semaines après avoir fait connaissance avec Dita, les fines et délicates lèvres de Jill s’étaient parées d’un léger rouge, ses yeux de minces traits de khôl noirs. D’Alice, elle avait tiré ce tempérament posé, calme et faussement assuré, cette philosophie je-m’en-foutiste et ce dédain du regard d’autrui qu’elle affichait en toute circonstance. Progressivement, le corps de la jeune femme s’était couvert de résilles, de bracelets hérissés de pique : ses cheveux eux-mêmes avaient fini par arborer les couleurs les plus improbables et les plus extravagantes. Choquante et provocante, Abbey ne craignait plus de l’être : son reflet, elle l’aimait non plus dans l’œil des autres mais dans le regard d’Alice Blake.
Très rapidement, sa véritable nature s’était révélée : elle était devenue ce portrait, cette icône rock’n’roll et décalée, unique au monde que les autres étudiants enviaient sans oser imiter. Elle faisait partie, avait l’honneur d’être comptée dans la caste très fermée des déviants : en poussant la porte du monde d’Alice D. Blake, elle venait du même coup d’entrer dans l’univers impitoyable et sélectif des anticonformistes - ou des borderline, comme disaient les ignorants. Plus elle brillait, plus sa personnalité s’affirmait, singulière et entière. Aucun doute, elle était douée pour ça, pour choisir le détail qui faisait la différence. Les années passants, Abbey s’était métamorphosée, avait gagné en assurance et en maturité : elle n’eut finalement plus grand-chose de la petite fille candide et innocente qu’elle avait été à ses onze ans. Pourtant, c’était toujours cette même note de fraîcheur et d’émerveillement enfantins que l’on pouvait voir dans ses yeux lorsque, enchantée, la jeune femme s’étonnait de tout et de rien. Seuls ses rares amis connaissaient cette facette, cette Abbey secrète qui dissimulait au fond d’elle un univers rare et précieux, vierge de la laideur humaine. Petite chenille timide et mal-aimée, c’était une étrange et fantasque créature qui était née de cette métamorphose : étonnante certes, mais néanmoins séduisante. Car Abbey ne s’oubliait pas. Lorsqu’elle regardait la vérité en face, nul doute qu’elle aimait ce qu’elle était devenue, mais il lui semblait parfois que tous ces objets, ces bijoux clinquants, ces colliers de chien hérissés de piques acérées n’étaient rien d’autre que des protections, une efficace carapace pour le hérisson qu’elle était. Hérisson qui ne désirait rien plus que de pouvoir enfin montrer sa véritable sensibilité. La fragilité d’une jeune femme. Sage et rêveuse, telle était la véritable Abbey Jill Moongate : romantique, artiste et poétique, tel était l’imaginaire de celle qu’Alice nommait affectueusement « Bee ». Petite abeille légère et scintillante...
Mais ces quelques intuitions fugaces ne se révélaient à elle que dans de rares moments de complète solitude, de parfait silence. Dans la lueur d’une étoile, le parfum suranné d’un grimoire centenaire, la note d’un piano. Dans l’odeur d’une rose. Dans le sourire éphémère d’une inconnue, mystérieuse anonyme occultée aussi vite qu’apparue. Qui sait, peut-être une admiratrice... des instants fugitifs orphelins de raison, et qui n’appartenaient qu’à elle, portions de vérité dérobées au temps. Tant de visages, tant de faciès sans noms... des compagnons d’infortune, autrefois. À présent, des groupies. Des rock stars enviées, auréolées d’une gloire éphémère, voilà ce qu’ils étaient tous, ces amis d’Alice. Voilà ce qu’elle était, elle-même. Alors, cette conscience délétère s’était laissée ronger par les apparences, par les années qui passent mais ne reviennent pas. Et la guerre d’Abbey continuait, multiforme comme les visages, les couleurs qu’elle empruntait. Un combat de tous les instants : celui de rester elle-même. Pure, radieuse, esthétique : sincère, sauvage et libre. Vraie, tout simplement. |
|  | | Abbey J. Moongate

Age : 18 Inscrit le : 19 Juil 2008 Messages : 14 Age du perso : .>> SIXTEEN YEARS OLD. Côté coeur : Fragile as glass, Born into Emptiness. Humeur : Equal, as always. More of me. Citation: Relations:
 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 18:01 | |
| Alice – Abbey, tu m’écoutes ?!...
Dans un discret soupir, la jeune femme de seize ans passés referma le petit carnet, couvert de minces caractères tracés à l’encre violette, où elle consignait quotidiennement ses pensées depuis bientôt six ans. Elle en avait noirci, des pages, au cours de ces six années ; elle en avait passé de ces nuits à écrire, quand chaque goutte d’encre se transformait sous sa plume, au rythme de ses histoires, en goutte de lumière. Quand chacun des maux de son âme s’évaporait sur le papier, en jetant une flamme et un parfum comme un grain d’encens... Lorsqu’elle releva la tête en direction de son amie, ce fut un sourire doucement moqueur et légèrement nostalgique qui illumina son visage d’un ovale parfait. Et ce fut d’une voix aérienne, légèrement rauque et presque immatérielle qu’elle répondit un délicat :
Abbey – Non.
Son frêle sourire, désarmant d’innocence et de candeur, parvenait presque toujours à effacer l’agacement d’Alice face à ses humeurs vaporeuses : et malgré les années, ceci n’avait pas changé. C’était simple, Dita ne pouvait rien refuser à sa petite abeille lorsque celle-ci le voulait. Pourtant, cette fois, sa meilleure amie semblait sérieuse – et préoccupée, ce qui était toujours mauvais signe pour Abbey. Son sourire sembla flotter quelques secondes, vacillant, sur ses lèvres, puis disparut tout à fait.
Alice – Je te demandais si tu avais eu des nouvelles de ta mère, dernièrement...
