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La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.

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Cillian E. Downburry
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MessageSujet: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Sam 7 Juin - 23:35

Il s’avançait simplement dans l’herbe suave de cette fin d’après-midi, sa main tenant la sienne… Cordelia. Jolie serait un mot bien trop léger pour la qualifier, mais quelque chose n’allait pas dans leur relation, quelque chose qui n’allait jamais. Il la sentait inquiète, mais comment n’aurait-elle pu l’être alors qu’il avait voulu lui parler en privé, délaisser le château pour retrouver la solitude d’un instant illusoire. Prélude qui devait avoir lieu dans ce petit bosquet empli de ces mégots, de ces incertitudes ou de ces cœurs brisés qui tanguaient sous les aléas du temps. Les feuillages valsaient sous les assauts déraisonnables de leur amant le vent, sous ses gestes licencieux il laissait les feuilles s’envoler, le poussant à courir le long de leurs courbes sous une lascivité fébrile.

Lorsqu’il cessa d’avancer, elle l’imita, parfaite douceur à ses côtés, elle était telle une frêle poupée de porcelaine qu’il menaçait de briser d’un geste malencontreux, et la lune encore invisible laissait déjà une larme fugitive glisser sur ses joues frêles qu’elle aimerait qu’il ébauche comme il le faisait à cet instant fébrile, ses doigts s’apposant contre cette peau si délicate. Ce n’était qu’un geste qu’il lui offrait si souvent, mais quelque chose de différent brillait au fond de ses prunelles, et la jeune femme le sentait au plus profond d’elle-même, alors qu’elle laissait son regard disparaître en direction du sol, se souvenant de cet instant où il lui avait promis qu’elle ne risquait rien.

« C’est fini ? » demanda-t-elle d’une voix sourde, alors qu’il hochait simplement la tête, ses lèvres s’entrouvrant suavement.
« Il n’y a juste plus rien… tout est devenu fade, sans intérêt, sans saveur. Mais ce n’est pas ta faute. » argumenta-t-il d'une voix placide, involontairement glaciale sans doute, contredisant la douceur de ses doigts.
« C’est toi ? C’est toujours ce que tu dis ! » s’exclama-t-elle d’une manière si véhémente que cela trahissait la tristesse qui l’étreignait à cette seconde fugace et éternelle, l’incitant simplement à sourire, ses lèvres s’arquant, narquoises.
« Pourquoi changer ? »

Elle n’eut sans doute pas le cœur de lui répondre, puisqu’elle se contenta de lui offrir une gifle retentissante, avant de s’esquiver, ses joues devenues plus humides, tandis qu’il n’avait pas perdu son petit sourire fielleux. Il la regarda disparaître au loin, somptueuse apparition, créature impie digne de ces contes chatoyants où les femmes charmaient les hommes pour les emporter dans le royaume des morts. Certains jours, il s’interrogeait sur ce qui n’allait pas chez lui, ce qui le poussait à ne jamais véritablement s’éprendre d’elles, ces adolescentes, ces méandres de délices. Certainement qu’il attendait l’ultime, l’unique capable d’étancher la soif de son être, et de le rendre dépendant, telle une fontaine de jouvence à laquelle il ne cesserait de se pencher. Mais celle qui venait de disparaître espérait trop de lui… un amant éperdu, une horrible réalité qui ne lui ressemblait pas.

Sortant de sa poche un petit paquet blanc, il mena à ses lèvres un cigarette fine et précieuse, l’une de ces catins du dimanche qui l’avait rendu dépendant bien avant qu’il ne cède à ses désirs primaires en compagnie d’une jeune femme. La flamme de son briquet rougissant l’extrémité de sa maîtresse, le laissant savourer l’esquisse de la fumée qui serpentait vaporeusement autour de lui, nuage incertain qui troubla sa vision sous une nouvelle apparition lointaine. A quelques pas de là, de lui, se tenait la douce égérie de son enfance. Fascinante… Troublante… Pandora n’avait d’autre prénom à ses yeux, alors que ceux-ci se perdaient dans la contemplation des lignes tentatrices de son corps. D’un geste négligé, sa plus douce amante retrouva le cimetière de ses compagnes, sacrifiée sous l’obole d’une déesse de l’amour sournoise et tellement difficile à apprivoiser. Pourtant, s’il n’y avait eu que cela, sans doute aurait-elle partagé la soie de ses draps depuis longtemps. Tout changeait lorsque l’on connaissait les liens qui les unissaient, ce sang si semblable et pourtant si différent, frémissant, palpitant à l’ombre du déni.

Il repoussa quelques branches pour sortir de l’obscurité savante de ces lieux où les secrets les plus troubles se dissimulaient sans cesse, le laissant la suivre, cheminer dans ses pas légers et captivants, poursuivre jusqu’à l’indécence brumeuse des bois. Car la forêt s’érigeait déjà devant lui, devant elle, le laissant accélérer son avancé pour la rejoindre avant qu’elle n’y pénètre pour une raison qu’il ignorait, ses doigts se refermant sur son poignet, s’emparant sous ce geste de sa liberté. La forêt elle-même retenait son souffle en voyant l'apparition se diriger vers elle, digne créature de ceux qui résidaient parmi ses branchages indistincts, un ange auquel le ciel aurait refermé ses portes, brûlant ses ailes fragiles pour une damnation vascillante, tandis qu’il la retenait, faisant frémir l’âme des lieux sous cette main qui brisait une nouvelle fois les interdits.

« Où vas-tu ? » murmura-t-il aux ténèbres dans lesquelles se perdaient ces chatoyantes créatures, dont les mains tortueuses cherchaient déjà à les happer dans l’ombre taciturne des enfers.

Le jour tombait au loin, vaste déraison qui aurait dû les pousser à retourner dans la demeure où Cillian ne se pensait pas plus en sécurité qu’à cet endroit. Non... ici, ils étaient seuls, privés de ces étrangers qui suivaient le jeu de leurs êtres avec application. Sa cousine aimait tant d’hommes qu’il en devenait parfois compliqué de ne pas le joindre à ce tumulte de son âme, pour ceux qui ignoraient ce lien fragile de parenté qui les liait. A cette seconde, sa cape frissonna sous une nouvelle esquisse du vent, tandis qu’il laissait ses iris s’apposer sur les siennes, l’océan impétueux se perdant parmi ces mers brûlantes de l’équateur.
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Pandora A. Mephistos
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Dim 8 Juin - 14:56

    Ce n’était qu’en début d’après-midi que la jolie poupée de Serdaigle avait reçu un mystérieux petit message, durant le cours de Sortilèges&Enchantements, matière où elle excellait particulièrement et qui trouvait tout son intérêt aux yeux de la Belle. Et c’est alors qu’elle exécutait le coup de poignet nécessaire au bon usage de la formule que la main de sa camarade de gauche lui confia le petit bout de papier, un air de désintérêt sur la face, mais étincelle de curiosité dans le regard. Reposant calmement et gracieusement sa baguette en bois d’Aulne sur la surface de travail, les doigts de la Serdaigle ouvrirent délicatement la petite missive dont le message était clair et si simple : un rendez-vous dans la grande clairière de la Forêt Interdite, là où l’on se retrouvait souvent pour observer les créatures que la nature renfermait dans le cours de Soins aux Créatures Magiques. Et ce petit rendez-vous était signé à l’anonymat, de sorte que notre petite héroïne actuelle ne put savoir qui avait l’impudence de la convier dans un endroit aussi dangereux que celui-ci. Glissant le petit bout de papier dans son sac de cours, elle eut le loisir d’entendre sa camarade devenue un court instant messager lui murmurer quelques petites paroles.
    « Qu’est ce que c’était ? » Demandait-elle, de sa voix fébrile d’impatience. Jenny n’avait jamais su tenir sa curiosité en laisse, et ce, malgré les revendications de ses amies et autres personnes proches de la demoiselle. Elle ne quittait pas la fille aux cheveux cannelles des yeux. Elle voulait une réponse et harcèlerait l’objet de sa curiosité jusqu’à ce qu’elle obtienne satisfaction.
    « Un simple mot. » répondit celle qui attisait la curiosité, tout en reprenant sa baguette pour de nouveau faire face à l’exercice. Mais tout en sachant que l’intérêt de sa camarade n’était pas complet, elle rouvrit doucement ses lèvres pulpeuses et pâles pour laisser de nouveau sa voix mielleuse découler de ces dernières. « Un rendez-vous. »
    « Et tu comptes y aller ? » répliqua aussitôt la fameuse Jenny, dans une voix qui n’était plus murmure, et qui avait eu le don d’agacer quelque peu leur nouveau Professeur, Apolyon Rice. Attendant que leur nouveau instructeur se retourne, Pandora reprit la parole, dans un autre murmure, tout en lançant un regard en biais à sa camarade peu discrète.
    « Je ne vois pas pourquoi je devrai m’y rendre. Cette missive en rien n’éveille mon intérêt. »
    « Mais tu devrais y aller ! » Reprit la voix aigüe de son amie, dans un ton qui était hurlé, comme surpris par la réponse négative. Sans doute en fut-ce trop pour le professeur qui semblait colérique, car très vite sa voix suave prit le dessus alors que son regard aurait pu lancer des éclairs à la fautive de sa paix troublée. « Miss Jenkins ! Si mon cours ne vous intéresse pas, il vous reste toujours la solution de la porte ! Encore une parole de vos lèvres et je me ferai une joie de vous l’ouvrir. » Une menace qui eut tôt fait de remettre la curieuse en place, car très vite, une moue de honte prit place sur son minois peu gracieux. Intérieurement, la nommée Pandora ne put s’empêcher de sourire, passant à un nouvel exercice. Tournant son visage de poupée vers son ancien messager, elle esquissa un sourire accompagné d’un petit signe de tête positif. Et bien soit, elle se rendrait au rendez-vous, ou alors devrait subir les foudres de sa compagne et ses questions insolentes.