La chevelure de Jill vira sans prévenir au noir d’ébène – sa couleur naturelle – et une lueur quasi-animale parut s’allumer dans ses yeux verts. De la douceur et la fragilité, elle était passée en l’espace d’une seconde à peine à la sauvagerie et à l’animosité les plus évidentes. On pouvait deviner rien qu’à son apparence physique que ses relations avec sa mère n’étaient pas au beau fixe. Toutefois, Alice ne parut pas s’étonner davantage de ce soudain changement de comportement – et d’apparence. À l’évidence, ce n’était pas la première fois qu’elle assistait à ce genre de manifestations subites chez son amie, presque sa sœur. De fait, elle était l’une des rares personnes à être au courant de la Métamorphomagie d’Abbey. Une capacité très précieuse, dont des tas de gens aimaient la démonstration - et dont la jeune femme ne se privait pas de faire usage pour son propre intérêt. Modifier sa couleur de cheveux en fonction de ses différents états d’esprit était notamment devenu chez Jill une manie récurrente, une sorte de tic. Mais en l’occurrence, voir la jeune femme retrouver d’un seul coup sa couleur naturelle, qu’elle détestait, n’était jamais bon signe. D’après ce que la demoiselle lui en avait raconté, Abbey avait hérité ce talent de sa grand-mère qu’elle haïssait plus encore, si c’était possible, que tout le reste de sa peu nombreuse famille. Merci, mamie adorée... Le plus étrange demeurait encore que ladite mère-grand n’était en rien une sorcière : pourtant, un gène magique devait obligatoirement avoir faussé son ADN, car elle était bien porteuse de la Métamorphomagie. Une Cracmol Métamorphomage, quelle ironie...
Cependant, Abbey n’avait jamais rien su de tout cela durant douze ans - sa grand-mère, Cracmol convaincue et fervente chrétienne, ne considérant pas autrement ce fabuleux pouvoir que comme une abomination diabolique, pour laquelle il fallait faire expiation quotidienne. Et lorsqu’il s’était avéré que la vieille femme avait transmis le gène à sa petite-fille à travers le sang de son enfant, la fillette avait du réprimer ses facultés d’une façon très dure, dissimulant son pouvoir aux yeux des autres enfants. Ce n’était qu’un an après être entrée à Poudlard qu’elle avait appris la vérité sur le pouvoir de sa grand-mère. De fait, n’ayant jamais reçu d’elle la moindre parcelle d’amour, Abbey n’avait jamais vraiment aimé sa « mamie ». Mais à dater de ce jour, elle se mit à la haïr de tout son être pour lui avoir caché la vérité ainsi que pour l’avoir brimée. Elle lui avait menti sur un domaine où la jeune Jill aurait eu besoin de tous ses conseils bienveillants. Comment alors continuer à lui faire confiance ?!... Sa pauvre maman quant à elle, n’était généralement jamais en état de se tenir au courant de la scolarité de son enfant. Alcoolique jusqu’au point de non-retour, elle avait fini par ne même plus être capable d’épeler correctement le prénom de sa fille, et c’était finalement la grand-mère d’Abbey, dure et implacable, qui s’était chargée de son éducation. Dans ses rares moments de lucidité, Mrs Moongate fille passait son temps à gémir, se lamenter et à répéter à son enfant, les bras lourdement pendus à son cou et glissant à moitié du canapé, combien elle était désolée, affreusement désolée de ne pas savoir s’occuper d’elle.
Mais le plus horrible et embarrassant était lorsqu’elle entonnait son refrain sur l’affreuse, la douloureuse, la pénible ressemblance entre Abbey Jill et son père. Et pourquoi, pourquoi, misérable enfant du Diable qu’elle était, devait-elle arborer sur son visage la marque de son père ? Pourquoi avait-elle sa maudite beauté, ses grands yeux innocents ?!... Son père... cet immonde salaud, ce suppôt de Satan en cavale hors de chez lui et qui s’était tiré fissa de la maison pour rejoindre sa femme et ses enfants légitimes, loin de sa maîtresse – une sorcière... D’aussi loin qu’elle en savait – et malheureusement, avec sa grand-mère pour seule source, elle en savait très peu -, Abbey avait tout pour haïr et mépriser profondément son père, ce dont elle ne se privait pas. Il avait rencontré sa mère dans un pub et tous deux avaient débuté une liaison. Elle, pauvre sorcière naïve s’était imaginée tenir le grand amour, lui était marié avec deux enfants, mais son couple battait de l’aile. Pour la satisfaire il avait consenti à un mariage secret, cinq mois après leur rencontre : sa maîtresse alors enceinte avait cru jusqu’au bout au mariage, juste avant qu’il ne la plante là aussi sec, trois ans après la naissance de Bee, en apprenant qu’elle était une sorcière. Moongate était le nom du père d’Abbey, adopté par sa maîtresse et par la propre mère de cette dernière par pure commodité administrative. Pauvre femme seule avec son enfant, misérable anonyme à la vie gâchée comme des milliers d’autres, pour un secret trop lourd à porter...
Toute cette histoire, Abbey ne l’avait apprise qu’après avoir reçue sa lettre d’inscription à Poudlard, l’école de sorcellerie. Durant toute son enfance et sa pré-adolescence elle avait accompli d’étranges choses, sans en connaître toutefois l’origine. Puis, après avoir conclu grâce aux vertueuses mises en garde de sa grand-mère qu’il s’agissait sans nul doute de sorcellerie – de fait, la petite fille possédait alors un esprit plutôt éveillé pour ses neufs ans - elle avait entrepris d’en chercher l’origine. À sa connaissance, elle n’avait rien fait pour provoquer ces phénomènes ou attirer le diable dans son corps – c’était donc que l’origine en était biologique. Peut-être même héréditaire... N’ayant en neuf années jamais vu sa mère accomplir le moindre geste magique, la petite Moongate alors bien candide et ignorante ne tarda guère à en conclure que ses pouvoirs magiques devaient plus probablement lui venir de ce père mystérieux qu’elle n’avait jamais connu. Bien qu’elle sût qu’il s’agissait sans nul doute d’un irresponsable, somme toute d’un homme égoïste et inconséquent, Abbey ne put s’empêcher durant quelques bons mois de l’idéaliser en tentant de lui trouver les plus banales et invraisemblables excuses de la Terre.