    Quand la fin du cours sonna, il lui restait bien 3 heures avant l’heure de la rencontre avec l’inconnu. Les cours se terminaient, laissant place au temps libre. Cet instant, aussi long soit il, la jeune fille l’employait très souvent à étudier, terminer ses devoirs ou encore même lire. Cette journée ne diffèrerait pas des autres, la belle se rendrait à la bibliothèque pour étudier et achever ses devoirs. Ce qu’en revanche elle n’avait pas réellement prévue, c’est qu’une tierce personne l’accompagnerait et ne la lâcherait pas d’une semelle. La fameuse Jenny curieuse était sur ses talons et posaient déjà assez de questions pour une décennie. Dans un soupir intérieur, Pandora ne put que laisser sa camarade la suivre tout en priant intérieurement pour qu’elle trouve une autre personne à enquiquiner. Hélas, sa prière ne fut pas exaucée et c’est durant deux heures et demie que la belle cause des Maux dut supporter la plus grande des souffrances : le Bavardage. Inutile sans doute de songer à vouloir étudier avec sérieux et concentration sa camarade posant sans cesse des questions sur ce qu’elle allait faire face à l’inconnue à la missive, comment elle agirait, si elle avait reconnue l’écriture ou non… Autant de questions qui recevaient des réponses mono syllabaires. Pandora n’avait jamais été causante, ce n’était certainement pas aujourd’hui que cela changerait… Confidences ou pas d’ailleurs, et elle montrait autant de réserve avec son aînée Anja.
    « C’est l’heure Pandora ! Ton Rendez-vous ! Oh rien que d’y penser, j’en suis toute excitée !! » Réplique qui arracha une réponse cynique à la concernée. « Pas la peine de t’emballer autant, c’est mon rendez-vous, pas le tien. Tu ramèneras mon sac à la Salle C. ? » Réponse positive, elle pouvait partir tranquille. Enfin débarrassée de la Pie bavarde, la Serdaigle pouvait enfin respirer et souffler. Contrairement à la majorité des autres filles qui recevaient ce genre de désir de rencontre, Pandora n’était pas en état de stress ou d’inquiétude. Elle avait en quelques sortes l’habitude de ce genre de choses.

    Ses pas la menèrent calmement jusqu’au lieu où elle devait se rendre, mais avant même que tout son être ne pénètre dans le lieu qui se voulait Interdit et dangereux, une main enserrait son délicat poignet, brisant la liberté de ses faits et gestes. Cette autre peau qui la touchait, elle la connaissait, et il avait seulement fallut qu’elle tourne le reste de son corps et sa tête pour confirmer sa pensée déjà tournée.
    « Où vas-tu ? » murmurait cette voix suave et ténébreuse qui ne pouvait que la faire frémir lorsqu’elle glissait dans son oreille.

    « Là où tu ne peux aller pour moi »
    répondit alors la voix mielleuse de Pandora qui ne quittait plus des yeux cet être qu’elle aimait depuis sa tendre enfance. Rien que cette petite phrase pouvait facilement renseigner ce jeune homme dont le sang était si semblable au sien. Pandora était aimée des hommes, la gente masculine plaisait à la jeune fille, ne vous en déplaise. C’est la vie, et l’on n’y peut rien. Mais déjà son être se rapprochait spirituellement et physiquement de son compagnon qui la tenait prisonnière, l’empêchant d’esquisser un pas de plus.
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Cillian E. Downburry
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Dim 8 Juin - 20:03

Elle partait rejoindre un homme, autre que lui, différent, celui dont il aurait aimé s’emparer du corps l’espace de quelques heures pour frémir sous ses lèvres, ses baisers, cette indécence qu’il n’arrivait à chasser de son esprit. Et personne n’avait jamais su, personne ne s’était jamais douté de cette fourbe attraction qui les unissait depuis ce frêle instant de leurs dix ans, sous cette première rencontre sous l’éclat de la solitude qui les avait mené à s’embrasser, comme deux enfants auraient pu le faire. L’innocence n’avait pas de prix, pourtant elle s’était évaporée au fil du temps, leurs lèvres demandant plus, s’abandonnant à l’illusion vaseuse d’un désir troublant qu’ils n’avaient pourtant jamais consommé. Sous le mirage d’un lien qu’il ne pensait pas aussi réel qu’il pouvait le paraître aux autres, il n’avait pas grandit à ses côtés, ne l’avait pas vu faire ses premiers pas. Aussi comment pouvait-on lui demander de l’appeler cousine et de la percevoir comme telle ? Le diable se trompait, rien n’était jamais si simple sous le faste capricieux de ces étreintes volages, fugaces.

Il avait appris pour Cassandre sans y formuler un traître mot, laissant dans les ténèbres ses sentiments qui l’ébranlaient sous la proximité de sa proie. Tant de garçons vivaient en ces murs et elle avait choisi celui qui lui était le plus proche… silencieux, il ne l’avait plus touchée durant ces instants, ces jours, ces semaines où ils étaient amants. Comment l’aurait-il pu ? Mais il n’ignorait pas les manigances de sa cousine, les baisers brûlants qu’elle devait offrir à d’autres, sans penser un seul instant à lui devenir fidèle comme Cillian pouvait l’être lorsqu’il partageait des heures avec une douce créature. Si semblables, mais si différents, réalité qui leur allait si bien, capable de chasser les ombres du ciel lorsqu’ils se retrouvaient pourtant. Il avait simplement préféré s’effacer, oublier les délices de sa peau, la chaleur capricieuse de ses mains sinueuses. Elle était unique, et pourtant il y en avait tant d’autres, Cordélia en avait été la preuve la plus récente, celle qui avait laissé l’empreinte de ses doigts sur sa joue qui persistait encore sous une douce rougeur involontaire.

Etait-elle réellement partie, avait-elle disparue comme il l’avait cru, ou traînait-elle encore dans l’optique d’observer celle qu’il allait sans doute rejoindre ? La question, si fragile pouvait-elle être avait tant de vigueur que cela en devenait presque étrange. Alors qu’il n’y prêtait finalement aucune attention. Pandora était l’une des ces nymphes insaisissables que les astres eux-mêmes ne cessaient de caresser de leurs regards envieux, de celles qui se devaient de n’appartenir à personne. Pourtant, il l’avait vu fuir lorsqu’elle avait découvert la vérité sur Cassandre, il avait entendu ce dernier parler d’elle en termes péjoratifs… mais elle ne fuyait jamais ses amants, pas de cette manière en tout cas. Même lui n’avait pas ce privilège, ils s’esquivaient simplement sous un jeu auquel ils participaient depuis si longtemps, ce n’était pas comparable. Il aurait voulu lui demander… l’interroger… mais il s’était tût, condamnant la vérité sous les mystères des rayons de cette lune qui envahirait bientôt le ciel qui les regardait à cette seconde tardive.

Muré dans un silence frileux, il la laissa se rapprocher, ses doigts venant ébaucher la finesse de sa taille, sa main glissant le long de ce tissu vaporeux qui recouvrait son bras, sa peau délicieuse, la fragrance de son être brisant les tabous interdits, son parfum capturant ses frêles résistances pour les lancer aux loups invisibles de l’errance. Les buissons frissonnaient sous l’indécence de ces gestes, sous la lascivité de l’esquisse de ses courbes. Elle était cette neige qui ne fondait jamais, éternelle de beauté, aussi douce que ces précieux flocons qui graviraient le temps pour rejoindre l’imparfaite nuitée qui s’approchait, fugace, fantasque et insensé délice.

« Alors pourquoi rester ? »

Parce qu’il la retenait, l’empêchait de fuir, de disparaître dans la nuit noire et vaporeuse ? Ses doigts s’étaient effacés… partis à la recherche des ténébreuses réalités de sa cousine. Il savait qu’elle ne partirait plus, ou peut-être l’espérait-il simplement. La regarder disparaître pour rejoindre celui dont le simple nom lui échappait, il ne l’aurait pas accepté. Peut-être même l’aurait-il suivi pour briser cet inconstant qui le privait de celle pour laquelle son corps se tendait. Prudemment, ses lèvres effleurèrent les siennes, sans s’en emparer, juste pour en ressentir le miel aux effluves d’une rose oubliée, gracieuse muse que les peintres voudraient mille fois aimer. Etait-ce ainsi qu’il se conduisait, insolent artiste, aveuglé par le nacre de son être, ayant besoin de redessiner ce qu’il ne pouvait voir pour le saisir, arpenter chacune de ses lignes sous l’invraisemblable irréalité de leurs liens ?

« Nos étreintes sont-elles plus attirantes ? » souffla-t-il, son regard trahissant brièvement la fièvre du désir qu’il ressentait pour elle, avant que ses iris ne s’égarent sur ces lèvres contre lesquelles les siennes s’apposèrent insidieusement. Ce n’était qu’un contact fragile, tout autant que l’était la neige qui se dissipait au contact d’un vêtement, trépassant sous la séparation fugace qu’il provoqua, l’incitant à reculer de quelques pas ; tout en murmurant d’autres paroles funestes, sa voix devenant plus sourde, plus chaude également, comme une caresse qui s’étirait vaporeusement sur l’ivoire de sa peau : « N’aimerais-tu pas plutôt le rejoindre ? »

Ressentir son être contre le sien, le laisser s'abreuver à sa peau soyeuse et si attirante. Il doutait qu'elle veuille rejoindre l'inconnu, et il ne jouait que sur ce qu'il connaissait, son jeu persistait à vibrer à travers ces cartes invisibles et cajoleuses. Et si la jalousie paraissait se glisser sournoisement dans les tréfonds de son cœur, il n'y voyait que la convoitise et le désir de la garder dans ses bras une nuit de plus, un instant de moins. A cette si lointaine minute qui tardait à s’écouler dans le firmament du soir, il la laissa reculer jusqu’à ce que son dos finisse par rencontrer le tronc rude d’un arbre. Mais il ne l’embrassa pas, laissant simplement ses mains glisser vaporeusement sur sa taille, attendant ses réponses… qu’elle s’en aille si elle le désirait véritablement, qu’elle le laisse dans les méandres d’une folie grisante.
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Pandora A. Mephistos
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Lun 9 Juin - 20:48

    N’était ce pas par excès de curiosité qu’elle se rendait à ce rendez-vous ? Vil défaut qui la menait dans les méandres d’un piège sans doute… Mais dans un autre sens, ne s’y rendait elle pas aussi dans l’unique but d’échapper à une pie si curieuse qu’elle en devenait agaçante ? C’était bien heureux que l’autre Serdaigle n’est pas eu l’idée de la suivre, juste dans l’unique but de veiller à ce que la douce Pandora se rende bien au lieu de Rendez-vous et pas ailleurs. Il y avait juste un petit contretemps à ce joyeux programme, obstacle qui prenait les traits de Cillian, son plus proche cousin. La nature de leur relation échappait à tout le monde, parfois à eux même, rares étaient ceux qui savaient qu’ils étaient cousins, mais tout le monde ignorait qu’ils étaient des « amants » occasionnels, relation qu’ils entretenaient depuis très certainement l’âge de leur dix ans, dans une promesse implicite d’un baiser qui paraissait si innocent à l’époque mais qui reflétait déjà la perversité de leur désir non-assouvi. Le temps qui s’enfuyait avait affiné leur lien, dégrossi l’illusion et gommé le point d’interrogation, et tout cela avait débuté avec leur première rencontre, quand il était enfin venu vivre avec son père. La famille Mephistos avait été conviée pour l’occasion et déjà cette famille était dotée de trois filles, uniques héritières du nom. Ce n’était pas un hasard donc si le regard Saphir/Emeraude de la jeune Pandora avait croisé celui du jeune Cillian pour s’y ancrer pour un long moment.

    Cassandre. Une histoire qui avait prit assez d’importance dans la vie de la jeune fille, il avait été le premier à la posséder de tout son être, à voler les dernières parcelles d’innocence qu’elle possédait encore. Fier conquérant, il avait arpenté le désert de sa peau sous des baisers brûlants, juste parce que la curiosité avait encore étreint dans ses bras la jolie Serdaigle. Les jeux de l’amour et des tentations avait alors prit un autre tournant et prenait désormais une toute autre ampleur. Mais oh combien elle avait regretté Cillian durant ce temps, avide de ses baisers et de ses caresses, elle avait finit par se sentir légèrement frustrée, sentiment qu’elle noyait dans les bras d’un autre, le meilleur ami de celui qui lui manquait. Que pouvait-elle bien chercher dans cette relation ? Rendre jaloux son Cillian, son Serpentard ? Hélas, la relation n’ayant rien d’exclusive, bien des personnes ignoraient pour les deux amants. Et puis les sentiments. Pandora les avait bridé pour ne pas en ressentir un excès Et puis… Et puis un jour, elle avait finit par partir, forcée par le destin, par les rumeurs, et tellement d’autres choses à la fois. Elle n’avait pas vraiment revu le Serpentard en face à face depuis, évitant soigneusement ses regards, et sa présence par la même occasion, ce qui n’était pas toujours chose facile, puisque de même année. Hélas, on évite pas toute une vie les personnes n’est ce pas ? Pandora était parfaitement consciente qu’il lui faudrait donner les raisons de son départ. Et cette année, elle n’espérait qu’une chose : retrouver son premier amour, celui de son enfance, celui qui faisait chavirer son cœur, frémir sa peau sous quelques caresses. Sentir de nouveau ses lèvres sur les siennes pour pouvoir de nouveau le serrer dans ses bras et sentir sa peau contre la sienne. Une étreinte si osée et qui pourtant encore chaste. Le destin si capricieux ne le leur laissait guère le temps d’aller plus loin, a moins que ce ne soit leur personnalité trop semblable… La raison importait peu puisque le résultat n’était jamais là.

    La fameuse Cordélia… Comment expliquer l’aversion que pouvait lui porter Pandora ? Elle qui lui volait publiquement SON Serpentard ? Discrète comme elle était, la jeune fille n’en avait rien montré, mais oh combien elle bouillait intérieurement… Et pourtant, le destin… En venant ici, ne l’avait elle pas rencontré, la douce et si jolie Cordélia qu’elle haïssait tant, les yeux brillants et les joues souillées de larmes salées ? Il ne fallait pas sortir d’une grande école pour comprendre que Cillian avait enfin mit un point à leur Idylle. Sans doute était ce à cet instant qu’elle avait daigné saluer Cordélia, alors qu’intérieurement, elle jubilait sans aucun doute. Il n’était pas difficile de comprendre qu’elle considérait Cillian comme étant sien. Il lui faudrait certainement penser à demander la raison de cette rupture soudaine lorsqu’elle verrait le fautif et briseur de cœur.
    Et s’il venait un jour à lui demander pourquoi elle avait fui les bras de Cassandre, ses lèvres resteraient closes, sa voix ne franchirait pas sa barrière de chair rose… Un sujet qu’elle préférait écarter de toute discussion… Le passé doit rester là où il est.