De son père, elle avait peu de souvenirs. Pourtant, un épisode revenait plus souvent que les autres dans sa mémoire, c’était lorsque son père - fan de ce groupe moldu appelé les Beatles – faisait tournoyer dans ses bras, autour du lustre, sa fille de trois ans comme un petit avion en chantonnant cet air étrange qu’elle adorait tant.
Mr Moongate – “ Picture yourself in a boat on a river, with tangerine trees & marmelade skies... Somebody calls you, you answer quite slowly, a girl with caleidoscope eyes... Cellophane flowers of yellow & green, towering over your head... Look for the girl with the sun in her eyes & she’s gone...” ♪
Alors, dans ces moments, la petite Jill cessait de penser et se prenait vraiment pour un bateau, dans un ciel de marmelade et une mer de barbe à papa rose, entourée de fleurs en papier jaunes et vertes. Souvent, pour lui faire plaisir, Mr Moongate adaptait les paroles à sa convenance :
Mr Moongate – “ Abbey in the sky with diamonds...” ♪
Pendant trois longues années, Abbey avait vécu heureuse et choyée, se croyant aimée de ses deux parents. Puis son paternel les avait abandonnées, elle et sa mère : alors, ç’avait été la longue descente aux Enfers. La petite fille avait appris – un an après son entrée à Poudlard - que la sorcière de la famille n’était autre que sa mère qui, abrutie par l’alcool, avait vu ses facultés magiques disparaître les unes après les autres pour ne jamais revenir. Puis, c’était sa détestée grand-mère qui était venue vivre avec elles.
De son géniteur, Abbey n’avait hérité que de cette fine chevelure désordonnée de teinte corbeau - qu’elle abhorrait par-dessus tout – et de ses yeux en amande couleur de vase, qu’elle maudissait également. Si elle avait pris la peine de se pencher sur la question, tenté de s’aimer un peu mieux elle-même et de prendre en compte l’avis d’autrui, elle aurait découvert qu’elle était en réalité très jolie – et infiniment plus que ce qu’elle s’imaginait. De plus – bien qu’elle fut incapable de s’en souvenir autrement que par de vieilles photos en noir et blanc – elle avait sans le moindre doute hérité du nez en trompette, des fines lèvres rosées ainsi que de la radieuse beauté de sa mère – du moins, de sa mère en son jeune temps. |
|  | | Abbey J. Moongate

Age : 18 Inscrit le : 19 Juil 2008 Messages : 14 Age du perso : .>> SIXTEEN YEARS OLD. Côté coeur : Fragile as glass, Born into Emptiness. Humeur : Equal, as always. More of me. Citation: Relations:
 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 18:08 | |
| Mais, hélas, le temps passait et Abbey ne s’aimait pas. Craintive, crevant de trouille qu’on ne lui pose un jour des questions sur sa désastreuse famille, elle s’était fabriquée une façade – une sorte de coquille pour mieux s’abriter des questions trop envahissantes. Sa parade, c’était de ne fonctionner selon les apparences que par automatisme – presque mécaniquement. Malheureusement, c’était aussi pour se protéger de personnes comme sa mère qu’elle agissait ainsi, par une sorte d’instinct basique, de réflexes défensifs. Excessivement sensible et par-dessus tout farouche, elle conservait bien malgré elle – et ce en permanence – l’aspect d’un petit animal sauvage égaré. Son instinct à elle, c’était l’indifférence. Une saine et salvatrice indifférence qui l’avait préservée, de façon plus ou moins bancale, de la cruauté des hommes. Mais pas de la sienne. La demoiselle haïssait son apparence, purement et simplement. Elle abhorrait son corps excessivement maigre et sans aucune rondeur, tout en angles pointus sous sa chair translucide ; sa chevelure raide et plate, naturellement dépourvue du moindre volume. Par-dessus tout elle dénigrait son ossature squelettique, sa détestable allure frêle et presque immatérielle, cette chétive morphologie qu’elle possédait et qui lui conférait l’apparence d’une anorexique ou d’une ridicule allumette, que l’on pouvait si aisément casser en deux. Mais le plus affreux selon elle était ses membres arachnéens, presque semblables à ceux d’un gibbon tant ils étaient maigres, voire squelettiques et plus longs que la moyenne. Des os de verre, voilà ce qu’elle semblait avoir. La seule chose qu’elle trouvait un tant soit peu plaisante dans son apparence physique était son visage : fin et lumineux, la peau y était nette, lisse et sans défauts autour de ses deux grands yeux clairs. Et ses mains – ses longues mains aux phalanges minces et habiles, aux ongles courts soignés constamment peints de noir ou de rose. Un adorable pantin désarticulé, voilà comment se dessinait souvent la jeune femme : une marionnette brisée, défaite et tordue. Ceux qui parmi les artistes de sa maison s’étaient penché sur son portrait l’avaient peinte en ange blessé, abîmé, écrasé contre la dure réalité tranchante. Les plus mesquins choisissaient de la dessiner en manche à balai, en raison de sa notable absence de courbes et de formes quelconques.
Cette silhouette si particulière, Abbey la cachait du mieux qu’elle pouvait derrière des pantalons larges et d’innombrables tee-shirts courts. Ses bras, elle les raccourcissait avec de multiples mitaines ou résilles, accrochant à sa personne chaînes, anneaux, clous d’oreille, bracelets et autres colliers de cuir hérissés de pointes, dissimulant ses yeux sous les paires de lunettes les plus folles et sa couleur de cheveu naturelle sous des changements de teinte incessants. Les accessoires se multipliaient sur elle selon ses états d’esprit : ainsi donc, la découvrir blindée de gadgets clinquants, hérissée de pointes et piercée de partout était signe qu’il valait mieux l’éviter. En somme Jill, aussi étrange qu’elle fût, était très simple à comprendre pour qui savait décoder ses comportements. Les bracelets de perles et de tissus se multipliaient également souvent à ses poignets : allez savoir pourquoi, mais la jeune femme s’en sentait protégée, tout comme par les multiples lignes de maquillage dont elle cerclait ses yeux. Finalement, ses prunelles surchargées de khôl avaient fini par prendre l’apparence de pupilles égyptiennes. C’était d’ailleurs ce à quoi elle ressemblait parfois bien malgré elle : une séduisante princesse d’Égypte au teint blafard.