    Et alors qu’elle se rapprochait doucement du jeune homme, elle sentit les doigts de ce derniers sinuer doucement sur sa taille, glisser le long de sa chemise, son souffle ralentissait pas à pas, appréciant la délicatesse de ce geste, tandis que l’esprit se plaisait à imaginer une toute autre situation, une autre circonstance. Contact si délicieux qu’elle pouvait s’empêcher de laisser son frêle esprit vagabonder sur un petit chemin de souvenir qui lui rappelait combien ils avaient été si proche un temps, quand leur peau pouvait encore se toucher sans crainte ni contrainte. Et la distance les séparant diminuait de plus en plus, rapprochant dangereusement leurs deux êtres, dans une intimité qui ne pouvait leur appartenir mais à laquelle ils cédaient partiellement.
    « Alors pourquoi rester ? » Parce qu’il la retenait, de par sa main, son être et son esprit. Il la connaissait trop bien pour savoir qu’elle ne le quitterait pas ce soir, n’irait pas rejoindre cet autre qui l’attendait sans doute quelque part, et qui resterait seul ce soir, déjà oublié par celle avec qui il aurait aimé passer la nuit, parcourir rien que quelques heures le même chemin qu’elle. Elle savait qu’il ne la laisserait pas partir si facilement, la suivrait si elle désirait partir. Ce n’était pas un réel savoir, il ne le lui avait jamais dit, ce n’était qu’une supposition certaine, un sentiment qu’elle connaissait déjà, un désir. Sa réponse n’allait pas tarder, et sans doute l’aurait elle déjà murmurée si les lèvres si chaudes de son autre n’avaient pas ébauchées les siennes, glissant doucement, à la manière d’une plume sur une parcelle de peau, un court instant, son souffle se coupa, juste le temps d’apprécier la chaleur du geste, que sa main vienne subtilement se promener sur sa joue, sur cette marque qui demeurait rouge et où l’on devinait le passage d’une ancienne maîtresse frustrée.

    « Je ne sais pas… »

    Ne put-elle que chuchoter, alors que son corps cette fois rejoignait celui du Serpentard. Oui, leurs étreintes étaient bien plus attirantes, plus subtiles… Plus de tout. Elle en ressentait encore chaque seconde dans son bas-ventre qui n’avait jamais connu la chaleur totale de cet amant spirituel, et ce soir encore, elle voulait connaître de nouveau ces instants fugaces qui les poussaient à aller toujours plus loin, mais jamais assez. Et ses lèvres trouvèrent les siennes, dans une apposition qui ne les incitait pas encore à mêler totalement leurs souffles. Doucement, guidée par cet implicite amant, elle reculait, confiante quant à l’endroit où il la menait. Ses bras avaient finit par rejoindre son torse, ses délicats doigts jouant avec évidence avec les boutons de sa chemise. « N’aimerais-tu pas plutôt le rejoindre ? » Cette fois, à ces paroles funestes pour elle, elle posa son index sur ses lèvres, lui intimant de se taire, de ne plus rien dire, chuchotant à son oreille d’oublier cet autre qu’elle ne rejoindrait pas. L’autre oublié et dont il lui rappelait la présence sans que pourtant, la pensée de partir n’effleure son esprit malicieux.
    Ramenant le Serpentard à elle, la bronze&bleue reprit son jeu où elle l’avait cessé, faisant sauter les boutons du bas de sa chemise dans l’unique but de se frayer un chemin jusqu’à sa peau, laissant ses deux mains se promener le long de l’abdomen, ses ongles glisser sur ce tissu chaud qui la faisait doucement vibrer à mesure que le temps s’écoulait. Une surface dure se fit enfin sentir contre le dos de la jeune femme, sur laquelle elle s’accola, ses lèvres rejoignant avec la promesse de la tendresse infinie celle du voleur de son être, une de ses mains glissant jusqu’à sa nuque quand l’autre jouait avec les creux qu’elle trouvait près de ses reins, dans une réponse si évidente qu’il n’était pas possible de la rater.


    En secret on s’verrait
    Dehors sans lumière…
    J’te dirai combien tu m’as manqué…
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Cillian E. Downburry
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Mer 11 Juin - 17:49

Que se passerait-il une fois que leurs êtres s’offriraient l’un à l’autre ? Se détournerait-il d’elle, ou peut-être la jeune femme de lui, à l’instant où la curiosité et le désir s’évanouiraient sous la chaleur enivrante d’un soleil insistant ? C’était sans doute une réalité, la plus vraisemblable de toute… car comment imaginer qu’ils persisteraient à vouloir effleurer l’essence de l’autre pour quelques secondes, sous de frêles espérances sournoises ? Il n’était qu’un bâtard, il le savait depuis toujours malgré l’amour que lui portait sa mère, ou même la reconnaissance de son père. Un accident regrettable que l’on était finalement venu rechercher dans les draps de sa douce génitrice contre laquelle il sommeillait encore… sombre image illusoire, mais qui sans doute était celle qu’il aurait voulu conserver dans l’obscurité de ses songes, juste pour pouvoir haïr cet homme qui lui avait simplement demandé de le suivre, que la vie l’attendait parmi un rang plus élevé. Il y avait vu la déraison d’une sphère différente, d’échapper à l’oppression maternelle… elle lui avait appris tout ce qu’il pouvait lui dérober de ses connaissances, il lui fallait plus, son âme le lui criait sourdement autrefois, tout comme à cette seconde. Il voulait plus, avoir cette réponse tout en la redoutant. Etait-ce la peur ? Celle dont il accusait les autres qui le retenait sans cesse de lui dérober plus que quelques étreintes ? Quelques baisers ? Quelques instants ? Sans doute… Tout comme il ne pourrait dérober à son ami la personne qu’il désirait de son être.

Peut-être avait-il saisit… mais le sujet n’était jamais venu entre eux, malgré la distance qu’il appliquait avec celle qui était sa cousine. Oui, il devait avoir compris que Cillian avait mis tout ce qu’il ressentait dans une petite boîte d’étain dont il avait jeté la clé au fond du lac, parmi les méandres d’une obscurité blafarde et dangereuse. Celle-là même que Pandora était allée chercher, ses doigts s’emparant des siens au détour d’un couloir, le retenant, glissant ses lèvres sur les siennes quelques fragiles secondes qui l’avait laissé brûlant de la revoir, de l’effleurer à nouveau comme autrefois. Pourtant, ce n’était pas si simple, rien ne l’était vraiment… car l’envie de vomir, ce sentiment indicible qui faisait frémir son corps, il l’avait ressenti, se donnant cette désagréable impression de combler des draps à peine froids, à peine… mais quelle importance ? Jamais il n’aurait pu la rejoindre, l’enlacer, chavirer avec elle dans l’incestueuse valse de leurs êtres ; sans laisser le vent chasser les souvenirs de Cassandre, oublier cet abandon sournois, pour ne pas le trahir à son tour.

Ainsi il avait résisté, un temps encore, presque invisible lorsqu’il y repensait. Les secondes et les heures s’étaient enlacées pour le pousser vers d’autres lèvres dont l’ébauche n’avait plus de mystère, jusqu’à s’échouer sur de fins tissus tremblants de cette promiscuité, de cet abandon de l’un et de l’autre, mais pas avec celle qui entrouvrit le coffret, libérant les affres du Tartare sur le monde. Non… avec une autre, l’une de celle qu’il aima tendrement, sans pour autant pouvoir affirmer qu’il était amoureux d’elle. De la tendresse… juste cela, n’était-ce pas ce qui comptait, cette errance sournoise de deux êtres qui gravissent une colline capable de les entraîner dans une autre réalité, là où il n’y avait qu’eux et le ciel.
Jusqu’à…

Heaven bent to take my hand
And lead me through the fire


… ce que cela soit lui qui emprisonne celle qui, malgré ses yeux clos, savait dessiner ses courbes à son esprit, et qu’il l’attire contre lui sous la déraisonnable obscurité d’une simple nuit étreinte par un silence glacé et brûlant pour un simple baiser, troublé par des pas qui les avaient fait se séparer. Ce silence comme il pouvait exister ce soir-là, comme tant d’autres également, la nuit jouait de son capricieux manteau pour dissimuler le délit de leurs gestes, cette caresse qu’elle fit glisser sur sa joue telle une plume suave capable de chasser la douleur fugace de la violence d’une autre, ce doigt qui l’empêchait de lui souffler de penser à un autre, sa main qui dégrafait suavement les attaches de sa chemise. Il la laissait faire, juste pour… se perdre dans l’indolence d’une fragrance, d’un parfum : le sien. Il n’avait pas réussi à oublier la saveur de sa peau, de ses lèvres, de ses caresses hasardeuses et aguicheuses qui savaient le faire frémir sourdement.

Et ce fut un fin frisson qui s’égara jusque dans le creux de ses reins sous le délice de ses doigts, de ses lèvres qui emprisonnèrent les siennes sous une danse inquisitrice de leurs langues. Balais invisible qui l’incita à se lover lascivement contre elle, ses mains glissant sourdement sur ses épaules, repoussant la cape qui la recouvrait, retenue néanmoins par la rugueuse aspérité du tronc, la protégeant d’un douloureux appui contre celui-ci. Infidèles et sournois, ses doigts s’aventurèrent dans sa chevelure, glissant parmi ce miel dans lequel tant d’autres s’étaient égarés… avant de revenir s’attarder sur le fin tissu qui la préservait encore de son impudence, le soulevant fielleusement à auteur de sa taille, laissant ses mains s’insinuer sous celui-ci, serpenter sur la douceur de sa peau dont ses lèvres s’imprégnèrent en s’esquivant des siennes, chutant jusqu’à ébaucher la cambrure de sa nuque sous de délicieux baisers.

Chasser l’étoffe qui entravait ses gestes, la laisser glisser jusqu’à dévoiler des terres qu’il connaissait si bien, et sur lesquelles il retrouvait sa force sous une fourbe attirance. Ainsi, sa seconde main vint s’échouer jusque sous ses reins, lui faisant perdre pied, soulevant ses courbes pour mener ses lèvres sur ces monts de neige et d’or, sur ce qu’un autre tissu voulait bien dévoiler à l’enivrement de ces secondes. Il avait l’impression de s’égarer dans ces limbes imprécis qu’il ne découvrait qu’avec elle, son propre sang… alors qu’il redessinait chaque ligne que l’étoffe dévoilait sous la lenteur lancinante de ses autres doigts qui ne la soutenaient pas elle, mais le linge soyeux qu’ils ne cessaient de repousser. Subitement, il interrompit ces instants d’errance, son front s’apposant contre son cœur, le sentant battre sourdement à ce contact insidieux et surprenant. Et ce fut un faible soupir qui s’esquiva de ses lèvres, son souffle se perdant sur la peau jalouse de son ventre tout en la laissant glisser doucement pour que ses pieds retrouvent la matérialité du sol, son visage s’écartant pour laisser ses prunelles océanes s’égarer sur les siennes.

« Où est-ce que cela va nous mener ? » murmura-t-il d’un timbre plus sourd, ses doigts glissant comme à regret de son corps pour retomber le long du sien, ce faisant, ses iris s’orientèrent sur le côté, alors qu’il ajoutait sans lui laisser le temps de répondre à sa première question : « Tu devrais partir Pandora. Rentrer ou le retrouver, tu es libre… libre d’agir comme tu le souhaites. »

Les anges n’existent pas
Il pensait l’avoir dit.
Mais ce n’était plus ça
Qui l’torturait ainsi.


© Sarah Mclachlan – Fallen

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Pandora A. Mephistos
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Jeu 12 Juin - 23:13

    Pandora n’avait jamais osé réfléchir aux conséquences qui pourraient suivre si une telle union avait lieu entre eux. Jamais l’idée de se détourner de lui ne lui était venue à l’esprit, pas plus que le fait qu’on pourrait les découvrir et les blâmer plus que sévèrement pour cet acte amoureux qui, selon certains point de vue, ne doit pas se faire avant l’acte de mariage. Mais encore une fois, la belle était à 10 000 lieux de songer à un tel projet. En réalité, son esprit était un réel labyrinthe, et tenter de savoir à quoi elle pouvait bien songer ou rêver constituait un réel défi, sa plus proche sœur elle-même était bien incapable de dire avec exactitude à quoi la mine rêveuse de sa cadette se référait. Et puis cet acte d’offrande de leurs deux êtres, la jeune fille n’avait même pas osé la rêver, non pas par dégoût puisque le sentiment qu’elle éprouvait pour son cousin était bien sincère, mais parce que la réalité pourrait s’avérer être bien plus belle que ses songes, que son imagination. Dire avec nonchalance qu’elle n’attendait que d’être dans les draps de Cillian serait un pur mensonge, si vous saviez combien elle attendait de lui, d’eux, bien plus qu’une simple étreinte… Et le fait que Cillian soit né hors-mariage ne semblait jamais avoir gêné la jeune fille, pas plus que ce sang si semblable, cette origine… Après tout, ne possédait elle pas elle-même une parcelle de sang-moldue en ses veines ? Faute d’un de ses grands-parents du côté maternel. Mais quelle importance cela pouvait il bien avoir en réalité, puisque, dans ce tissu liquide rouge, ne pouvait-on pas trouver cette royauté si bien enfouie par les secrets de famille ? Etait cette étrange attache liée au passée qui lui conférait cette étrange beauté, ce port de tête si droit et cette grâce jusqu’au bout des ongles ? Peu importe en réalité, car si la chose s’avérait être vraie, jamais une couronne faite d’or et de diamants ne viendrait orner la tête de la jeune femme. Mais le futur est pourtant si incertain, tout autant que le leur, étrangement, leurs destins étaient étroitement liés, mais se rejoignaient ils vraiment pour autant ? Imaginer une éventuelle séparation serait peut-être voire certainement le coup qui achèverait la poupée de porcelaine. Elle qui n’osait pleurer ses larmes de rage, qui se retenait de hurler la tête enfouie dans son oreiller chaque fois qu’une autre passait dans les bras de son cousin, entre Amy, Gina, Cordélia et toutes les autres catins de cette école, elle ne pouvait que vouloir hurler son désespoir à la lune, tel un Lycan. Et face à tout cela, face à ces sangsues féminines, elle gardait la tête haute, son visage de princesse ne montrant que sa vertu et son côté prude. Nul n’aurait pu soupçonner combien elle pouvait bouillir de colère, de rage et d’anéantissement. Personne si ce n’était Lui. Il lui suffisait seulement de croiser son regard pour le deviner avec aisance combien elle aurait aimé être à la place de cette autre, cette chanceuse, celle dont jamais elle n’aurait la place parce qu’elle valait plus et parce que leur sang le leur interdisait. Et implicitement, il y avait cette peur de le perdre, qu’il ne se détourne d’elle, ne trouve mieux ailleurs. Etait ce pour cela qu’ils n’allaient jamais plus loin que de simples caresses et baisers ? Parce que cette indicible peur leur tiraillait les entrailles au point qu’ils se devaient de cesser toute activité qui pourrait bien les mener un jour à éprouver un sentiment d’amour qui naîtrait avec ce « sans-espoir » ?

    Cette clé qu’elle était allée chercher et qu’elle conservait contre son cœur, elle n’était pas désireuse de la confier à une autre ou de la lui rendre. Elle était sienne, l’avait trouvé, sauvé de l’oubli et comptait bien la garder jusqu’à son dernier souffle. Cela pouvait sans doute paraître égoïste, mais dans ce sens, qui ne l’était pas de nos jours ? Combien de jeunes filles auraient rêvé de posséder cette clé qu’il pouvait clamer ne pas avoir. Gardienne de son cœur, elle exigeait d’être l’unique. Et pour le lui faire comprendre, pour lui prouver que de nouveau, elle pouvait être entièrement à lui, elle avait été le chercher dans ce couloir désert, son être se pressant doucement contre le sien, ses lèvres glissant doucement sur les siennes, à la manière d’une caresse, alors qu’elle disparaissait de nouveau, telle une illusion, un songe, un rêve. Cette petite étreinte qui lui avait rappelé combien elle ne pouvait pas se passer de lui, à quel point ses lèvres étaient si douces, et comme la chaleur de sa peau avait pu lui manquer. Rien n’est simple dans la vie, et pourtant, elle aurait aimé qu’entre eux deux, ce le soit, qu’ils soient libres de leurs faits et gestes, que rien ne leur interdise ce simple contact qui la rendait folle, aliénée par ce sentiment pour lui. Combien de fois ne s’était elle pas laissé glisser contre une paroi après l’avoir vu, rêveuse et pourtant terriblement mortifiée, la tête entre les mains, avec cette connaissance, ce fait de savoir qu’ils resteraient au point mort et qu’ils ne pourraient jamais aller plus loin que ces caresses ardentes dont elle était si friande. C’était parfois à vouloir se pendre. Et si parfois on percevait ces petites perles que l’on ne pouvait mettre en collier, elle rétorquait simplement qu’elle s’était sentie mal, ou que c’était simplement ses nerfs qui lâchaient. Elle refusait de se trahir, de les trahir ou les mettre dans une position qui leur serait fatal.