Abbey – Non...
fut la seule réponse qu’Alice obtint. Fort heureusement, à force de fréquentation, Dita avait elle-même appris beaucoup de choses de Jill – parmi lesquelles la diplomatie. Plus calme et posée, elle savait désormais préférer la persuasion à la peur, la douceur à la brutalité. De fait, les résultats qu’elle obtenait de ces méthodes s’avéraient bien plus probants. Toutefois, il était une personne que miss Blake n’avait encore jamais réussi à séduire, c’était la grand-mère d’Abbey. Occasionnellement rencontrée sur le quai 9 ¾, Mrs Moongate, irascible femme âgée de plus de soixante ans, un crucifix solidement attaché à son cou, détestait sa petite-fille et affirmait que sa façon de se vêtir l’apparentait aux drogués, aux alcooliques, à la secte sataniste, aux péripatéticiennes et finalement aux gouines. Somme toute, tous gens de mauvaise vie et suppôts du Malin. Mais s’il était des personnes que Mrs Moongate détestait par-dessus tout - plus encore qu’Abbey elle-même – c’était bien les amis de cette dernière. Alice la gothique, Elie le grunge et Ashley la hippie possédaient tous une place d’honneur dans le classement de Mrs Moongate : au début et à la fin de chaque année scolaire – et ce depuis six ans - leur apparence physique et le plus petit, le plus insignifiant détail de leurs personnes étaient analysés, jugés et critiqués par la grand-mère de Jill, qui s’en servait plus tard durant ses interminables sermons sur la religion, ne cessant de reprocher à sa petite-fille tout à la fois ses pouvoirs, son abominable impiété religieuse, ses façons déplorablement ostentatoires et enfin ses épouvantables fréquentations. Et qu’était-ce donc que cette succube, cette catin du diable toute en cuir et vinyle, qui descendait toujours du train à ses côtés ? Que pouvait-elle bien fabriquer avec une créature si évidemment possédée par le démon ?!...
Et elle pouvait continuer ainsi pendant des heures, tant qu’elle trouvait un élément à critiquer. Quand ce n’était pas Alice, c’était Ashley avec sa crinière de lionne et tout ce que Mrs Moongate catégorisait comme des abominations : ses dreadlocks, ses vêtements pour le moins courts, flashy et près du corps, son caractère déluré à l’extrême... mais ce qui, surtout, scandalisait la grand-mère de Jill dans la personne de Noah, c’était ses innombrables piercings un peu partout sur le corps et son maquillage tapageur – ainsi que, bien évidemment, ses tatouages. Cela encore était la marque suprême du diable aux yeux de la chère mamie de miss Moongate. Pourtant, malgré le tempérament superficiel et acariâtre de sa grand-mère, Abbey devait avouer que cette dernière avait très bien cerné en deux mots seulement la nature d’Ashley Hoover : « peste aguicheuse ». Certes, Ashley était une amie... d’un genre très particulier. Sans qu’elle sache trop pourquoi, Jill n’était jamais vraiment parvenue à l’aimer et ne faisait jamais que supporter la présence de la Poufsouffle.
Car de fait, Ashley n’avait rien de la Poufsouffle traditionnelle : loyale, dévouée, timide et studieuse. Bien au contraire : le seul trait de caractère que l’on pouvait lui reconnaître comme typique des jaunes et noirs était sa propension à rire de tout et de tout le monde, quelle que soit la situation. Si Abbey avait dû choisir un adjectif pour résumer la personnalité d’Ashley N. Hoover, elle aurait cédé à un qualificatif qu’elle détestait en répondant ‘rigolote’. Certes la jeune femme était drôle, mais c’était bien son seul aspect positif aux yeux de la jeune adolescente. Pour être honnête, la demoiselle ne savait même pas précisément elle-même pourquoi diable elle ne pouvait à ce point supporter Ashley. Quoi qu’il en soit, la réalité était qu’entre Abbey et la Poufsouffle l’antipathie était presque animale, instinctive et viscérale. Allez savoir, peut-être était-ce son nom qui collait à la bouche de Jill comme du beurre de cacahuète – poisseux, gras et collant. Ou bien cet enthousiasme feint qu’elle tentait d’afficher en permanence. Ashley était une véritable pile électrique, bondissant partout, incapable de tenir en place plus de cinq minutes sans prononcer un mot. Bavarde comme une pie, elle pouvait meubler à elle toute seule le silence le plus lourd, le plus embarrassant – ce qui avait tendance à passablement agacer la calme, silencieuse et posée Abbey Moongate. Fière de sa généreuse silhouette de mannequin, elle s’échinait à porter des vêtements outrageusement courts, mettant en valeur ses formes on ne peut plus désirables. Cette exhibition poussée à l’extrême et cette arrogance crasse - dissimulée sous une fausse modestie - exaspéraient ici encore la distante et réservée Jill. Ash’ alignait les garçons dans son lit les uns après les autres et les meilleurs partis de l’école étaient passés dans sa couche tiède. Résultat, tout Poudlard se vantait de se l’être faite, et porter l’étiquette de fille facile ne semblait pas la déranger le moins du monde. Malgré le parterre d’hommes qui s’étendait à ses pieds, Ashley pourtant ne s’intéressait qu’à un seul d’entre eux : Elie Jezabel Prince. Autrement dit, le meilleur ami masculin d’Alice et d’Abbey – ainsi que l’infatigable complice et soupirant de cette dernière...