    Et puis Elle était arrivée, celle qui les séparerait encore une fois, profitant de la fidélité du Serpentard, principe qu’il n’abandonnerait sans doute même pas pour elle. Elle avait vu l’évolution et assistait à la décadence, et si le début et le milieu lui avait arraché ces cris étouffés, et les complaintes incomplètes dans les bras d’une confidente qui ignorait tout de la situation, la fin en revanche, la soulageait, lui redonnait ce petit espoir. Son cœur de nouveau pouvait chanter, même avec timidité.


    Time always reveals
    The lonely light of morning
    The wound that would not heal
    It’s the bitter taste of losing
    Everything
    That I have held so dear


    Et cette nuit, ce cœur chantait plus fort sous les caresses, cette étreinte dont elle avait tant rêvé depuis leur séparation qui avait été trop longue au goût de la jeune fille. L’endroit était peu propice à ce genre d’embrassade et enlacement lorsqu’on savait que quelqu’un attendait la demoiselle dans un endroit peu éloigné de celui où ils se trouvaient. Mais la raison pouvait elle avoir un droit quelconque dans ces retrouvailles ? Certainement pas. Déjà l’être de la silhouette féminine vibrait sous le contact de cet autre qui avait ancré toute son âme dans celle de la Serdaigle, son esprit était ailleurs, loin d’une réalité dérangeante pour d’autres, mais si proche de la leur. Son visage venant se cacher dans la nuque de celui pour qui elle frémissait, elle laissa ses mains se perdre sur sa peau, alors que ses lèvres retrouvaient la saveur perdue des siennes, dans ce genre de baiser qui reflétait tant de choses et qui pouvait se faire si innocent parfois, ce qui menait à la contradiction en rapport avec le rapprochement de leur corps, tout autant que leurs gestes qui n’étaient pas ceux qu’ils auraient dû avoir en d’autres circonstances… Mais alors que sa cape glissait doucement de ses épaules, ses doigts si fins et délicats prenaient ce malin plaisir à déboutonner la chemise impeccable de cet amant, en écartant les pans avec lenteur et douceur, comme si le temps s’était figé pour les laisser se reconnaître sous cette lune naissante qui serait le témoin d’une union charnelle qui jusqu’alors, n’était jamais parvenue à être complète. Et quand sa peau put enfin retrouver celle qu’elle connaissait par cœur, celle qu’elle espérait contre la sienne chaque nuit, la belle ne put empêcher un soupir d’aise de franchir ses lèvres tout en attirant un peu plus son amant contre elle, comme par peur de le voir s’enfuir. Ce n’est qu’au moment où elle sentit que son être pourrait s’embraser que la jolie Pandora laissa ses mains se diriger vers les reins du Serpentard, avec cet unique espoir de voir leur attente prendre fin. Et pourtant, ne dit on pas que c’est toujours meilleurs lorsqu’on attend ? Mais la leur ? Leur patience pourrait elle supporter de voir encore une fois un refus de l’un ou de l’autre ? Et quand enfin elle sentit les dernières barrières céder, la deuxième fille de Mephistos s’empara des lèvres de son cousin pour un ultime baiser chargé de tout ce qu’ils ne connaissaient peut-être pas encore. Hélas, encore une fois, le destin semblait se moquer d’eux en rendant la conscience de l’un, l’obligeant à cesser tout geste qui pourrait les mener sur le sentier de la perdition, qui les pousserait à commettre cette faute dont personne n’aurait peut être jamais vent. C’est lorsqu’elle sentit le front de l’être adoré sur son cœur qu’elle rouvrit les yeux, suppliant le ciel de ne pas s’interposer encore une fois entre eux. Mais encore une fois, son vœu ne fut pas exaucé, et elle le comprit sous les répliques du jeune homme qui déjà quittait doucement, comme à regret, le corps encore tremblant de la jeune demoiselle.

    Jusqu’où cela pourrait il les mener ? Elle-même n’avait pas la réponse à cette question, et pourtant, combien elle aurait voulu la posséder, lui dire que tout irait bien, que cela impliquerait bien des choses et pourtant, pas tant qu’ils ne le pensaient, qu’ils pouvaient faire fuir cette peur qui ne les quittait pas.
    « Tu devrais partir Pandora. Rentrer ou le retrouver, tu es libre…libre d’agir comme tu le souhaites. » Et pourtant, lui laissait il le choix ? Deux seulement, et aucun ne lui convenait vraiment. Rentrer, elle n’en avait pas envie, encore moins que de retrouver cet inconnu. N’était ce pas pour lui que tout son être frémissait, tremblait ? Pour lui que ses yeux brillaient et que son cœur battait si fort ? Sa chevelure cannelle et miel défaite, elle s’approcha de lui, entourant son être de ses fins bras, posant sa tête contre son torse, se protégeant de l’ambiance froide qui s’installait.

    « J’ignore encore où cela nous mènera Cillian… Et si je dois encore attendre dix ans pour le savoir, alors je patienterai… Mais ne me demande pas de partir… Pas ce soir. Pas quand je te retrouve. »

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Cillian E. Downburry
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Mer 18 Juin - 21:58

Son regard se perdait sur les affres du temps, l’incertitude du monde tandis qu’il venait suavement de la repousser, paraissant presque l’oublier, mais il la savait si proche, si douce et si fragile. Capricieuse égérie du Diable qui ne la laisserait jamais s’envoler dans le firmament des songes, ou peut-être si brièvement que rien n’y conterait. Souvenir… frêle flamme incandescente et frondeuse qu’il entrevoyait sous ses yeux mi-clos égarés, apparition tourmenteuse qui lui chantait les réactions parfois incisives qu’il pouvait avoir en ce qui la concernait. Ne rien murmurer… ne rien souffler… pourtant, ceux qui avaient eu l’audace de la blesser d’une quelconque manière avaient subi son impulsivité sournoise, la plupart du temps dans un recoin sombre… une seule fois sans doute sous la présence de témoins, et cela n’avait de réalité que sous l’insanité des situations. Pourtant, jamais il n’avait levé la main sur son ami ou sur lui-même, tout aussi coupable que les autres, il l’était sans doute… sans le moindre doute.

La blesser n’avait rien de compliqué en ce qui le concernait, la simple présence d’une autre à ses côtés, et l’égarement de leurs regards l’un dans l’autre l’incitait à penser qu’elle était jalouse… peut-être même triste de ne pas être à la place de celle qui partageait ses nuits, empêchant la jeune femme de le rejoindre. Car si Pandora n’avait pas de remords à tromper ses compagnons dans les bras taquins de son cousin, lui n’agissait pas ainsi, ne le ferait jamais. Peut-être était-ce finalement ce qui attirait tant en lui ? Le murmure insidieux de ces secondes où il ne trahissait pas, fidèle amant, doux prince dont les lèvres lascives faisaient perdre pieds, une seconde, voir même un instant, cela n’avait aucune importance, puisqu’il était un rock, cette roche imprenable contre laquelle on pouvait s’appuyer sans risque. Il paraissait si différent, capable pourtant de la plus sourde abomination, on ne l’imaginait pas si sournois, si… mortellement charmant.

Qui m’oublie ?
Qui me fuit ?


Il sentit la peau soyeuse de sa cousine effleurer perfidement la sienne, soufflant une sourde déraison, une insanité persiflante à laquelle il ne cédait pourtant pas. Mais elle se contentait simplement de se recueillir contre lui, ses mains cherchant à le retenir comme si elle craignait qu’il ne disparaisse… sombre vérité qu’il aurait pu assurer. Son visage s’orienta vers ce ciel devenu plus ténébreux, quelques étoiles parsemant ses atours, son manteau de soie bleuté des rêves, alors que l’astre du jour s’était déjà dissipé à l’horizon, ne laissant qu’un fin filament mêlant ardeur et douceur. Un frêle soupir… ce fut ce qui gravit ses lèvres à cet instant, laissant néanmoins ses doigts glisser lascivement sur son dos dépourvu de la protection suave de cette cape qui s’était recueillie sur le sol, comme s’il cherchait à la rassurer, à repousser démons et chimères juste durant de fragiles secondes encore. Il sentait sa chair qui brûlait la sienne sous l’innocence de cette étreinte qui ne l’était pas tant. Les pans de sa chemise entrouverts, le tissu de son haut en parti relevé… ils n’avaient pas pris le temps de repousser l’improbable. En vérité, il n’avait pas pensé qu’elle chercherait à nouveau ses bras. Le jeu… où était-il à présent ? Il n’arrivait plus à l’entrevoir, perdu qu’il pouvait l’être auprès de cette douce damoiselle qui semblait quémander la protection d’un chevalier.

Arthur… où était-il ce fourbe ? Qu’il vienne ! Qu’il s’approche ! Qu’il le remplace… Mais en avait-il seulement l’envie ou le désir ? Cilian ne voulait pas qu’un autre la console pour cette sournoise séparation qu’il avait pourtant cherché à provoquer, avant qu’elle ne s’y soit opposée. Depuis le temps qu’il cherchait à chasser cette réalité insistante qu’il n’avait jamais ignorée, il fallait bien reconnaître la jalousie tenace qui le consumait pour tout ce qui la concernait, ces désirs incestueux qui fleurissaient son âme à l’énonciation de son nom, à la vision fugace de son être. Acteur incapable… il n’assumait ce rôle insidieux qui le rattrapait pourtant à cet étrange instant, tandis que ses traits s’abaissaient lentement jusqu’à ce que son menton s’appose finalement sur le sommet de sa tête.

« On va trébucher, et… C’est trompeur. » termina-t-il sous un murmure comme s’il se parlait finalement à lui-même, alors que ses prunelles s’apposaient sur un nouveau spectateur qui les observait depuis Dieu seul savait quand.

Il se tenait là, le visage assombri par un sentiment qui se nommait convoitise, ou peut-être bien jalousie. Il devait être le rendez-vous de la jeune fille… celui qui l’avait attendu sans la voir paraître à leur rendez-vous pour s’apercevoir qu’elle s’égarait dans les bras d’un autre, de celui qui était de son propre sang. La scène… si trompeuse de vérité, tremblante d’une fourbe apparence… la cape à quelques pas d’eux, la chemise entrouverte, cette taille soyeuse invariablement dévoilée aux regards inquisiteurs… l’hésitation se lisait dans chaque pli de leurs vêtements, les affres de leur passion également, tout autant que sur cette position révélatrice d’un secret si bien préservé jusqu’ici. Et le jeune homme connaissait suffisamment l’être humain pour savoir que celui qui ne cessait de les observer, son regard s’apposant sous une noirceur indicible sur celui qui venait de l’entrevoir, pour savoir que si un incident n’éclatait pas dans la seconde, l’école toute entière entendrait parler des deux amants.

Et s’il se moquait des quand dira-t-on… il y avait pourtant des limites au supportable, ces pâles frontières indigentes qu’il ne voulait pas briser sans raison valable, et l’autre n’en était pas une à ses yeux. Comme sous une fallacieuse contagion, ses doigts se resserrèrent pour la laisser choir plus encore contre lui, tandis que son autre main retombait négligemment sur le côté, glissant jusqu’à sa taille où se trouvait encore sa baguette qu’il dressa d’un geste prompt devant lui…

« Endoloris ! » formula-t-il sombrement avant que son regard ne s’abaisse sur la jeune femme, ses lèvres effleurant nébuleusement son front, ses doigts glissant délicatement le long de ses traits soyeux, repoussant quelques mèches de ses cheveux. « Laisse-moi régler ça, va dans la forêt, j’arrive. » lui intima-t-il sous un sérieux douloureusement dur, ses iris trahissant pourtant l’incommensurable besoin qu’il avait de la rejoindre ensuite.

Il fallait juste que l’autre ne voit pas son visage… qu’il ne réalise pas. Déjà il se détachait d’elle, comblant la distance qui le séparait du corps qui se trouvait devant lui, le laissant s’accroupir à ses côtés, sans qu’il ne songe pourtant à effleurer le garçon qu’il connaissait de vue, imbécile qui avait cru intelligent de s’intéresser à sa cousine. Un oubliette serait efficace dirait la plupart des sorciers… pourtant, si Cillian ne se promenait pas avec l’atelier du parfait chimiste sur lui, il conservait néanmoins trois petites fioles bien particulières, mélanges de sa propre composition, qu’il était impossible de retrouver autre part. Et fixant l’importun, il ignorait si Pandora avait obéit à l’ordre qu’il lui avait donné, ne se doutait pas un seul instant de sa présence ici, ou parmi les feuillages voyeurs qui ne cessaient d’observer la scène trouble qu’il leur offrait. Ainsi, il sortit l’une d’elle de sa poche, et si elle se rapprochait étrangement de la composition de la Goutte du Mort-Vivant, l’effet différait sensiblement, plongeant la victime qui en ingérait maladroitement dans une sorte de songe éveillé, dans lequel il était possible de modifier les derniers souvenirs présents à l’esprit, de les faire disparaître par ce qu’il aurait dû voir s’il n’y avait croisé la personne qui le lui offrait : une simple forêt dans son cas. Moins soupçonneux que le sortilège de l’oubli, ce poison restait un secret qu’il gardait jalousement… se méfiant du ministère, peut-être même du Diable lui-même. Il n'en avait soufflé mot à quiconque.

« Tu n’as vu personne à la forêt interdite ce soir… » lui glissa-t-il tout en lui ouvrant la bouche de force, et y déposant quelques gouttes du fluide verdâtre dans sa gorge, le forçant à avaler la mixture. Et déjà il paraissait perdre pied, oublier ce qu’il se passait à cette seconde précise, tandis que le Serpentard se relevait, se retournant pour retrouver la jeune femme dans l’oubli des ténèbres, laisser sa victime se réveiller dans cette solitude mesquine qui ne lui offrirait aucune réponse quand à la douleur sournoise de ses membres, ou encore sur le fait si étrange qu’il se trouvait au sol.

Ainsi… qu’avait-elle fait ? La verrait-il brusquement… ou quelques pas le séparerait encore de celle qui de toute manière serait le témoin trouble de ce moment des plus blafards. Fourbe secret qu'elle préserverait sans doute.
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MessageSujet: Re: La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.   Jeu 19 Juin - 8:00