C’était d’ailleurs en raison de cette proximité avec Elie que les relations entre Jill et Noah étaient ouvertement tendues. Le jeune homme lui n’en avait aucunement conscience, mais Abbey n’avait pas trop d’Alice en tant qu’arbitre entre elle et la Poufsouffle pour conserver son calme. Bien souvent ce n’était que par égard pour Elie qu’elle supportait la jeune femme. D’une certaine façon, Bee s’était toujours étonnée du sens dans lequel allait la préférence d’Elie : Ashley était mignonne et appréciée. Comptée parmi les filles les plus populaires de leur milieu - aussi piquante, pétillante et déjantée que Jezabel - elle avait tout pour elle. Elie de son côté portait bien son nom : téméraire, blagueur, excentrique et culotté, on le surnommait le Prince des Gryffondor. Effervescent et sucré de nature, le mot « insipide » avec lui n’avait pas de sens. Avec son look négligé, sale et décalé en plus de ses petites moues boudeuses, il pouvait avoir toutes les filles qu’il voulait - malgré tout, c’était vers Abbey que son intérêt s’était porté. Ce qu’Ashley n’avait par ailleurs jamais digéré : Jezabel et Jill s’étaient rencontrés par le biais d’Alice, lors de leur troisième année – trois ans que la demoiselle Hoover avait passé à courtiser inlassablement le prince des Gryffondor. Depuis, elle n’avait jamais cessé, renouvelant ses avances – de plus en plus marquées – auprès d’Elie.
Ce qu’elle ignorait, c’était que Jezabel n’était pas aveugle : il avait pertinemment conscience de l’intérêt d’Ashley pour sa personne, mais s’était toujours efforcé de l’ignorer avec diplomatie et subtilité. Pour un Gryffondor, il faisait preuve d’une rare finesse. Le but de cette manœuvre était double : d’une part, il s’agissait de ne pas fournir à Noah de faux espoirs, et d’autre part il fallait simultanément ne pas froisser Abbey. Bien que rien n’ait été concrétisé entre la demoiselle et le prince des Gryffondor, Jill avait l’assez fâcheuse manie de se montrer fort susceptible et extrêmement sensible aux avances que Noah faisait à Jezabel. Somme toute c’était une relation compliquée – naviguant entre l’amour et l’amitié - que partageait Elie Prince avec la demoiselle Moongate.
Ashley n’en était que plus frustrée de constater qu’Abbey ne saisissait pas sa chance. Exubérante comme pas deux - perpétuellement excitée - elle était à elle seule un vrai phénomène. Il ne pouvait exister moins timide qu’elle – à sa façon très rentre-dedans, elle était pire qu’Alice. Très expressive, la moindre chose était pour Ashley prétexte à commentaires - ses moindres réactions étaient exagérées et poussées à l’extrême. Affriolante et provocante, elle était en synthèse tout le contraire d’Abbey et son strict opposé. En réalité, là où Abbey attirait et fascinait par son mystère, Ashley entraînait dans sa couche tiède par son tempérament solaire, sensuel et aguicheur. Se dénuder pour convaincre un homme de partager son lit l’espace d’une nuit ne lui posait pas le moindre problème – contrairement à Jill qui elle crevait de trouille d’être trompée. C’était d’ailleurs la principale raison qui empêchait la jeune femme de céder aux avances d’Elie : la perspective d’être abusée par un garçon qui avait la gent féminine à ses pieds...
De plus, les représailles seraient terribles : sous des dehors extrêmement sociables, Ashley était une véritable peste. Dangereuse et manipulatrice, elle ne reculait devant rien pour parvenir à ses fins. Loin de l’archétype du Poufsouffle loyal et bon camarade, Noah était un masque à elle toute seule – un masque derrière lequel se dissimulait un régiment de poignards prêts à taillader ses adversaires. En vérité, ni Abbey ni Alice – pas plus qu’Elie, d’ailleurs – n’avaient compris pour quelles raisons exactement le Choixpeau avait décidé d’envoyer Ashley Noah Hoover à Poufsouffle. Selon toute vraisemblance, son intelligence tactique et son tempérament calculateur la destinaient irrémédiablement et sans le moindre doute à la maison des verts et argent. Après avoir tourné la question sous tous les angles, Jill s’était rendue à la conclusion que c’était probablement sa monstrueuse fainéantise et le caractère singulièrement paresseux d’Ashley qui avaient induits le Choixpeau dans cette direction. De fait, la Poufsouffle ne foutait tout simplement rien en cours et se moquait éperdument de ses mauvaises notes... |
|  | | Abbey J. Moongate

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 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 18:25 | |
| Chapitre II : Dark Side of the Moon.
" Pourquoi ne voulez-vous pas que deux vrais existent, deux excès contraires, deux monstruosités différentes ? "
- Gustave Flaubert.
« Alice – Abbey...
La voix basse, prudente et alarmée tira l’adolescente de ses songeries, et la jeune femme releva presque aussitôt la tête. Il y avait quelque chose d’étrange et d’inhabituel dans la façon dont Alice avait prononcé son prénom, comme pour l’avertir d’un danger imminent. Lentement, redoutant déjà ce qu’elle allait apercevoir, la demoiselle suivit le regard de son amie et découvrit à l’autre bout du parc une silhouette, qui ne lui était que trop familière. Le menton piercé, ses cheveux noirs méchés de rose battant l’air dans la faible brise d’automne, Drew S. I. Graham se dirigeait vers les deux filles. Par pure bravade, les cheveux d’Abbey Jill retrouvèrent presque instantanément leur éclatante teinte rose chewing-gum. Alice Blake coula un regard inquiet et alarmé sur sa meilleure amie, qui se contenta d’hocher la tête silencieusement d’un air calme et assuré.
Au fur et à mesure que Drew descendait les escaliers du château, puis traversait le parc dans leur direction d’un pas lent et assuré, il devenait de plus en plus évident qu’elle les avait aperçues - et comptait bien leur adresser la parole. À chaque mètre que la jeune femme parcourait vers les deux filles, les dents d’Abbey semblaient se crisper un peu plus malgré son apparente assurance. Miss Graham portait un tee-shirt gris mettant en valeur ses épaules superbes, où était crânement inscrit en grandes lettres blanches « Your boyfriend bought me this shirt ». Abbey grimaça comme à son habitude en présence de Drew : elle était habituée depuis fort longtemps aux goûts vestimentaires désastreux de sa cousine, mais parfois, ceux-ci atteignaient des sommets qui dépassaient l’imagination.
Toutefois, il fallait bien admettre que Drew Graham, même lorsqu’elle se contentait simplement de marcher dans l’herbe humide du parc de Poudlard, possédait une allure incomparable – une aura à nulle autre pareille, que lui conféraient ses longs cheveux noirs méchés de rose et ses immenses yeux noisette cerclés de noir à l’égyptienne, tout comme ceux d’Abbey. Par bien des aspects le lien de parenté entre Drew et sa cousine était éminemment visible sur leurs deux physionomies : toutes deux partageaient la même peau claire et pâle, des traits d’une finesse rigoureusement semblable, des lèvres charnues à peine rosées, ainsi qu’un joli nez en trompette et deux légères lignes de sourcils charbonneux. L’œil de l’observateur amusé remarquait également avec un certain amusement la présence d’un discret piercing argenté sous la lèvre inférieure de Drew Graham. Somme toute, Drew était magnifique : de longs membres fins et blancs, une silhouette toute en courbes et en ondulations, elle était tout simplement belle à se damner. Sa chevelure d’encre striée de mèches violines invitait à être parcourue du bout des doigts avec crainte et vénération.
Pourtant, ce fut avec une ostensible indifférence qu’Abbey dévisagea sa cousine lorsque celle-ci s’arrêta devant elle. D’aussi loin qu’elle s’en souvenait, leur grand-mère lui avait toujours fait des esclandres et des scandales sans noms concernant ses amis et ses fréquentations ; pourtant, Mrs Moongate n’avait jamais parue juger bon d’appliquer le même traitement à son autre petite-fille. Bien au contraire : tandis qu’elle opprimait cruellement Abbey, elle accordait à Drew une liberté d’action qui touchait au laxisme profond. Et pourtant, Merlin savait que la jolie cousine de Jill ne faisait pas honneur à son troisième prénom : Innocence... En vérité, c’était même tout l’inverse : à Poudlard, Drew Sun Innocence Graham – cette fille de deux célèbres avocats moldus – était réputée pour fumer n’importe quoi et coucher avec n’importe qui. Et pour s’en moquer éperdument.
Arrogante, capricieuse et orgueilleuse, tels étaient les trois qualificatifs les plus fréquemment employés à l’encontre de Sun. Malgré cela, c’était à Gryffondor que Drew avait été envoyée... décidément, les décisions du Choixpeau étaient parfois incompréhensibles. Mais après tout, on disait qu’il faisait toujours le bon choix... En l’occurrence, Abbey avait les plus sérieuses difficultés à le croire. Il fallait reconnaître également que les relations entre Sun et Jill étaient pour le moins tendues et compliquées. Autant miss Moongate n’éprouvait la grande majorité du temps qu’une royale indifférence envers ses détracteurs – y compris envers Ashley – se contentant de les ignorer souverainement, autant il en était tout autrement de Drew Graham. Les remarques désobligeantes de sa rivale de Poufsouffle n’avaient qu’extrêmement rarement réussies à atteindre la jeune femme : pour la simple et bonne raison qu’Abbey les savait dictées tout à la fois par la jalousie et l’ignorance – deux mauvaises conseillères. Mais faire la sourde oreille avec Drew était beaucoup, beaucoup moins facile qu’elle ne l’avait cru au départ – sans doute parce que, d’une part, miss Graham la connaissait depuis l’enfance. Elle était donc parfaitement au courant de toutes les failles d’Abbey, de ses moindres échecs, de toutes les humiliations que lui avait fait subir sa grand-mère. Et bien sûr, du déplorable état de sa mère...
De fait, à ce qu’il semblait Mrs Graham ne tarissait pas « d’éloges » sur l’existence que menait sa sœur cadette. Ce dont Abbey avait nettement conscience – davantage sans nul doute que Drew elle-même – c’était que sa chère tante, Moldue et mariée à un homme riche qu’elle n’aimait pas et en dépit de son snobisme soigneusement entretenu, avait toujours enviée sa petite sœur pour ses pouvoirs magiques – ce malgré sa vie de rien. Cette existence de misère dans la bouche de Drew devenait une arme régulière, ainsi qu’un inépuisable prétexte à piques. Des réflexions qu’Abbey n’arrivait pas à chasser de son esprit et à encaisser comme elle le faisait d’habitude, sans doute parce qu’elle aimait au fond sa cousine autant qu’elle la haïssait. Tout comme la demoiselle, Sun appartenait à un milieu bien précis parmi la maison des rouge et or : celui des déviants, des anticonformistes inadaptés. Tout comme Alice, Elie, Abbey et Ashley, elle reniait tant qu’elle pouvait cette ridicule sorte d’élèves qui n’aspiraient chacun qu’à une seule chose : la popularité. Malgré la singulière mésentente entre Drew et les amis d’Abbey, ils partageaient tous dans un sens le même problème : le caractère unique et marginal de leurs codes vestimentaires fascinait et attirait, les rendant à leur tour semblables à tout ce qu’ils avaient toujours fui : populaires, respectés... et admirés comme des chanteurs de rock.
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|  | | Abbey J. Moongate

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 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 18:39 | |
| Dans ce cas, que pouvait donc bien lui vouloir Sun qui puisse inciter cette dernière à asticoter Abbey Jill à ce point ?!... Pourquoi s’ingéniait-elle d’ailleurs – alors qu’elle ignorait superbement Alice et Ashley - à provoquer Elie dès que, placée dans la même salle commune que lui, elle en avait l’occasion ? Car l’atmosphère était bien souvent électrique, voire même orageuse, entre les deux rouge et or. Tous deux impulsifs et extrêmement spontanés avaient généralement le plus grand mal à dissimuler leur animosité mutuelle, tout particulièrement en présence d’Abbey. Leurs caractères explosifs se confrontaient souvent, et bien des fois l’une et l’autre avaient été forts prêts de dégainer leurs baguettes sous les yeux médusés d’Alice, d’Ashley et de la jeune personne. Si elle avait eu un peu plus de confiance en elle et de psychologie, l’adolescente aurait vite deviné ce que cachaient ces tracasseries répétées de la part de Drew et cette hostilité prononcée entre Elie et elle : au-delà des piques et des méchancetés, une affection immense et un moyen comme un autre, bien que sans nul doute plus tordu, d’attirer l’attention de sa cousine...