    Si douce et si fragile… C’était ce qu’elle paraissait être, était certainement sous ce masque de vertu, sous ce visage qui inspirait la maîtrise de sa personnalité, qui trompait et qui mentait sur la réelle perspective de tout son être. Douce créature façonnée par les Dieux… Elle possédait la beauté d’Aphrodite… L’image de l’amour, de la sensualité. Eros sans doute l’avait il chargé d’amour, de sorte qu’elle soit affectionnée de tous les êtres masculins qu’elle croiserait, les soumettant à la loi de la Déesse de l’Amour. Mais de tous, il avait fallut qu’elle s’entiche de celui qu’elle n’aurait sans doute jamais, ce jeune homme qu’elle ne pourrait pas étreindre dans la soie de ses draps, qu’elle ne pourrait embrasser librement devant un témoin….Et pourtant, celui pour qui son cœur battait, pour qui son être frémissait. Juste espérer en silence, prier le ciel pour qu’il lui accorde ce qu’elle désirait le plus. Elle avait eu vent des écarts de conduite de son cousin, mais jamais elle n’aurait osé faire un réel rapprochement avec elle ; quand on lui demandait le comment du pourquoi, elle ne pouvait que rétorquer son ignorance… La seule fois où il lui avait semblé comprendre était ce jour où il avait frappé cet autre sous l’œil inquiet et curieux des témoins… La victime ayant un rapport avec elle… Mais le silence s’était encore apposé sur ses lèvres roses et charmeuses. Pourtant, jamais elle n’en avait tiré la moindre fierté, bien au contraire. Sa personnalité contrastée ne lui permettait pas de le faire, et sans doute n’en ressentait-elle pas le besoin. Le réprimander pour cet acte ? Elle n’en avait pas eu l’audace, pas plus qu’elle n’en avait pour aller le voir et lui avouer ce qui lui tordait réellement le ventre.
    Elle avait pourtant essayée, mais il fallait croire que le courage qui l’envahissait alors qu’elle y réfléchissait dans son lit l’avait quitté à peine arrivée à sa hauteur… Se taire. Ne rien dire, ne rien murmurer…Pas même un regard qui aurait pu laisser supposer une relation qui pourrait aller au-delà des frontières qui les séparaient. Et elle ne pouvait qu’encore plus se taire lorsqu’il était aux bras d’une autre, s’éclipsant comme elle savait si bien le faire lorsqu’il apparaissait avec la chanceuse aux bras, leur échange se résumait à un regard lourd de sous-entendus et de conséquences, parfois, pour ne pas éveiller quelques soupçons qui auraient le malheur de les trahir, quelques paroles, un vague échange… Mais l’étincelle cachée de bonheur n’apparaissait pas. Jalouse… D’une jalousie maladive qu’elle contenait pourtant. Si seulement il lui laissait l’accès à sa couche, à ses lèvres et ses bras, sans doute se sentirait elle rassurée… Hélas, c’était sans compter sur sa fidélité plaisante. Elle ne se sentait pas le droit de lui demander de lui être fidèle à elle, leur relation était vouée au chaos depuis bien longtemps…Et rien si ce n’était un miracle ou la reconnaissance de cette relation ne changerait cela. Pandora se perdait alors dans les bras d’autres qui pourraient lui faire oublier l’adoré au sang semblable au sien. Mais sa fidélité ne se mesurait pas. Elle ne l’était qu’avec les hommes avec qui elle était officiellement… Les autres n’étaient qu’ombres, poussières…Une paire de bras rassurante.


    Le sort si capricieux…
    Ne nous voit même pas.


    Le vœu le plus cher de Pandora était certainement d’appartenir entièrement au jeune homme qui lui refusait l’aboutissement d’une relation qu’ils entretenaient depuis maintenant des années. Mais oser l’avouer… Il était préférable de lui arracher ce secret que de le lui faire dire de son plein gré. Le retenir pour qu’il ne la laisse pas seule dans cet endroit qui était un nouveau témoin de la scène qu’ils ne parvenaient pas à jouer jusqu’au bout, piètres acteurs qu’ils étaient, pauvres humains apeurés qu’ils étaient. Les conséquences de leurs actes ? Ils ne voulaient pas s’hasarder à les connaître. Ses bras l’entouraient, pour ne pas le perdre, dans cette incertitude qui caractérisait si bien la scène. Déjà son visage de poupée se perdait dans sa nuque, ses longs cheveux couleur miel formant un rideau sur ses épaules, devant cette partie de visage découverte. Tout en respirant le parfum de cet amant qui ne l’était pourtant pas, son corps doucement rejoignait de nouveau celui de cet autre, dans une étreinte qui était bien plus innocente que la précédente et qui n’envisageait peut-être pas un nouvel écart de conduite. Et le jeu où était il ? Présent et absent en même temps. Elle-même était incapable de dire si cette histoire était toujours aussi semblable qu’elle pouvait l’être autrefois, lorsque les sentiments, la jalousie n’étaient pas de mise. Un chevalier pour venir remplacer celui qui confirmait ce besoin de protection ? Elle ne l’aurait certainement pas permit, préférant disparaitre comme elle le faisait si bien. Lui ou rien, et il semblait que le rien remportait souvent le jeu, et ce, malgré ces étreintes brûlantes, leurs baisers si prononcés et leurs caresses rassurantes. Le fait qu’il la prenne dans ses bras était déjà un grand pas… Mais sans doute aurait elle voulu savoir ce qui pouvait traverser l’esprit de son cousin en ce qui la concernait, connaître chacune de ses pensées, ce qu’il pouvait ressentir à son égard… Mais si elle venait à connaître ces pensées enivrantes et cependant effrayantes, que pourrait elle bien dire ou faire ? Une autre histoire qu’il nous sera peut-être permit de conter plus tard…

    « On va trébucher, et…C’est trompeur. » souffla t’il dans un murmure alors qu’elle se serrait doucement contre lui, dans cette attitude qui indiquait cette recherche de la protection de ses bras, de son être, sans se douter un seul instant qu’un spectateur pouvait bien regarder la scène d’un endroit auquel elle faisait dos. Celui-là même qu’elle avait oublié, perturbée par la présence du jeune homme de Serpentard. Cette tierce personne qu’elle avait délibérément sortie de son esprit alors que Cillian lui intimait de le rejoindre. Et elle avait préféré sa présence à celle d’un inconnu, venant se perdre dans la chaleur de son être, s’entourant de son parfum qui l’envoutait… Aucun des deux n’aurait pensé que le rendez-vous, cet admirateur puisse assister à leurs retrouvailles, cet instant où leur secret pouvait être découvert. Jusqu’alors, il ne l’avait jamais été, Pandora ne dévoilant même pas à sa meilleure amie ce lien si sacré, faisant passer celui pour qui elle pouvait piquer des crises de nerfs, de jalousie et de larmes pour un autre… Le fameux « D », lettre qui servait d’abréviation au mot Darling ou Downburry certainement. Mais qui aurait put le deviner ? Les deux amants faisaient tout pour que leur relation ne soit jamais découverte, chacun y mettant du sien. Mais ce soir…ce soir, nul n’avait prit la précaution de se méfier des environs, des présences qui allaient et venaient…Cordélia ou l’inconnu… Ils avaient joué les égoïstes pour une fois, les inconscients aussi. Et ce soir, ils pouvaient en payer les conséquences. Et alors qu’elle allait répondre à cette phrase murmurée, les yeux fermés, appréciant ce contact de douceur, l’une des formules interdite résonna dans ses oreilles, ne lui laissant qu’une vague seconde pour reprendre ses esprits et écouter l’ordre si sérieux de son cousin, alors qu’il la rassurait par des gestes légers et pourtant lourds de sens. Leurs regards s’accrochèrent un instant, l’un lui suppliant d’être prudent, l’autre ardent de la rejoindre. Se séparant à regret de l’autre corps, la jeune fille amorça les quelques pas qui la séparait de sa cape, s’en couvrant, échappant au regard de l’autre. Il n’est peut être pas utile de préciser à quel point elle pouvait avoir peur pour son cousin, s’inquiétant d’avance de l’issue du nouveau problème qui s’était crée. Et voilà qu’elle disparaissait entre les feuillages qu’offraient les multiples arbres de la forêt, tout en recouvrant sa peau dénudée des tissus que ces moments d’oublis avaient poussé à se défaire sous quelques doigts habiles et pressés de retrouver une peau brûlante d’ émotions.

    Pandora connaissait les goûts de son cousin, sa passion des potions, mais il était certain que jamais elle n’avait imaginé qu’il puisse concocter des potions dont le Ministère ignorait l’existence. Cillian était si mystérieux sur ce point. Quoi que… Cela semblait être de famille. Une aura mystérieuse rôdait sur la famille, aussi grande soit elle, enveloppant chacun des membres dans un manteau aussi épais que le brouillard. Le regard de la jeune fille suivait chacun des mouvements que le Serpentard exécutait, que ce soit au moment où il donna la potion à l’autre, allongé, et que la jeune fille avait finit par reconnaître, jusqu’au moment où il se releva pour venir à elle. Elle s’était écartée de son endroit d’espionnage, la mine toujours aussi inquiète, le regard fébrile et peut-être plus langoureux que jamais. Et quand enfin il apparut de nouveau devant elle, elle ne put s’empêcher de rejoindre ses bras, s’y jetant avec la légèreté d’une plume alors que doucement elle lui murmurait des paroles qu’elle n’aurait peut être jamais pensé dire.


    « Tu es fou Cillian… Terriblement fou… Mais j’ignore comment prendre ta folie. »

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La déraison d'un ange ? -{ Pandora. A. M.

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