Malheureusement, aveuglée par sa haine et son antipathie envers Sun, Jill ne pouvait remarquer cela, ni combien elle était une des rares personnes que Drew fréquentait quotidiennement et avec un intérêt des plus prononcés. Une cigarette à la main, la Gryffondor s’avança vers les deux filles et s’arrêta devant Abbey, la jaugeant du regard avec hauteur comme à son habitude. Entre-temps, la concernée avait glissé sa main dans la poche de son jean noir et attrapé sa baguette, prête à la dégainer à tout moment. Finalement, la jeune femme releva vers sa cousine un regard neutre, aussi glacé et inexpressif qu’un cube de glace verte. Un léger sourire défiant et moqueur se dessina sur ses lèvres à mesure qu’elle scrutait le visage de sa cousine debout face à elle. Toutes deux s’affrontèrent du regard un court moment, puis finalement, la rouge et or parut se décider à prendre la parole.
Drew – Eh bien, comment va ma petite limande favorite aujourd’hui ?
Le ton était railleur, cassant et visait très clairement à blesser. L’un des nombreux délices de Drew lorsqu’elle se moquait de sa cousine était d’insister lourdement et de manière particulièrement marquée sur l’absence de formes qui caractérisait le physique d’Abbey.
Abbey – Oh, mieux, bien mieux que certaines petites harpies bouffies d’orgueil qui se prennent pour des sirènes... Tu ne les vois pas ? Que c’est étonnant... pourtant elles volent et caquettent partout ce matin !
La voix de la jeune femme, semblable par le ton à celle de son interlocutrice, égratigna le silence qui s’était installé quelques secondes après que Drew eût pris la parole. Depuis sa plus petite enfance, jamais Abbey n’était parvenue à se retenir de répliquer aux insultes de la Gryffondor. Même en présence de sa grand-mère – qui ne manquait jamais de la punir de ce qu’elle nommait de l’insolence – elle n’avait jamais su se contenir, contrairement à son habitude et à son caractère généralement plutôt froid. En fait, elle avait même une dangereuse propension à perdre rapidement son calme en présence de Sun. Telle était Abbey : apparemment douce, fragile et délicate, c’était un véritable incendie qui se cachait dessous la glace.
Drew – Toujours copine comme cochons avec l’autre illuminé, là, l’idiot du village ? Le gros maladroit blond dont le chaudron explose régulièrement dans sa figure ?
Les doigts d’Abbey se crispèrent instinctivement sur sa baguette, mais un regard d’Alice – qui, tout près d’elle, se tenait sur ses gardes et prête à la contenir – l’en empêcha. Une telle remarque ne valait même pas la peine d’être relevée. Pourtant, l’adolescente était sensible sur ce genre de sujets. Que l’on s’en prenne à elle, passe encore, mais que l’on touche à Elie et aux autres... Même Ashley ne méritait pas de telles réflexions. Sa main se détendit, et ce fut avec une sérénité affectée qu’elle répliqua tranquillement :
Abbey – Si tu veux parler d’Elie, oui, nous sommes toujours très complices et en excellente entente. Mais toi, comment se fait-il que tu sois seule ? Les poules caquetantes qui te servent habituellement de suivantes s’en seraient-elles allées courtiser une autre grue ?...
Une moue narquoise, emprunte de sournoiserie, apparut sur le visage de la jeune adolescente tandis qu’elle dévisageait ouvertement sa cousine. Cette fois, Abbey ne jouait plus et montrait ouvertement à Drew toute sa haine et son mépris. De fait, sa cousine était toujours entourée par une meute de filles gloussantes qui ne cessaient de lui vanter indéfiniment son intelligence et sa beauté. Toutes ces idiotes n’avaient-elles donc pas de vie à elles ?
Drew – Contrairement à toi, ma chère, je n’ai nul besoin d’une horde de courtisans pour me défendre. Figures-toi que nous n’avons pas tous des choses à cacher...
Malgré sa feinte aisance, cette réponse figea Abbey Jill sur son banc, immobile et glacée – d’autant plus qu’Alice lui montrait d’un coup de tête méfiant la silhouette d’Ashley qui, visiblement très intéressée par la tournure que prenait la conversation, semblait s’approcher pour en entendre davantage. Il ne lui restait plus que quelques faibles mètres à parcourir, une distance bien suffisante pour voir et entendre l’impact de la bombe que Drew s’apprêtait à lâcher sur la pauvre Abbey. Cette dernière ne savait aucunement ce que la Poufsouffle venait fabriquer ici, et à vrai dire elle n’en avait cure. Elle n’espérait qu’une chose : que cette vipère qui se nourrissait des malheurs et des tâches des autres s’en aille. Merlin, qu’elle s’en aille... Abbey jetait de fréquents coups d’œil en direction d’Ashley, tentant désespérément de la renvoyer d’où elle venait à coup de vaines ondes négatives. Mais Ashley en la matière était comme un requin : lorsqu’elle sentait sa proie agoniser, elle s’empressait de s’en approcher pour observer ses forces décroître, sa débâcle se creuser, son agonie s’étendre jusqu’au décès.
Ainsi s’approchait-elle, un sourire affamé venant à ses lèvres. Il devenait urgent d’agir, car au même moment Drew poursuivait presque joyeusement, un rictus cruel marquant ses traits :
Drew – À ce propos, comment va ton pilier de bistrot ? Toujours aussi folledingue et alcoolique, ta serpillière de m...
Abbey – TAIS-TOI ! Tais-toi donc, espèce de garce ! LA FERME, tu m’entends ?! La ferme !
Folle de colère et de panique, Abbey s’était levée de son banc sans même s’en rendre compte, et pointait désormais, droit entre les deux yeux de sa cousine, sa baguette en bois de saule. Ce dont elle ne se rendit pas compte immédiatement, c’était que Drew elle-même avait saisi son morceau de bois magique et dirigeait au même moment son extrémité au beau milieu du front de la jeune femme. De l’autre côté, Alice et Ashley se dévisageaient mutuellement – l’une d’un air sauvage et haineux, l’autre avec un calme et une assurance olympiens. L’adolescente remarqua seulement alors d’un coup d’œil que la Poufsouffle dirigeait sur elle son bâton magique, tandis que la Serpentard tenait à son tour Ashley en joue.
Quelques interminables secondes se passèrent ainsi, les quatre filles se regardant chacune en chien de faïence. Au moment où toutes quatre s’apprêtaient enfin à abaisser légèrement leurs baguettes, Ashley pivota brutalement pour détourner la sienne – cette fois, en direction d’Alice. Mais au même instant, un gigantesque bruit d’explosion se fit entendre et un épais nuage de fumée violette se répandit à travers le parc, faisant tousser Abbey qui n’y voyait goutte. Lorsque le paysage redevint un peu plus clair, la jeune femme découvrit une scène des plus cocasses et stupéfiantes. Alice - baguette pointée en avant - dominait une Ashley expulsée à plusieurs mètres par le souffle de l’explosion, dont les oreilles, s’agitant follement devant ses longs cheveux bruns dansaient le mambo, rythmant la poussée régulière de ses dents de devant. Ces dernières avaient déjà atteint la taille des incisives d’un castor – et elles continuaient encore de pousser ! Un éclair de compréhension traversa la conscience d’Abbey : Alice, qui s’était attendue à ce coup traître, avait depuis longtemps préparé un Folloreille et un Dentesaugmento informulés, suivis d’un Bombarda pour empêcher toute riposte...
Dita, ne prêtant pas la moindre attention à ce qui se déroulait autour d’elle, continuait de dévisager Ashley avec hauteur et un souverain mépris, de ses yeux turquoise plein de morgue et de dédain. Finalement, ce fut d’une voix claire et ronronnante de satisfaction qu’elle s’adressa à la Poufsouffle.
Alice – Magnifique ! Voilà qui ressemblera beaucoup plus à ce que tu es réellement : une sale petite fouine !
Profitant de cette diversion, Abbey dirigea de nouveau sa baguette sur sa cousine et, avant même que celle-ci n’ait eu le temps de réaliser ce qui se passait, prononça la formule de désarmement :
Abbey – Expelliarmus !!
Le bout de bois de Drew se détacha de sa main dans un léger bond et s’envola, sifflant à travers les airs pour atterrir dans la paume tendue de Jill. Cette dernière, si elle était peut-être extrêmement réservée n’en était pas moins très bonne sorcière et surtout studieuse. Mine de rien, c’était sa qualité d’attention en cours et sa prodigieuse faculté de mémoire qui faisaient d’elle une magicienne bien supérieure à, par exemple, Ashley. Abbey était ainsi : opposition, mélange des contraires et dualité à elle seule : tour à tour froideur, indifférence glaciale ou colère meurtrière. Dans ces instants-là c’était une colère plus animale qu’humaine qui l’animait, un instinct de défense et d’agression presque bestial. C’était là sa face cachée, son aspect le plus sombre : « the dark side of the moon », comme disaient ses amis. Monstre d’indifférence ou monstre de fureur, la séparation entre les deux n’avait aucun sens pour Jill.
Guidé par la colère froide mais intense de la demoiselle, le sortilège propulsa Drew à plusieurs mètres comme si un fil invisible l’avait soudainement tirée en arrière. La rouge et or se cogna violemment le dos contre un arbre et grimaça de douleur, recroquevillée sur le sol. Troublée en dépit de sa rage par la souffrance de sa cousine, la demoiselle avança d’un pas, prête à lui venir en aide, mais un cri venu de derrière elle parut la réveiller comme une alerte rouge :
Alice – Abbey, attention !!
Abbey, dsitraite à nouveau n'eut que le temps d'apercevoir du coin de l’œil miss Graham saisir la baguette d’Ashley posée non loin de là, dans un dernier geste désespéré. Abbey tendit aussitôt la sienne d’un seul mouvement et, avec une précision et une simultanéité mortelles, le corps de Drew décolla du sol, suspendu en l’air par une cheville et comme tiré par un mystérieux fantôme. La jeune fille voulut hurler pour appeler à l’aide – car il était interdit de se battre en duel à Poudlard, sauf évidemment, dans l’enceinte du club destiné à cet effet - mais une légère torsade du poignet de la part de Jill l’en empêcha. Possédée par la haine et le ressentiment, ses yeux verts presque noirs vides de la moindre pitié, Abbey semblait prête à tout sous le rouge flamboyant qui teignait à présent ses cheveux – le rouge de la colère...
Dernière édition par Abbey J. Moongate le Mer 23 Juil - 3:08, édité 1 fois |
|  | | Abbey J. Moongate

Age : 18 Inscrit le : 19 Juil 2008 Messages : 14 Age du perso : .>> SIXTEEN YEARS OLD. Côté coeur : Fragile as glass, Born into Emptiness. Humeur : Equal, as always. More of me. Citation: Relations:
 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 19:05 | |
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|  | | Abbey J. Moongate

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 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Lun 21 Juil - 19:22 | |
| III. Hors RP. . .
_. Prénom :: on m'appelle Cécile Avec tous les petits surnoms à côté : Cilou, Cécilou, Cil', Loulou ( ) Bref, faites votre choix !
_. Âge :: 18 étés tout frais fêtés du mois de juin, les enfants
_. Niveau de RP :: ma foi je vous laisse en juger, mais au global je le pense correct Mister Louka & Mademoiselle Alevtina se rappelleront peut-être m'avoir aperçue sur Impero dans les derniers temps, sous l'identité d'une petite Sherkane discrète luttant dans son coin pour la survie d'un de ses forums préférés
_. Présence sur le forum :: si vous voulez bien de moi, avec les vacances, ce sera tous les jours En période scolaire, il se pourrait que cela se réduise aux week-end, auquel cas je préviendrai à l’avance.
_. Comment trouves-tu le forum ? :: tcha, est-ce encore une question à poser ? Magnifique
_. Code du règlement ::
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|  | | Abbey J. Moongate

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 | Sujet: Re: Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon Mer 23 Juil - 3:10 | |
| Dernière petite mention :: ma fiche est terminée |
|  | | | Abbey J. Moongate #. Fly me to the Moon | |
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